Corinne : ÉTAPE 41 Séparation du groupe

Vendredi 3 août, journée caniculaire

Bilan vélo: 161 km

Après une nuit courte (malheureusement comme toutes les nuits car je dors mal, entre 3h et 5h par nuit), nous nous retrouvons tous ensemble pour le petit déjeuner. L’objectif du jour est d’atteindre Nubuk. Nous partons tous ensemble mais comme d’habitude, je me retrouve vite seule pour pédaler et c’est comme cela tous les jours depuis le départ, donc j’ai l’habitude. Par contre j’ai toujours un pincement au cœur en me disant que tout cela tient à une différence de matériel. Nukus étant une grande ville et aucun d’entre nous ayant de carte sim de l’Ouzbékistan, cela m’étonnerait que l’on arrive à se retrouver.

Le trike de Cathy crève une nouvelle fois, il a déjà crevé hier. Mais pour elle qui n’y connaît rien, c’est génial, son mari fait demi-jour et vient lui changer le pneu et la chambre à air car les crevaisons sont trop fréquentes. Je me retrouve donc exceptionnellement avec des gens derrière moi.

A 10h30, je vois un café et je m’arrête car en 3h1/2, j’ai déjà bien entamé la charge de mes batteries (je suis à 48,5 sur 54V et mini 42). J’installe Petit Prince sur le parking, toutes voiles dehors et je m’installe. Un quart d’heure après, Cathy et Didier me rejoignent pour déjeuner.

Lorsque nous repartirons 1h1/4 après, mes batteries sont pleines.

Et à nouveau, je les vois partir en me laissant sur place très rapidement. Il fait très chaud maintenant et je dois commencer l’opération mouillage de tête systématique.

Un convoi exceptionnel passe. Cela fait 4 jours que nous le croisons régulièrement car il avance à 25 km/h. C’est une pièce d’une usine qui va récupérer l’ozone de la mer Caspienne. J’ignorais que l’on faisait cela. Le convoi est tellement gros qu’il est précédé d’un camion dont le rôle est de soulever les lignes électriques pour qu’il puisse passer.

IMG_7894IMG_7895

Il faut que je m’arrête pour récupérer un peu de la chaleur. De temps en temps, ce qui est nouveau (et est-ce que cela va durer), je trouve un abri bus, ce qui me permet d’avoir un peu d’ombre pendant que Petit Prince dore au soleil. Juste derrière, il y a une maison avec un auvent sous lequel sont installé 4 petites estrades avec une table au milieu et des tapis. Quelques personnes sont allongés et font la sieste. J’aimerais bien faire la sieste aussi, moi qui dors si mal, cela doit être confortable et agréable

IMG_7911

Je repars et j’essaie de m’arrêter seulement tous les 20 km mais au bout de 10 km, j’ai la tête sèche et il me faut la remouiller pour supporter cette chaleur pendant l’effort. Aussi, je n’avance pas très vite avec toutes ces coupures, mais je n’ai pas le choix si je veux tenir le coup.

A un moment, on quitte la steppe, de la verdure apparaît. Nous sommes dans une vallée avec très peu d’eau, on trouve du maïs, du coton, des tournesols.  On croise les tracteurs sur la route, tracteurs qui doivent dater du siècle dernier. Cela change de la steppe. Par contre la route redevient mauvaise mais roulable.

Je finis à Nubuk. La première chose à trouver est une carte SIM. Je trouve rapidement une boutique mais quand la vendeuse voit que je suis une étrangère, elle refuse de me vendre une carte SIM. C’est la deuxième fois depuis l’arrivée dans ce pays, on refuse de me vendre une carte SIM. Comme personne ne parle anglais, je suis incapable de comprendre pourquoi (sauf que dans un pays au régime totalitaire, il faut pouvoir contrôler l’étranger). Cette situation m’énerve et un jeune à côté de moi, qui parle un tout petit peu anglais m’explique qu’il faut aller à « l’office » central de la téléphonie mobile pour avoir une carte. Évidemment, je n’ai aucune idée de l’endroit où il se trouve. Je demande au jeune s’il veut bien m’emmener puis me ramener à mon vélo et ma chance, il accepte. Et c’était loin, la ville est vraiment importante. Et là quelqu’un parle anglais, je peux acheter une carte SIM moyennant l’enregistrement de mon passeport et je n’ai pas le choix de l’opérateur ni du forfait, enfin l’essentiel est là, j’ai enfin une carte SIM dans mon portable.

Je vais immédiatement sur le site de la carte satellite pour repérer où sont les autres mais le débit est tellement faible que la carte satellite ne se chargera pas. Il me faut donc trouver un hôtel sans rejoindre les autres. Et la situation cauchemardesque, tous les hôtels que je trouve sont fermés. Ce n’est pas la saison touristique (il fait trop chaud), il n’y a pas assez de clients donc ils ferment. J’en trouve 5 et partout la même situation. Devant le 5é fermé, je n’en peux plus, il est 7h du soir, je suis fatiguée et je ne sais pas où aller. Devant le dernier hôtel, il y a une station de taxi et je demande par geste où je peux dormir. Un seul chauffeur a l’air de savoir. Il arrête un gamin à vélo, lui explique où est l’hôtel et lui demande de me guider. Je crois, au ton utilisé que le pauvre bonhomme n’a pas le choix, mais il s’exécute très gentiment de sa mission et me dépose devant un hôtel ouvert. Comme par hasard, il ne reste que la chambre la plus chère. Quand je vois toutes les clés sur le tableau, je sais qu’il me prend pour une imbécile mais je suis trop fatiguée pour batailler et je capitule (la chambre la plus chère est à 35 dollars). Par contre je demande à ce que mon vélo soit à l’abri et il faut le rentrer dans la salle à manger où il y a déjà 2 motos. Je n’ai jamais vu cela. Je pose Petit Prince dans un coin, aussi discrètement que possible, ce qui est un peu difficile et ceci devant des gens attablés. Quand soudain on m’interpelle en français. Il y a une table de 5 touriste avec un guide et c’est un groupe de français qui voyage avec Nouvelles Frontières. Je m’assois à leur table et ils appellent le serveur pour qu’il rajoute une assiette. Et voilà comment un dîner m’est offert. En plus c’était très bon.

Merci à eux pour leur gentillesse et de m’avoir accueillie si gentiment.

IMG_7916

A côté de Petit Prince, il y a une énorme superbe moto, celle de Carlos.

IMG_7921

Il me demande très gentiment s’il peut m’interviewer. Je suis surprise. Il m’explique qu’il vient d’Espagne et que cela fait 9 ans qu’il voyage comme cela et 6 ans qu’il en vit grâce à un sponsor. Mais il doit essayer de trouver une histoire par jour à raconter… et je suis son histoire du jour.

On passe un moment très sympathique. Il a un matériel de PRO et je ne sais pas comment il arrive à conserver son matériel dans des pays pareils. Cela doit être drôlement anxiogène. Il est vraiment super bien équipé. On voit cela rarement. Il doit être content que sa moto soit à l’intérieur, mais cela doit être le même cirque tous les jours.

IMG_7919

On se quitte sur un vrai hug à la canadienne, hug très chaleureux, on voit que comme moi, il pratique cela.

Puis je monte me coucher. Là dans ma chambre, j’ai assez de débit pour avoir la carte satellite et je verrais que Cathy, Didier et Jean Claude sont ensemble dans un hôtel situé à 200m et qui appartient à mon hôtel. Il doit vraiment y avoir très peu d’hôtel ouvert.

Demain, je vais essayer de me rapprocher de Khiva qui doit absolument être visitée

Bonne journée à tous

Billet d’origine sur le blog de Corinne

J'aime, je partage! *** Sharing is Caring
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on Google+
Google+
Share on LinkedIn
Linkedin
Share on VK
VK
Email this to someone
email

2 Commentaires for “Corinne : ÉTAPE 41 Séparation du groupe”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *