Corinne : journal de bord du 6 juillet

Son blog : https://petitprinceandcocycletour.blog/ 

Vendredi 6 juillet, temps nuageux , puis orages et ciel bleu vers18h

Je ne peux vous écrire où je suis car c’est écrit en cyrillique sur ma carte
Bilan vélo : 146 km, moyenne 21,1 km/h, maxi vitesse 46,7 km/h, durée 6h56, régénération 2?5%, 27,12 AH, 1312 Watts-heure consommées soit 8,7 Wh/km
Panneaux voltaïques : 500 Wh

C’est la plus faible fourniture de Wh fournis par les panneaux voltaÏques depuis le début du voyage. N’ayant pu vraiment recharger dans la journée, j’ai arrêté le soir car les batteries étaient vide.

Le matin, je suis donc partie de l’hôtel le ventre vide puisque cet hôtel ne faisait pas de petit déjeuner, c’est quand même la première fois que je vois cela. Je n’ai croisé à 7h00 que le veilleur de nuit. Petit Prince m’attendait sagement dehors sous sa bâche. J’avais regretté au Canada de ne pouvoir protéger Petit Prince la nuit. Aussi cette année, j’ai trouvé une belle bâche noire pour lui. Et quand je voit tous ces branchements électriques de partout, je me dis que cela ne peut pas lui faire de mal.

Nous voilà partis en direction de LVIV, que nous atteignions 30 km après. Et là l’enfer commence: 8 km de traversée de ville en 1h1/4. Je suis arrivée à l’heure de plus grande influence, mais le principal problème n’est pas là. Les 3/4 de la traversée de LVIV se fait sur des pavés totalement défoncés, avec pour couronner le tout, 2 lignes de tramway au milieu. Quand je dis défoncé, le sol n’est jamais plat. Certains trous ont jusqu’à 30 cm de profondeur et curieusement les pavés restent en place. A aucun moment, on ne voit de trous sans pavé. Quand on voit la profondeur des trous, on se demande comment c’est possible. Vous imaginez un vélo avec une remorque là dedans. Avec un vélo couché, on ne peut pas se mettre en danseuse pour amortir les chocs. Donc je fais ce que je peux, sachant que l’on ne peut pas éviter les trous, puisqu’il n’y a que cela, le sol n’étant jamais plat. Donc j’essaye d’éviter les trous les plus profonds, tout en surveillants les rails des tramways qui ne sont jamais loin. La remorque faisait un bruit d’enfer et cela m’inquiétait. Sans compter que je zigzaguais complètement, ce qui provoquait la colère des automobilistes qui ne pouvaient me doubler. Mais inutile de vous dire que ce n’était pas ma priorité. Et pour couronner le tout, le guidage vocale s’arrête à ce moment là. C’était simplement l’arrêt d’un trajet, il fallait passer au suivant. Je m’arrête au bord du trottoir en gênant encore une fois la circulation pour charger un nouveau trajet. Et là, comme hier le trajet refuse de se charger. Je débloque « les données à l’étranger de l’iPhone pour le recharger à partir de l’email d’Honza, mais la connexion est mauvaise et je n’arrive pas à télécharger le carte à nouveau.
Cela recommence exactement comme hier sauf que je n’ai plus de réseau (l’itinérance gratuite en Europe est vraiment bien).  je ne sais plus où aller, il faut que je trouve une solution. A côté de moi, une marchande de chaussures nettoie consciencieusement sa vitrine. Je m’adresse à elle en anglais pour lui demander si je peux profiter de son Wifi. Et là miracle, elle parle anglais et me donne immédiatement son accord. J’abandonne Petit Prince sur la route, en espèrent que je le retrouve intact à la sortie. Le Wifi marche très bien et en 3 mn le trajet est chargé. Je sais à nouveau où je suis. L’écriture cyrillique est vraiment dure à lire quand on ne la connaît pas du tout. Je reprends la route en sachant à nouveau où je vais, ce qui dans ce contexte est quand même beaucoup plus rassurant. Je sors enfin de ce cauchemar. Mais je n’avais jamais vu une grande ville avec une route défoncée de cette manière.
Je reprends la route qui elle est normale. Les conducteurs ukrainiens sont à l’opposé du comportement des polonais. Ils n’ont aucun respect du vélo et cela change beaucoup. Il faut donc redoubler d’attention et de vigilance. Je m’arrête à midi, une heure et demi, pratiquement pour rien car le soleil a passé son temps à se cacher. je sais donc que le nombre de km va être limité par la charge de la batterie. Je repars après avoir mangé le dernier sandwich qui me restait de la Pologne.
Sur la route, on croise des villages qui semblent très pauvres et au milieu, une belle église orthodoxe. Le contraste est  saisissant
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Après un petit moment de pédalage, l’orage s’annonce. Je traverse à ce moment là une forêt. je m’habille en tenue de pluie et l’orage s’abat. Il est très violent avec beaucoup d’éclairs et de tonnerre. La forêt protège un peu de la violence de la pluie. Et je continue à rouler car je n’ai aucun endroit où me mettre à l’abris. Dans ces cas là, j’ai toujours peur d’avoir un problème électrique quand je vois toutes les connectiques dont est bardé Petit Prince. Et tout cela est sous une pluie battante.
Puis l’orage s’arrête. Le sol est détrempé mais cela ne m’empêche pas d’avancer. Par contre une demi heure après un deuxième orage éclate et là je suis dans la plaine et il y a plus de circulation dont pas mal de camion. Et là je m’en prends plein la figure. Les camions se rabattant toujours près de moi, m’envoie plein d’eau dans la figure et ceux d’en face également. Au bout d’un quart d’heure, je ne vois plus rien avec mes lunettes qui sont de plus en plus sales. En traversant un village, je craque et je mets pieds à terre. Ce ne sont que des petites maisonnées et je ne vois pas où je peux m’abriter. En face, un cycliste vient d’arriver chez lui et me fait signe de venir. Je ne me fais pas prier. Il met Petit Prince dans son garage et m’accueille dans sa maison. Il y’a 2 maisons côte à côte et perpendiculaires. Dans l’une vit sa mère en fauteuil roulant et unijambiste, dans l’autre vit son fils. Les intérieurs sentent la misère. Il m’offre une boisson chaude des gâteaux et une serviette pour m’essuyer. Il fait du feu dans un poêle à bois pour sécher mes vêtements. Pendant ce temps, il ressort sous la pluie qui s’est atténuée, en chemise pour tuer un poulet et donne la carcasse à son chien qui la déchire d’une manière impressionnante.

Une fois mes affaires sèches, la pluie s’étant calmée, je repars après les avoir chaleureusement remercié de leur accueil.Je roule tranquille et je voie souvent des attelages tirés par 2 chevaux. Les animaux sont toujours en parfait état. Quelque fois le poulain est attaché à sa mère.

Ces paysans se sont arrêtés devant moi, quand ils ont vu que je les prenaient en photos et m’ont invité chez eux. Je remercie gentiment mais je viens déjà de m’arrêter 2h, il faut que je roule un peu. Ceci dit les ukrainiens ont l’air bien accueillants
Vers 7h du soir, je vois que la batterie est très faible. Aussi, je me décide à chercher un lieu pour dormir. Je suis en pleine campagne et il n’y a pas de village. Des champs de céréales déjà moissonnés s’étendent à perte de vue (l’Ukraine, grenier à blé de l’Europe semble une réalité). Soudain 2 petites maisons bien simple avec un magnifique potager apparaît. Je me dit qu’il me faut absolument être accueillie si je ne veux pas faire du camping sauvage.
Je m’approche et les 2 chiens de la maison, attachés à 10 m de chaîne comme on le voit partout (quel vie de chien a vraiment un sens pour eux, une vie entière enchaînée avec 10 m d’espèce de liberté !…) se mettent à aboyer faisant sortir un homme. Mais comment dialoguer quand vous n’avez aucune langue vous permettant d’échanger. C’est un challenge pour moi car jusqu’à présent je n’ai jamais eu de problème de communication grâce à l’anglais mais là c’est fini.
Cet homme appelle son fils pour essayer de comprendre ce que je veux. J’aime ce temps d’apprivoisement réciproque ou chacun cherche à connaître l’autre. Je sais que si leur donne confiance, les portes vont s’ouvrir en grand. Et au bout de 10 mn c’est ce qui se passe. L’accueil est extrêmement chaleureux. Je dîne avec eux dehors entourée d’une vigne pleine de grappes encore bien vertes. Le fils passe son temps à me poser des questions via son traducteur sur smartphone et cela durera 2h. Je ne suis pas contente après moi, car Angélique (organisation Suntrip) nous avait indiqué un très bon logiciel de traduction et j’ai complètement zappé cela. Il faut vite que je retrouve cette application et que je la charge, cela facilitera le dialogue.

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Le père me laissera la seule belle pièce de la maison, sa chambre, et ira dormir dans l’autre petite maison. Le matin, le père est parti travailler, mais le fils est resté pour s’occuper de moi. Il m’amène mon café pendant que je vous écris.Merci Nicolas et NIcolas pour votre accueil si chaleureux.

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