Dans leurs sillages !

 

Dimanche 16 juin 2013, 19h. Les derniers aventuriers ont basculé dans la descente, à l’exception des deux Tchèques, qui veulent voir le coucher de soleil sur le Mont Blanc. 

Une fois pliées les quelques banderoles et salué le bon dieu de nous avoir évité un accident grave sur les routes Françaises, je me lance à mon tour sur la sinueuse route du col du Petit Saint Bernard, direction la vallée d’Aoste puis la plaine italienne. 

colSi l’ambiance été survoltée en haut du col au moment du passage des premiers, le calme des montagnes est maintenant revenu. C’est l’heure où les marmottes pointent le bout du nez et osent quelques traversées de chaussée. C’est la plus belle des heures pour être sur une route de col. 

Cette route je la connais par cœur car c’est par ces lacets ardus que par deux fois je suis parti à l’aventure. En 2006 en direction de la Chine, en 2010 en direction du Japon. Après des mois de préparation, après des heures de sueur pour gravir les 31 km de montée, après l’émotion des adieux, cette descente c’est la porte de la liberté ! Une liberté qui en un instant vous happe, comme une évidence. 

Cette fois je ne suis pas à vélo, mais je conduis la seule voiture suiveuse de l’aventure. Pourtant je revis ici les mêmes émotions. Le temps de quelques kilomètres je ne pense qu’à moi et profite du silence. Le départ a été mouvementé mais plutôt réussi. L’émotion était au rendez-vous, c’est l’essentiel. 

L’émotion, elle me rattrape très vite quand au bout de 10 km de descente je reviens sur les derniers participants. Sylvain Machefert, Marc Charroin puis Cédric Vinatier. Je les observe, jette un œil sur la solidité de leur engin, puis instantanément je me mets à les admirer. Après des mois de préparation, de stress, de sacrifices, ils sont là, présents au rendez-vous de la grande aventure. Et dire que Sylvain et Cédric sont tous les deux «porteurs de handicap», comme on dit… Pour moi ils sont surtout porteurs d’espoir, de joie, de détermination, de vie ! 

En les doublant je commence à me rendre compte du défi dans lequel je me suis lancé, avec eux. Quelle belle folie. 

Je me rends compte aussi à cet instant que mon quotidien sera celui là durant les prochains mois : je serai dans leurs sillages. 

Discrètement, au milieu d’eux, mon objectif est d’essayer de régler les problèmes et de  ramener des images de leurs aventures respectives, sans pouvoir bien sur viser l’exhaustivité. Je vais chercher, par ci par là, des petits bouts d’émotions, comme autant d’occasions de partager avec le plus grand nombre les richesses d’un voyage à vélo solaire. 

Depuis une semaine je me suis donc fait l’expert de la «pêche aux Suntripeurs». Avec leur positionnement GPS, à coup de sms et avec l’aide de mes cartes et de ma belle-sœur Mélanie, la première étape consiste à les géo localiser sur le parcours, ou plutôt sur les parcours possibles. Dès que cela m’est possible je m’arrête dans un café ou Mc Do afin de les localiser sur la carte. 

Il faut ensuite faire émettre des hypothèses sur leur avancement, les orientations prises,  le positionnement à H+1 ou H+3, etc… . La part d’improvisation n’est pas négligeable. 

Il faut enfin concrétiser la localisation sur le terrain, et c’est clairement le plus compliqué, car si sur une carte les choses peuvent paraitre simple (car figées), une fois à l’échelle réelle tout ça peut prendre du temps, beaucoup de temps. Je ne cacherai pas avoir fait une journée bredouille lors de la semaine italienne… Il faut dire que je cherchais ce jour là des participants dont la balise ne marchait pas et dont le téléphone était fermé. 

En général, rassurez-vous, je les trouve ! Et à chaque fois la même excitation de les voir, au bout d’une ligne droite ou en pause sur le bord de la route ! Ca doit être le même bonheur qu’éprouve un pêcheur quand un poisson est pris, à la différence que moi je relâche toujours mes prises ! 

En passant quelques minutes ou quelques heures avec eux, j’ai toujours la sensation d’être un privilégié. J’ai cette chance de pouvoir voir, sur le terrain, comment ils vivent leur aventure et comment l’histoire du Sun Trip est en train de s’écrire. 

De leur côté j’ai l’impression qu’ils sont toujours aussi bien contents de me voir. En me voyant ils se reconnectent directement avec le fil de l’aventure collective. Les questions fusent : «comment vont les autres ? Où sont les premiers ? Où sont les valeureux Tom, Cédric et Sylvain ? Peux tu me donner le numéro d’un tel ?…» Concentrés sur leur avancement, les participants restent toutefois très attentifs à l’élan collectif. C’est pour moi le plus beau des cadeaux. 

Tout n’aura pas été facile en ce début d’aventure, le concept du Sun Trip devra naturellement s’affiner, l’équipe d’organisation s’étoffer…, mais au bout d’une semaine nous avons déjà prouvé, tous ensemble, que l’idée de ce rallye solaire fonctionne ! 

A suivre.  

Florian Bailly, depuis Karlovac en Croatie. 

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