« S’il faut finir en monocycle on apprendra à en faire »

emielie et guillaume un mois

C’est une équipe que nous avons malheureusement pas souvent pu rencontrer. La dernière fois qu’on a vu Emilie et Guillaume c’était lors de la première semaine d’aventure, en Italie, dans une zone industrielle pas loin de Padoue. Ils étaient alors frais mais déjà  ils devaient composer avec les problèmes techniques.

Après avoir été de ceux qui ont aidé Tom Papay et Marie-Claire Lagadec dans leur aventure, ils sont aujourd’hui en Ukraine, prêts à tout pour pouvoir aller au bout du périple.  

Questionnés par email, c’est Guillaume répond qui nous répond. 


 

Quelques mots premièrement sur votre parcours avec Tom et Marie-Claire, qu’en retenez-vous ?

Les choses se sont par hasard, mais assez naturellement. On était au même moment à Belgrade et on a décidé de rouler ensemble. 

Les premiers jours, Marie Claire avait des problèmes avec son moteur que l’on a identifiés puis réparés.  Après, les kilomètres se sont enchainés sans trop de soucis. Chaque soir, c’était une routine de monter Tom jusqu’à sa chambre car les hôtels ne sont pas du tout équipés pour les handicapés dans ces pays ! C’était toujours la galère sur le moment, mais c’était aussi assez marrant.

Puis la Roumanie : long, plat, venteux, fatiguant. Je me suis fait mal au dos en montant Tom en Serbie et à cause de la fatigue, ça a un peu trainé.

A la sortie de la Roumanie j’ai eu mes soucis techniques, puis ça a été au tour de Tom à l’entrée de l’Ukraine. Soucis assez sérieux pour qu’il soit obligé d’arrêter. 

Comment vivez votre vie de couple dans l’aventure ?

Nous ne sommes pas trop sur le créneau des jeunes amoureux. Certes, on est en couple mais je crois que l’on aurait pu faire ça avec nos meilleurs amis un peu de la même façon.  Quand on est sur les vélos c’est impossible de rouler côte à côte, du coup on ne peut se parler que lors des pauses. Des fois, la tension monte à cause de la fatigue, mais on a pas trop de mal à aller voir l’autre pour s’excuser d’être monté dans les tours.

Le fait de faire le voyage à deux par contre est quelque chose de vraiment bien pour le moral. Quand l’un flanche l’autre relance la machine et 2 jours plus tard c’est l’inverse. D’ailleurs nous respectons énormément ceux qui voyagent seuls : Lionel, Annick Marie,

Azkar, les leaders … Pour faire ce genre de voyage il faut déjà avoir de la bouteille car sinon, de notre point de vue, c’est le retour assuré avant l’arrivée.

Bivouac de geek à l'eglise001 Bivouac de geek à l'eglise003 Bivouaque005 Chez le prêtre004

Un petit bilan des soucis techniques qui auront perturbé votre route ? 

On a « grillé » une batterie en Italie (qui re-fonctionne en France a priori…). Heureusement nous avons eu la possibilité de récupérer rapidement une petite batterie, un tiers de la capacité de la première. 

Tout se passait bien jusqu’à la sortie de la Roumanie où la seconde batterie a fait des siennes. Cette fois ça semble plus définitif car après 10 jours elle ne veut toujours pas re-fonctionner. 

Nous pensons que le problème vient d’un élément électronique de la remorque d’Emilie, du coup nous avons interverti avec celui de ma remorque. Sur mon vélo, j’ai un peu réfléchi au problème et j’ai décidé de shunter la batterie pour envoyer directement le jus depuis les panneaux au moteur. Cela m’a demandé de faire un peu de menuiserie pour être capable de faire une structure et avoir les 2 panneaux apparents mais c’était la seule solution pour continuer l’aventure solaire. 

Nous avons tout de même réfléchi à toutes les solutions : laisser la remorque en Roumanie avec les panneaux et passer en sacoches (j’ai une amie qui aurait pu me les stocker), attendre une batterie (trop long, trop cher) … Dans aucun cas on a envisagé de rentrer en France, s’il faut finir en monocycle on apprendra à en faire.

Notons que malgré les problèmes, nous pensons arriver avec 2 semaines d’avance sur notre planning prévisionnel. D’un part parce que nous avons besoin de moins de pause que prévu, d’autre part car les suppressions du point d’étape de Sotchi nous permet de gagner pas mal de temps pour nos visas.

Votre pire moment dans ce Sun Trip ? 

L’arrivé à Odessa a été compliquée. Nous étions super fatigués par les jours précédents. Les panneaux indiquent toujours 10 km de moins que ce qu’il y a réellement à faire, or, on gère la charge de la batterie de façon optimale pour 90 km et si l’on découvre qu’il y en a en fait 105 km, Emilie doit finir au mollet. On est arrivé en ville le premier jour du festival du film international d’Odessa. 

Tous les hôtels étaient pleins, on a du se promener dans les rues, en pavés et en montée, heureusement qu’un réceptionniste sympa a appelé 9 hôtels avant d’en trouver un avec une chambre disponible, mais sans eau chaude … pour bien finir la journée !

Chez le prêtre010 Kherson 009 Piste Ukraine003 Supporters002

Vos plus moments jusqu’à présent ? 

Sur le plan des paysages, Emilie a adoré voir la mer noire. Moi, c’est plutôt le passage Serbie-Roumanie avec les Portes de fer du Danube, qui m’ont vraiment plu. 

Sur le plan des rencontres, nous avons vraiment apprécié la rencontre avec Ivan et son père en Croatie. Ils nous ont arrêté sur le bord de la route pour parler technique, vélo et solaire. Voyant que l’on n’avait pas d’endroit pour dormir, ils nous ont proposé de nous loger dans le grenier de leur atelier de confection d’encadrement en aluminium. Nous avons beaucoup discuté, un peu réparé des bricoles sur les vélos et aussi passé une super nuit.

Quels sont vos espoirs pour la suite de l’aventure ? 

1- On va arriver au bout même si la technique n’est pas toujours de notre côté.

2- On aimerait faire plus de rencontres car pour l’instant même si nous avons eu quelques rencontres intéressantes nous avons aussi passé pas mal de soirées tous les deux à regarder des séries américaines dans la tente, ce que l’on peut faire à la maison.

On espère que l’accueil russe va être à la hauteur de nos espérances.  

Pour ce qui est du Couchsurfing ça a fonctionné moins bien que prévu, car ce n’est pas très adapté à la pratique du vélo solaire. D’une part parce que nos vélos sont relativement gros, d’autres part parce nous sommes dépendants du soleil et que les distances parcourues sont très variables d’un jour à l’autre.


 

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«IF IT WE HAVE TO FINISH ON MONOCYCLE, WE WILL LEARN HOW TO RIDE IT»

 

Unfortunately this team we met not often. Last time we saw Emilie and Guillaume during the first week of adventure, in Italy, in an industrial zone not far from Padoue. They were   cheerful but they already some technical problems.

 

After helping Tom Papay and Mary Claire Lagadec in their adventure, today they are in Ukraine, ready to do everything to be able to go till the end of the trip.  

 

Questioned by email, Guillaume answers us.

 

To begin with some words about your travel with Tom and Marie-Claire, what do you think?

 

Everything happend incidentally, but rather naturally. We were in Belgrade at the same time and we decided to travel together. 

 

First days Marie-Claire had problems with her engine, that was repaired. Afterwards, kilometres passed quite easy. Every evening, it was a routine to take Tom up to his room because in these countries hotels are not equipped for the handicaps! It was always a problem at those moments, but it was also funny.

 

Then Romania: long, flat, windy, tiresome. I hurt my back taking Tom up in Serbia and  it didn’t pass away because of tiredness.

 

At the exit from Romania I had some technical problems, then Tom had some at the entrance in Ukraine. Such a serious problems, so he had to stop.

 

How do you live your life of a couple in this adventure?

 

We are not young lovers anymore. Certainly, we are in couple, but I think that it could be possible to make the same thing with our best friends. When we are on bikes it is impossible to ride nearby, it is possible to talk only during pauses. Sometimes the tension mounts because of tiredness, but it is not so difficult for us to go to see each other and apologize.

 

Travelling with somebody is very good for the moral support. When one gives up the other revive the machine and 2 days later you do the opposite thing. Besides we respect tremendously those who travel solo: Lionel, Annick Mary, Askar, the leaders. For such trip it is already necessary to be very experienced because otherwise, from our point of view, you will surely turn back before arrival.

 

A small summation of your technical problems? 

 

We «burned» a battery in Italy (that normally re-works in France). Hopefully we quickly got a small battery, with third of the capacity of the first one. 

 

Everything was well up to the exit from Romania where the second battery started to act up. This time it seemed to be forever, because after 10 days it still does not want to work again. 

 

We think that the problem comes from electronic element of the trailer of Emilie, so we exchanged it with the one from my trailer. I thought about the problem of my bike and decided to shunt the battery to send the juice directly from the panels to the engine. I made a structure to have 2 visible panels but it was the only one solution to make the solar adventure continue.

 

However we thought about all solutions: to leave the trailer in Romania with panels and to use handbags (I have a friend who could stock them to me), to wait for a battery (too long, too expensive)… Anyway we planned to come back to France, if we have to finish on monocycle, we will learn to ride it.

 

Let us note that in spite of all problems, we think to arrive 2 weeks earlier than we planned. On one hand because we need less breaks than we thought, on the other hand the abolition of the obligate point in Sotchi allows us to win quite a lot of time for our visas.

 

Your worst moments in this Sun Trip? 

 

The arriving in Odessa was complicated. We were very tired for the last days. Panels always showed 10 km less than it really was, and we optimally used the load of the battery for 90 km, and if we discover that in fact there are 105 km, Emilie must finish only in the aid of her legs. We arrived in city the first day of the international film festival of Odessa. 

 

All hotels were full, we had to go for a walk on streets, on pavings and on rise, hopefully a nice receptionist called 9 hotels before he found one with an available room, but without hot water… for good measure of this day!

 

Your best moment for now? 

 

In terms of landscapes, Emilie loved seeing the Black Sea. I rather liked a passage Serbia-Romania with the Iron doors of the Danube, that really pleased me. 

 

In terms of meetings, we really appreciated meeting Ivan and his father in Croatia. They stopped us on the side of the road to speak about the technique, bike and solar energy. Seeing that we had no place to sleep, they offered us to stop in the loft of their workshop of aluminium frames’ manufacture. We discussed a lot, I repaired a bit bike’s encumbrances and had a great night.

 

What do you expect from the continuation of the adventure? 

 

1- We are going to go until the end even if technology is not always for our part.

 

2- We would like to meet more people, because for the moment even if we had some interesting meetings, we also passed quite a lot of time together, watching American tv-series in the tent, we can make it at home.

 

We hope that Russian reception is going to be as good as we hope.  

 

About Couchsurfing, it worked worse than we predicted, because it is not very comfortable  for the solar bike. On one hand because our bikes are relatively big, on the others hand because we are dependent on the sun and because the distance is very variable from day to day.

 

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