Corinne : journal de bord du 15 Juillet

SUNTRIP 2018, ÉTAPE 26, PETIT PRINCE EMBOURBÉ ET SINISTRÉ

Samedi 15 juillet 2018 à Krasnyy Log

Bilan vélo :

Au lever, je suis un peu anxieuse par rapport à mon attelage ayant dormi dans la rue, mais je le retrouve saint et sauf et bien chargé. Je peux aller prendre mon petit déjeuner tranquille. On me demande de choisir un petit déjeuner avec un menu russe où je ne comprends rien. Comme personne ne parle anglais, je désigne au hasard, une ligne. Ce sera du café avec des mini crêpes remplis de fromage et viande. C’est bon et inattendu.

Avant de partir, je me fabrique un écarteur de voiture. Il me reste 2 morceaux de hampes de drapeaux (les 6 autres ont été emportées par le vent…). J’en prends une, je lui accroche un drapeaux que je sécurise en l’attachant sur la hampe et j’attache la hampe avec 4 attaches au cadre des panneaux. J’espère arriver à le garder un petit moment et surtout qu’il serve bien d’écarteur de voitures et camions. Me voilà prête pour partir.

 

 

Je mets Google Map pour traverser la ville car je n’ai aucune idée de l’endroit où je dois aller et je traverse la ville sans encombre. L’écarteur joue bien son rôle car comme je l’espérais, les voitures et camions doivent changer de file pour me doubler donc je suis plus sereine. À la sortie de la ville, la pluie démarre, je suis obligée de rentrer l’iPhone mais je sais que je dois suivre la E38 qui est toute droite. J’ai de la pluie sur les lunettes et il faut que je les essuie régulièrement pour voir quelque chose. C’est vraiment désagréable. Mais je continue à rouler régulièrement.

A un moment, la pluie s’arrête et je remet Google Map. Je ne sais pas ce que j’ai fais, mais apparemment, je suis partie vers le sud et je me suis trompée de route. Ce n’est pas assez compliqué comme cela, il faut que j’en rajoute. Je demande à Google Map de me ramener sur la E38. Je suis ce qu’il me dit et je vois que tranquillement par des petites routes très roulantes, je reviens vers la E38, sauf que la pluie réapparaît très drue. Je me réfugie dans une ferme où je suis très gentiment accueillie (je suis tombé sur le fils de la maison, j’avais oublié qu’on est dimanche). Petit Prince est mis à l’abri dans le garage et moi, on me fait rentrer dans la maison. La pluie continue, alors je reste et on finit par m’offrir le déjeuner. Puis la pluie cessant, je souhaite repartir. Mais toute la famille me dit de faire demi-jour car 2 km après, il y a 9 km de route en terre. Je leur demande si je peux passer avec mon vélo car sur la carte, l’alternative c’est 9 km de piste où un détour de 50 km qui me fait revenir en arrière. Je décide d’aller voir cette piste. Très gentiment, le patriarche de cette famille prend sa voiture et roule devant moi. Arrivée à cette piste, je vois que la piste est très bonne, seulement en terre et pas de cailloux, juste quelques trous facilement évitable. Je m’y engage donc. Le grand père est toujours devant et il me montre bien les trous à éviter. C’est vraiment très gentil mais il n’aurait pas du se déranger car il y a 9 km à faire. Je roule bien 16 à 17km/h de moyenne, ce qui est très bien sur une piste. Je ne rencontre aucun problème et tout d’un coup à 1,7km de la E38 que je rejoignais, un orage terrible éclate avec éclairs et trombe d’eau. En 2 mn montre en main, la piste devient une piste de boue impraticable. Cela m’arrête net, je ne peux plus rouler. J’essaie de pousser 50m le vélo et même cela je ne peux pas car la boue est tellement épaisse que j’en perds la roue de la remorque. On ne voit plus les fesses de la remorque car elles sont remplies par de la boue. Je range le vélo. Le grand père qui est venu à mon aide, on met la remorque sur le côté et le déluge continuant, on se réfugie dans la voiture. Est ce qu’eux prévoyaient cela, c’est pourquoi l’un d’entre eux m’aurait accompagnée ? Je ne le saurais pas mais à 1,7 km près, cela passait, je n’ai pas de chance.

Le grand père ayant compris que même quand la pluie s’arrêterait, je ne pourrais pas repartir, appelle à l’aide son fils. Il faut venir me chercher avec un tracteur. Je comprends qu’ils n’en ont pas et qu’il faut demander de l’aide au voisin. Une heure après un tracteur arrive, il n’a pas de remorque mais un semoir!…Je me demande comment on peut ramener remorque + vélo sur un semoir. Il est décidé de ramener la remorque. Il faudra faire 2 tours soit 30km de tracteur sur un chemin défoncé.

Je les vois mettre la remorque sur le semoir et je suis épouvantée. Dans quel état vais-je la récupérer ? Je me demande si mon voyage ne va pas s’arrêter là.

Le grand père est resté avec moi car il veut que je sois protégée de la pluie, donc on attend qu’ils reviennent pour charger Petit Prince. Je n’ai vraiment pas eu de chance sur ce coup là. 1,7km me séparait seulement de la route goudronnée.

Puis le tracteur revient et Petit Prince est chargé à son tour sur le semoir. Comment tout cela va finir, je ne veux même plus regarder le montage sur le semoir, le montage de la remorque m’a suffit. Et maintenant nous rentrons en voiture. Je vois qu’il a l’habitude de faire cela car la voiture dérape tout le temps et il la récupère très facilement et surtout, à aucun moment il ne s’embourbe  alors que c’est vraiment le risque. Et je reviens à la ferme. Tout le monde m’attend et quand je descend, ils sont tous pliés de rire. Je ne suis qu’un tas de boue de la tête au pied. Pour m’enlever la boue, la belle fille me donne un seau d’eau et m’emmène à l’abreuvoir des animaux (ils ont 6 vaches). Je mettrais une demi-heure à me défaire de la boue. Je suis très embêtée car une de mes chaussures a craqué dans la boue, or je n’en ai qu’une paire (j’ai renvoyé l’autre pour le poids !…). Elle m’est indispensable pour garder les pieds sur les pédales mais je verrais comment régler cela après: un problème après l’autre.

Puis le fermier voisin me ramène Petit Prince et la remorque. De nouveau hilarité générale. Petit Prince est tellement sale que l’on ne voit quasiment plus sa couleur. Le garde boue avant a été emportée par la boue, mais j’ai pu le récupérer. Quand à la remorque avec les fesses pleine de boue, ils sont tordus de rire. Je mettrais 2h à tout décrasser car la boue s’est infiltrée partout. Quand j’ai fini, il est 19h. La belle fille m’appelle, m’emmène dans la salle de bain et me donne une serviette (et une chemise de nuit que je refuserais très gentiment en espérant ne pas avoir fait un impair). En effet j’ai bien besoin moi aussi d’un décrassage en profondeur. Quand j’ai fini, une bonne assiette de soupe avec du lard (mais sans viande, que du gras) m’attends. Tout cela m’a bien fatiguée.

Je vais sur internet mais réseau très très faible, juste pour apprendre que nous sommes champion du monde de football. J’espère que le match a été beau à voir.

Puis, on m’emmène dans le petit salon où il y a la télé et on met un oreiller sur un divan. Je comprends que c’est là que je vais dormir. Je m’allonge dessus et m’endort instantanément au milieu du bruit.

Demain au réveil, il faudra vérifier que tout est en état de marche, que rien n’a été abîmé (cela tiendrait du miracle) et comment réparer mes chaussures qui me sont indispensables mais demain est un autre jour.

Billet d’origine sur le blog de Corinne

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