Corinne : journal de bord – étape 38

SUNTRIP 2018, ÉTAPE 38 Très mauvaise route

Mardi 31 juillet 2018, juste après la frontière de l’Ouzbékistan

Temps nuageux et bref soleil

Bilan vélo: 94 km

Hier soir avec Cathy, nous avons fait des courses pour moi. Cathy veut absolument que je porte des pantalons longs et des chemises à manches longues. Le problème, c’est qu’il faut des vêtements amples pour ne pas être gênés. On a trouvé 2 chemises et un pantalon et on a beaucoup ri en faisant les essayages.  On a essayé d’acheter un chech pour mieux se protéger le cou et la tête mais on n’en a pas trouvé. On va essayer d’en trouver un plus loin. De toutes façons, arrivant dans un pays musulman, je ne peux pas continuer à être en short et bras nus. j’espère que je vais supporter ces vêtements.

 

Ce matin, avant de partir, on a pu prendre un petit déjeuner ce qui est bien car on a 95 km de mauvaise route qui nous attend. François et Gilles sont partis une heure avant, comme d’habitude maintenant. Et nous nous partons tous les 3, sachant que très vite, comme d’habitude, ils me sèmeront. Cela me fait toujours un pincement au cœur car à chaque fois je me demande si je vais les retrouver le soir.

Mais très vite, nous serons rattrapé par un Suntripeur qui voyage seul, depuis ce matin, par obligation (Jean Claude Vigier). Depuis le début du voyage, il roulait avec son frère Alain mais la veille, Alain a eu un gros problème matériel. Une de ses batteries a pris feu (mauvaise publicité pour les batteries SONY). Le temps d’ôter les sacoches du vélo, la deuxième batterie a explosé et cela a grillé le moteur. Un camion les a pris en cours de route et les a déposés à Beyneu. Alain essai de rapatrier son vélo sur Almaty mais c’est loin et donc compliqué de faire cela avec un camion. D’Almaty, il pourra le rapatrier sur la France car l’organisation Suntrip prévoit de faire un retour de vélos d’Almaty pour ceux qui ne continueraient pas sur la Chine (Plan B ici qui s’est mis en place). Jean Claude s’est donc joint à nous, j’ignore si cela l’intéresse de rester en groupe ou s’il va vite nous quitter. En tout cas pour aujourd’hui et ce soir, il est avec nous.

Je pars et la route est vraiment très mauvaise. Je pense que c’est la dernière année de mauvaise route car ils sont entrain d’en faire une belle, à côté sur la droite. Mais cela ne sera pas pour nous.

Beaucoup de trous, goudron parti à de nombreux endroits, mais pas de pluie et c’est moins l’enfer que les 40 km après la frontière russe. Par contre, à de nombreux endroits, graviers et sable et c’est toujours aussi total à mon vélo. La chute survient toujours de la même manière. Vu l’état de la route, il est difficile de rouler vite (entre 11 et 13 km/h) Arrive une zone de sable ou gravier, Petit Prince passe sans problème même si cela le freine mais la remorque qui est lourde et pas assez vite tractée, ripe, glisse et entraine l’arrière du vélo? Et c’est la chute assurée. Sur cette route, je chuterais 4 fois, 3 fois sans me faire mal et malheureusement la 4ème fois, le coude gauche prendra et je m’écorcherais. J’ai chuté pas loin d’un camion et d’une voiture qui m’ont superbement ignorée. De ce côté, ils ne valent pas mieux que les russes. Une voiture s’arrêtera et 2 hommes viendront m’aider. Comme le coude saigne bien, il me faut m’organiser pour ne pas mettre du sang partout. Je ne peux pas ouvrir la remorque pour prendre la trousse à pharmacie, c’est trop dangereux. Je me ferais un pansement avec le morceau de tissu que Zana m’a donné pour me protéger le visage de la poussière, mais la plaie est sale et pleine de poussière. Cela ne me plait pas mais je n’ai pas le choix.Ces 2 personnes remonteront dans leur voiture et attendront que je sois repartie pour partir. Ils doivent vouloir être sûre que je puisse repartir. C’est gentil.

Je rattraperai le petit groupe dans un village au bout de 70 km où ils se sont arrêtés pour manger et boire. Cathy étant infirmière, elle me désinfectera le coude et me mettra un bande. Je suis contente d’être soignée car avoir une infection dans le cadre du Suntrip, cela ne doit pas être simple à soigner.

On repart tous ensemble et on arrive tètes vite à la frontière de l’Ouzbékistan qui se passera sans aucun problème. Et là on pourra prendre de l’argent car il y a une petite banque à la frontière.

IMG_7856.jpg

500m après le passage se trouve l’hôtel, qui est rempli de chauffeur routier. Heureusement que François et Gilles arrivés les premiers nous ont réservé une chambre car l’hôtel est plein. Chambre par 4 que nous remplirons tous les 4 ce qui nous évitera d’avoir en pleine nuit, un routier qui débarque dans la chambre. Si j’avais été seule, je ne sais pas ce que j’aurais fait car il n’y a aucune femme dans ces endroits là. Douche commune fermant seulement par un petit rideau, mais nous sommes tellement plein de poussière de la tête aux pieds que nous nous en contenterons.

Comme d’habitude, le repas est très gai. Nous avons eu le droit à la bière car ici, ils ont de la bière pression (dans un pays musulman, cela m’étonne…). C’est l’anniversaire de Gilles (54 ans), nous lui offrons une tee shirt vendu par l’hôtel seule chose disponible à la vente !

Puis, nous allons nous coucher car demain, c’est une grosse journée. Nous avons 158 km à faire pour rejoindre Nukus et nous ignorons, si là il y a une hôtel. Mais moi, j’appréhende car soit il ne fait pas beau comme hier et je sais que mes batteries ne me donneront pas l’autonomie de 158 km, soit il fait soleil et 158 km en plein soleil avec la chaleur, cela va être très dur physiquement pour moi. Il n’est annoncé aucun café et restaurant sur cette route. Il faudra que je trouve un point d’ombre sinon, je vais être mal. Les 50 premiers km la route est annoncée comme très mauvaise, la même chose qu’hier. Et puis, il y a le problème des carte SIM du nouveau pays. Comme personne n’a pu en acheter, comment se retrouver le soir tous ensemble.

Donc beaucoup d’incertitude pour moi au départ et angoisse à l’idée de faire cette route seule. Mais là encore je n’ai pas le choix, alors, il faut y aller.

Billet d’origine sur le blog de Corinne

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1 Commentaire for “Corinne : journal de bord – étape 38”

Christine B.

dit :

Merci de nous raconter tout cela … ça donne une idée de l’ambiance et du courage qu’il faut, particulièrement à une femme, pour être dans cette aventure, heureusement avec de bons coéquipiers 🙂 …
Hâte de connaître la suite si les techniques permettent de garder la communication.
Bravo et bon courage …

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