De la gravité dans tous ses états !

De la gravité  dans tous ses états !

Salut la compagnie.

J22 depuis le départ de Plouguerneau

J6 depuis le départ de Lyon

J2 depuis le départ de Chamonix, le vrai de vrai.

Bon, je vais arrêter ce petit décompte, car avec ces avant prologue, puis prologue, on s’y perd.

Cela fait donc deux jours que les chevaux sont lâchés, et bien lâchés car la colonie s’est dispersée, façon puzzle.

C’est bien maintenant que le vrai test commence, celui des km à parcourir chaque jour, du rythme à tenir.

Je vous ai lâchement abandonnés depuis le dernier message, mais dès l’arrivée à Lyon, le calme de notre voyage à deux avec Catherine s’est transformé en agitation du grand départ : festivités politico-médiatiques à Lyon et durant tout le prologue.

Comme on dit : un peu ca va, mais beaucoup, ça fatigue la cervelle.

Péripétie de dernière minute avec un des deux cyclanalystes (tableau de bord des données électriques en production solaire et en consommation ) aux abonnés absents, après la pause de l’enregistreur de données. Sans rentrer dans les détails, problème réglé par son remplacement 10 mn avant le départ : léger énervement ….

Mais le prologue a permis de se tester sur les premiers cols et « coups de cul » comme on dit chez les cyclistes, bien que dans mon cas, pas de danseuse dans les montées, je reste dans ma chaise longue mais ça chauffe.

Tiens, c’est justement l’objet principal de ce  message : la thermique des muscles et du moteur, et l’exercice de la gravité.

Là, je vous raconte le passage du col du Simplon, le plat principal de l’étape : c’est quand même 1300 m de dénivelé à 6.5% de moyenne sur 20 km, avec 5 km entre 9 et 11%. Cela fait mentir l’adage selon lequel « les plus courtes sont les plus raides ». Les montées bien-sûr, à quoi pensiez vous ?

Vous me direz : oui mais il y a le moteur et « y a qu’a » envoyer les watts. Oui mais !

Cela mérite quelques explications, et on entre un peu dans la physique.

Pour faire simple : plus la vitesse est élevée, meilleur est le rendement du moteur.

Et inversement, quand je roule à 10 km/h ou moins quand c’est raide (donc souvent plus court la plupart du temps mais pas ici, pour être bien lourdingue), et bien dans ce cas, le rendement est mauvais, de l’ordre de 40%. Et alors, pour 500 watts appelés, 200 watts servent à tracter et 300 watts partent en chaleur.

300 watts de chaleur pendant 5 mn, ca chauffe un peu mais ça refroidit dès qu’on baisse la puissance. Mais quand ça dure, le moteur chauffe et chauffe encore, jusqu’à atteindre sa limite de température où la sécurité prévue l’oblige à se calmer. Je suis monté à 110 degrés et je calmais le jeu avant que le moteur me le demande, je crois que c’est à 130 degrés.

Vous me direz : « y a qu’à » monter plus vite en montant la puissance.  Alors là, on met les watts à fond et on pédale à fond pour améliorer le rendement du moteur en allant plus vite. Oui mais le carosse est lourd, avec les panneaux photovoltaïques, un vélo très solide, les structures, la batterie, les transfos électriques,la remorque, les bagages, votre serviteur et son muscle kronenbourg…. Au total, ça doit bien faire entre 150 et 160 kg. El c’est là que je voulaiss en venir : la gravité fait ressentir sa présence implacable. On a beau appuyer, envoyer les watts électriques et organiques, ça chauffe à tous les étages. Alors soit on s’arrëte pour faire baisser la température (et prendre des photos, et boire un coup…), soit pn baisse les watts électriques, et on se retrouve à 6 ou 7 km/h, et il toujours appuyer bien fort quand ca monte sec.

 

Voilà pour la première partie, car dans un col, il y a la montée et la descente !

Et là c’est jouissif, avec de l’adrénaline qui coule à gogo.

Par exemple, quand on croise un camion dans un tunnel à 60km/h avec une puissance de regénération de la batterie par le moteur électrique à 700 W. Lui, il se remet à chauffer mais toi, tu es as les mains posées  sur les freins, prêt à réagir au dixième de seconde, avec une concentration totale.

Et alors, tu ressens encore pleinement l’exercice de la gravité, mais en sens inverse.

Enfin, et là c’est moins drôle, mais c’est l’autre gravité, celle des humains.

Deux heures après, plus bas dans la vallée et après 1500 mètres de descente, je me retrouve bloqué 20mn. Au début, je ne sais pas ce qui se passe, je me faufile, et j’arrive devant. Un hélicoptère évacue un blessé, (voire plus), il va sans dire que c’est grave. Il décolle devant moi puis je passe devant la scène de l’accident : un vélo littéralement écrabouillé. Take care !

De la gravité dans tous ses états dans la même journée !

Décalage de deux jours mais j’essaierai de revenir en temps réel. Et puis, cela ne fait pas de mal de se décaler un peu de l’instantané à tout prix, non ?

 

 

Solaire et nucléaire

J13 depuis le départ de Plouguerneau
J-4 pour le départ du prologue
J-8 pour le départ de Chamonix

Après l’escale politico-médiatique à Paris le 7 juin, sortie rock’n roll de la région parisienne, comme l’entrée l’avait été.
Pistes cyclables imprenables ou infernales avec mon trike, traversées des artères principales périlleuses, et parcours sur la N7… Une expérience !
En ayant respirė les gaz d’échappement trois jours en rėgion parisienne sur mon siège rase-motte au niveau des tuyaux d’échappement, je déconseille fortement l’emploi de poussettes pour les petits sur les avenues et boulevards Parisiens et surtout la banlieue. Pauvres petits poumons !

Plus de 1000 km au compteur depuis le départ se Plouguerneau et toujours un ciel tumultueux et orageux : recharge capricieuse selon l’épaisseur de la couche nuageuse et de bonnes averses, heureusement souvent au moment des pauses ou après l’arrivée. Les cieux nous ont plutôt mėnagés malgré leur courroux, sauf en Bretagne où nous avons pris cher deux journées.

Aujourd’hui donc :

En route vers Nevers,
Voici la centrale nuclėaire,
Avant de rejoindre Sancerre
Pour y boire un verre
Et  recevoir des coups de tonerre

Solaire et nucléaire
N’émettent pas de gaz à effet de serre.
Complémentaires ou adversaires ?
Vous n’aurez pas mon commentaire.

 

Plus que deux jours pour rejoindre Lyon, et il reste 220 km!
Il va falloir en mettre un bon coup (de pédale)
Demain direction Paray le Monial

J5 – des humains et des bovins

J5 – des humains et des bovins

Cela fait déjà 5 jours que nous avons quitté notre village armoricain du bout de la Bretagne. Morlais- Caurel en centre Bretagne près du lac de Guerlédan- Montauban en Bretagne – Fougère, puis aujourd’hui sortie de notre Bretagne pour passer en Normandie, et nous retrouver ce soir à Bagnoles sur Orne.


Quel bonheur de traverser la campagne francaise. Je ne sais pas si vous vous eêtes déjà fait la remarque, mais on rencontre des humains dans les villes et les villages, et essentiellements des bovins dans les campagnes, ainsi que qielques chevaux.

Il vient naturellement à l’esprit de comparer les attitudes des uns et ses autreq lorsq’ils découvrent mon attelage peu commun. Il y a finalement peu de différences de comportements : dans les deux espèces les réactions sont très variables : l’individu qui croise du regard cette curiosité mais sans réaction visible. D’autres qui s’approchent, s’intéressentent et posent des questions. Ceux qui sourient, approuvent , mais qui s’en tiennent là, quelques grincheux qui ne pensent qu’au code de la route… Côté bovins, la Pie Noire bretonne semble être la plus curieuse.

J1 – baptisés dès la première journée

J1 – baptisés dès la première journée

Comme je vous le disais hier, nous sommes partis ce matin de Plouguerneau, direction Morlaix.

Un dernier adieu au Rallye bar, plus précisément à Fred et Yannick qui me prennent pour un fou,un mrc bizarre.

Landivisiau, puis Saint Thégonnec et son enclos paroissial, et enfin Morlaix. (60 km, démarrage en douceur).

Premier baptême de la pluie : mouillés mais pas rouillés. Arrêt au premier bistrot.

Toujours la curiosité des villageois et des touristes ! Bravo Guillaume (Déclic-Eco) : que des bravos pour le vélo.

Première erreur : j’avais ajouté de la distance entre mon siège et le pédalier, afin de tendre la jambe à chaque coup de pédale. Résultat: douleur au genou, le premier jour!

Je sentais que cette question de développement de jambe devait en être la cause, hypothèse confirmée par Maître Guillaume. Sur un trike, jambe tendue = genou foutu! Donc demain, je raccourcis.

Digression temporelle. Je réalise que le décompte des jours avant et après départ ignore le chiffre 0.

On passe directement de J-1 à J1 : pas de J0. Le jour J est directement le J1. Vous me direz qu’on s’en fiche. Ok.

Digression mathématique sur les distances, pour ceux qui révisent le bac : pour valoriser les premiers kilomètres parcourus, j’explique à ma douce qu’ en échelle logarithmique, les 12000 km du Suntrip ne font guère que 4 à peu de chose près. Les 100 premiers km sur cette même échelle valent 2. Nous aurons donc fait demain plus de la moitié du chemin en échelle log. Sacrés mathématiciens !

Le druide de Saint Thégonnec : 1 heure de leçon magistrale sur la linguistique bretonne et sur les bienfaits du régime crudivore. Panoramix postmoderne.

1 heure de leçon au bistrot sur la linguistique bretonne et sur les bienfaits du régime crudivore !

Départ

Départ

Demain dès l’aube, ou très certainement un peu plus tard, nous partirons …..

Le compte à rebours poursuit sa course, et aujourd’hui, il s’affiche ainsi :

J – 17 pour le Départ du Prologue à Lyon le 15 juin,

J-21 pour le vrai Départ à Chamonix le 19 juin,

Mais J-1 pour notre départ, depuis notre village Armoricain d’adoption, je parle de Plouguerneau, Pays des Abers,  Léon, Finistère Nord, Bretagne.

Adieu le Phare de l’Ile vierge, la Crêperie du Phare, le Rallye Bar, le Vivier breton, le littoral enchanteur, surtout lorsque soleil pointe le bout de sa couronne.

Adieu choux fleurs, artichauts, échalotes et cochons pas toujours très bien élevés, mais ce n’est pas leur faute.

Adieu les amis, nous nous reverrons, mais pas avant quatre mois, si ça roule jusqu’à la destination prévue : Guangzhou, Canton

Nous partons à deux jusqu’à Lyon via Paris, Catherine avec son vélo électrique, moi avec mon attelage électro-solaire , la caisse de la remorque remplie de l’indispensable, du nécessaire, et probablement d’un peu de superflu, pour le plaisir.

Enfin nous partons. Les derniers jours de préparatifs ont été comme il se doit toujours assez pénibles. Non seulement pour tout ce qu’il faut réunir, ne pas oublier, agencer, mais aussi pour l’appréhension du bonhomme au pied de la montagne. Il faut croire que cette phase est indispensable, les doutes nécessaires à la préparation.

J’applique comme j’en ai l’habitude la recette des sud américains qui ont pour aide-mémoire lors des départs en voyage la règle des 3 P afin de ne pas oublier l’essentiel : Plata, Pasaporte, Pasage (Argent, Passeport, Billet). Pour les suntripers, pas de billet de train ni d’avion, mais notre vélo solaire est notre cher compagnon. Afin de ne pas transgresser la règle des 3P, « Pépère » sera le nom de mon attelage.

Dans mon cas, je dois ajouter un quatrième P : celui de la Pharmacie. Sans les immunosuppresseurs et autres protecteurs de mon greffon, l’aventure se finirait plus tôt que prévu, et là ce serait la fin pour de bon !  J’ai donc mes 4 mois de réserve de médicaments dans ma précieuse caisse en plastique, qui se loge dans la caisse de la remorque.

A+