Étape n° 19

SUNTRIP 2018, ÉTAPE 19, SOIRÉE MERDIQUE

Heureusement que la soirée d’hier et ce matin ont été sympa car aujourd’hui, c’est une journée merdique qui se termine par une soirée merdique.

Une fois partie, j’ai très vite repris la route M06, celle qui mène à KIEV. C’est une route 4 voies qui est en bon état et qui a une bande d’urgence de sécurité suffisamment large pour le vélo. Je m’y sens à peu près en sécurité sauf quand un camion ou une voiture passe trop près. C’est d’un monotone terrible car il faut être hyper vigilant tout le temps et dans ce cas-là, je ne regarde vraiment que devant moi. La campagne ressemble à nos coins de France. Dans ce genre de situation, il faut garder le rythme de pédalage quand la route est plate. Je ne peux pas en pédalant, dépasser le 28 km car le vélo se met à danser et cela signifie que la situation peut dégénérer. Aussi quand j’atteins cette vitesse, je me mets en roue libre et je recommence à pédaler quand la vitesse arrive au-dessous de 28 km/h.


De temps en temps, le guidage me fait prendre une sortie qui est visiblement l’ancienne route et qui me fait gagner un peu de temps. Je trouve les petites villes ou villages tristes et sales.
Dans un village, une voiture m’a doublée et s’est arrêtée. Je sais que dans ces cas-là le chauffeur est intéressé par mon vélo, donc je m’arrête systématiquement. Un jeune très sportif descend et me sert la main. Je suis étonnée car c’est la première fois que quelqu’un me tend la main. Puis il essaie de me dire quelque chose, mais je suis frustrée, je ne comprends rien. Alors, il cherche sur son smartphone et me montre triomphant sa maison. Je suis très étonnée car il a sur le toit des panneaux solaires. Je n’en ai jamais vu, jusqu’à présent, en Ukraine. Il est très étonné de voir cela sur un vélo. Alors il mitraille le vélo et il finit par un selfie. Puis il me resserre la main et là il est tellement content qu’il me broie la main. J’ai eu mal à la main pendant une heure … Quel athlète !

Puis j’ai repris la route. Monotone, toujours la même chose. Plus j’avance vers Kiev et plus la circulation est dense. Cela fait peur et il me reste encore 150 km à faire de cette route pour atteindre KIEV. Vers 150 km, le guidage me fait passer par une petite ville. Et là c’est l’horreur, une vraie ville dortoir. Je m’enfuie mais je suis fatiguée par le bruit, les odeurs de pots d’échappements. Maintenant une nouvelle difficulté apparaît, la bande d’arrêt d’urgence est occupée par plein de petits vendeurs qui vendent essentiellement des champignons et des myrtilles. Tout cela sent la grosse pauvreté. Comme ils occupent la bande d’arrêt d’urgence, cela fait aller sur la route et c’est dangereux.

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Puis ils disparaissent comme ils étaient apparus. Il y en avait un tous les 100m et puis plus rien.
Je continue la route et j’en ai marre. Il faut que je m’arrête mais il est clair que ce soir, je n’aurais pas d’excellent accueil comme j’ai eu jusqu’à présent. Je tombe sur un motel de routiers et je m’arrête. Ce soir, je fais dans le minable car c’est vraiment un motel minable. Ce n’est pas bon pour le moral. La tenancière (je n’ai pas dit de bordel !) au moment de payer la chambre me dit que son terminal de carte bleue ne marche pas. Je lui dis que je n’ai que cela pour payer et curieusement le terminal se remet à marcher. Que tout cela m’agace. Pour une fois j’écris ma lettre le soir, pour aller me coucher, pour finir sur quelque chose de sympa fait dans la journée. Mais quand je me relis, tout cela est bien morose. Eh bien oui, c’est un jour sans et voilà.

Billet d’origine sur le blog de Corinne


 

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