Corinne Courvalin : journal de bord – Étape 7, une journée de « merde » qui finit bien

SUNTRIP 2018 – Étape 7 – Burghauser (Autriche)

Lundi 25 juin 

Temps nuageux et pluvieux donc défavorable au chargement par panneaux solaires.

Bilan vélo : 67 km, moyenne 19,4 km/h, durée de pédalage: 3h27

  • Consommation: 878 Watts-heure soit 12,6 Watts-heure/km, 3,8% de régénération soit 18,25 Ah
  • Recharge par panneaux voltaïques : 278 Watts-heure

Lorsque je me réveille le matin, il pleut très fort donc j’attends une accalmie pour pouvoir partir. Je n’avais pas prévu qu’il pleuvrait donc j’ai laissé la seule sacoche non imperméable sur le vélo. Ce n’est pas très malin et je ferais attention dorénavant. Je range la tente après avoir bien secoué le toit de tente pour essayer de transporter le moins d’eau possible. J’espère qu’il fera assez beau pour que je puisse la sortir et la mettre à sécher dans la journée.

J’installe mon iPhone sur le vélo et je le relie au petit adaptateur génial (relié à la batterie) qui me permet de recharger tout le temps du trajet l’iPhone qui reste ouvert sur le trajet. Dorénavant j’utilise map.me vélo qui prévient mieux que Google Maps, des changements de direction. Une fois l’iPhone branché, je m’aperçois avec consternation qu’il ne recharge plus. Là aussi, je l’ai laissé toute la nuit sous la pluie avec le cordon qui le relie à l’iPhone. C’est très embêtant. Je me dis que peut-être c’est le cordon. Comme j’ai tout emmené en double, je branche le cordon de secours et cela marche. là encore j’enlèverai tout cela la nuit. C’est ma première nuit sous la pluie, il faut reprendre les bons automatismes.

Je pars donc, mais un quart d’heure après je m’arrête pour enfiler mes vêtements de pluie car la pluie a recommencé. J’enfile pour la première fois des chaussettes imperméables car je suis en sandales. Et à ma grande satisfaction, cela marche bien. Mes pieds restent au sec et je n’ai pas froid. C’était donc un bon achat

Je pédale bien mais, là encore, beaucoup de montées et descentes qui me font bien me servir du moteur et décharger les batteries. Et de nouveau je retombe sur une route à 17% qui fait presque 1 km. Je dois les collectionner. Pieds à terre, et me voilà à nouveau entrain de pousser. Heureusement que j’ai un moteur car sans cela, je ne pourrais pas pousser mon vélo car il est trop lourd. Mais vraiment j’en ai ma claque de collectionner les côtes à 17%, même si elles ne sont pas très longues cela casse le rythme en m’obligeant à mettre pieds à terre.

Je repars et la pluie recommence. Je me réfugie pendant 2 grosses pluies sous des hangars agricoles. Je vais sûrement de cette manière beaucoup recharger avec les panneaux voltaïques !Je finis par m’arrêter dans une boulangerie/bar pour prendre un petit déjeuner et avoir du Wifi pour vous envoyer la newsletter n°6. Cela me fait du bien, cette petite halte au milieu de cette matinée morose. Puis je repars avec toujours cette alternance de montées fortes mais courtes et de descentes. C’est frustrant en haut d’une bonne montée de redescendre aussi sec, ce que je viens de monter. Par contre très peu de voitures et des très beaux paysages (tout cela du au fait que le guidage est réglé sur vélo.)

Au bout de 67 km j’arrive à la ville frontière entre l’Allemagne et l’Autriche : Burghauser. Et là je constate avec effroi que ce qu’on me demande (tout est relatif, c’est le chemin indiqué par Maps me) est de monter un côté énorme toute droite (j’apprendrais par la suite que la pente est de 25%, je ne savais même pas que cela existait, record absolu depuis que je fais du vélo). Je n’ai pas le choix car je dois monter sur le plateau. J’ai été voir la route, mais elle est indiquée de 17% et très étroite (2 voitures se croisent à peine, aussi si je pousse c’est dangereux). Je reviens donc bien triste à mon mur. Courage, je dois y aller. La côte fait 400m de long. Je finis par m’y engager et je vois dès le début que le moteur a du mal. C’est tellement raide (je croyais que 17% était un maximum), je trouve effectivement que c’est plus dur que d’habitude, je dois contrôler l’équilibre du vélo en même temps. Je fais 100m par 100m et je m’épuise totalement,  je vois bien que le moteur s’épuise aussi. Quand je m’arrête, il a de plus en plus de mal à repartir. Je dois enclencher la gâchette de l’accélérateur 5, 6 fois avant qu’il démarre. Mais petit à petit nous montons. Et soudain 10m avant l’extrémité de la montée, le moteur s’éteint, plus d’écran du cycle analyste allumé (sorte de petit ordinateur de bord). Je suis stupéfaite, cela ne m’est jamais arrivé. Je sers les freins au maximum et à ma grande horreur, le vélo commence à descendre, emportait par son poids et le niveau de la pente. J’essaie désespérément de le retenir mais je n’y arrive pas, je ne suis pas assez forte. Pour éviter un accident (il y a des piétons qui utilisent cette voie), je n’ai comme seule ressource de jeter le vélo par terre, ce qui effectivement l’arrête net. Et je reste à côte complètement désemparée par cette situation inédite. Que faire ? Je suis obligée de demander de l’aide. Une femme dans son jardin juste à côté, s’occupe de ses fleurs. Je lui explique ma situation (heureusement elle parle anglais). Elle voit des voisins monter la côte à pied. Elle les appelle et à 4 on redresse vélo + remorque, on fait un demi tour et mètre par mètre, on descend jusqu’au jardin que gentiment on a mis à ma disposition. Et je reste près de mon vélo, ne sachant pas quoi faire. L’écran vide du moteur me fascine. Est ce que j’ai grillé mon moteur et le voyage s’arrête là avant d’avoir commencé. Je suis vraiment perplexe. J’ai peur de faire quelque chose qu’il ne faut pas faire. Je touche le moteur, il est bouillant. Est ce que je l’ai grillé ? Finalement, après réflexion, je décide de brancher le chargeur de batterie. Pendant ce temps, je vérifie tous les branchements, tout est bon. Au bout d’une heure je rallume le controller et mon écran se rallume. J’y crois tout de suite, c’est bon. Le moteur m’a juste dit qu’il en avait marre des côtes démentes que je lui fait monter en marchant à côté de lui.

La femme (elle s’appelle Heïdi) qui m’a permis de mettre le vélo chez elle et de le brancher sur le courant, me propose de dîner et coucher chez elle. Comme c’est gentil. Elle a vu que j’étais très inquiéte pour la suite de mon aventure. Je passe une excellent soirée avec elle. Quelle chance qu’elle parle anglais car nous pouvons dialoguer. Elle est veuve et vit avec 3 chiens âgées dont un qu’elle a récupéré de quelqu’un qui s’apprêtait à l’euthanasier car son maître le trouvait trop vieux. C’est un setter de 16 ans qui est en adoration devant elle. Dès qu’elle s’assoit, il pose sa tête sur sa cuisse.

Son fils Michaël est passé voir sa mère en courant, il prépare le marathon de Berlin. Après que sa mère lui ait raconté ma mésaventure, il enverra son fils Thomas  le matin à 7h pour m’aider à finir la pente car il a peur que je tombe

Que dire devant tant de gentillesse: MERCI, vous êtes de belles personnes

Billet d’origine sur le blog de Corinne


 

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2 Commentaires for “Corinne Courvalin : journal de bord – Étape 7, une journée de « merde » qui finit bien”

Bernadette Herrou

dit :

Que d’aventures! j’espère que cela ira mieux et que le temps sera beaucoup plus favorable pour recharger les batteries. Chez nous grand beau temps avec plein de soleil.
Votre pelouse est bien verte depuis ma fenêtre. Tenez bon Amicalement Bernadette

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