First camping! / Premier dodo en extérieur!

Day 20 – 15/06/2015 – 151 kms – Dobra à Streahia
Total: 2698 kms

I wake up with the view on the Danube and the sun shining bright. Just perfect! I leave to Romania, and continue cycling along this sumptuous river. From Donji Milanovac, where the first tourists are unperturbedly relaxing on the beach, I wanted to head back down south to cross the border at Negotin, shortening the itinerary. But I notice an indication on the map at the border there “with restrictions”. I don’t really know what that means but remembering my detour to cross the Serbian border, I don’t want to take my chances on that one. Learning from your mistakes is important: I continue along the Danube up to Dobreta-Turnu Severin. Anyway, I am a day in advance, and this road is so nice anyway!

Un réveil avec vue sur le Danube, une matinée magnifique et un grand soleil. Parfait ! Je repars vers la Roumanie, longeant toujours ce fleuve somptueux. A Donji Milanovac, où les premiers baigneurs se prélassent tranquillement sur la plage, j’avais prévu de redescendre vers le centre du pays et passer la frontière à Negotin, raccourcissant ainsi mon itinéraire. Mais je remarque une indication sur la carte au niveau du passage de frontière « avec restriction ». Je ne sais pas ce que ça veut dire exactement mais vu mon détour pour passer la frontière Serbe, je préfère ne pas prendre de risques. Apprendre de ses erreurs, c’est important : je décide donc de continuer à longer le Danube jusqu’à Dobreta-Turnu Severin. J’ai une journée d’avance, et puis elle est tellement belle cette route.

DSC_9406

DSC_9410

After eating lunch in a small and shitty fast food, the only place I found, I cross to the Romanian side. The border is massive, I had never seen one so imposing. It is constituted of a dam, called the doors of steel, supporting a very large bridge, cutting across the Danube. Here we are, I’m really going to be lost from now on, as I am incapable of reading or understanding anything in this language, which is nonetheless supposed to have latin origins.

Après un déjeuner dans un espèce de stand fast-food tout pourri, le seul endroit que j’ai trouvé, je passe en Roumanie. Le poste frontalier est monstrueux, je n’en ai jamais vu d’aussi impressionnant, il est constitué d’un barrage appelé les portes de fer sur lequel passe pont très large qui traverse le Danube. Et ça y est, me voilà arrivée en terre vraiment inconnu. Je suis incapable de déchiffrer ou comprendre quoi que ce soit de cette langue aux origines latines (enfin, à ce qu’il parait).

DSC_9422

DSC_9430

As I am riding away from the border, a guy driving next to me shouts at me, asking me to stop. It looks like he is angry about something but I don’t understand why. Then he gets out of the car, and I understand he is just very excited to see solar panels. As his mother, who had stayed in the car, is pleading me to come sleep at theirs, he tells me he has just bought a beautiful acre in the Romanian mountains, 1000 euros only, and that he wants to build a small wooden house there and equip it with solar panels. After multiple questions on how they work, and what is their efficiency, he tells me he has a lot of innovative ideas to make money and shares a few of them with me. Then, he starts talking about the 3rd world war and god’s willpower. How me managed to talk about this in a 20 minutes conversation still is unclear to me. “May God be with you !” he cries out to me as he leaves.

Alors que je m’éloigne de la frontière, un roumain en voiture passant à côté de moi me hurle dessus, me demandant de m’arrêter. Au début, je pense qu’il est mécontent mais je ne comprends pas pourquoi. Puis il sort de la voiture, et je comprends qu’il est tout fou, tout content de voir des panneaux solaires. Alors que sa mère, restée dans la voiture, m’implore de venir passer un nuit à la maison, il m’explique qu’il a acheté un terrain magnifique d’un hectare pour 1000 euros dans les montagnes, et qu’il veut l’équiper en panneaux solaires. Après un long interrogatoire sur les fonctionnalités des panneaux, leur capacité ainsi que leur fiabilité, il me dit qu’il a plein d’idées innovantes pour faire fortune et m’en confie quelques-unes. Puis il me parle de la troisième guerre mondiale et de la volonté de Dieu. Comment on en est arrivé là en 20 minutes de conversation m’échappe toujours. « Que Dieu te protège ! » s’exclame-t-il en partant.

But apart from this enthusiastic man, Romanians I have met up to now seem a little rougher, less extraverted. Maybe it’s just that I’m having trouble communicating in this language. On this impeccable road to Bucharest, there are a lot of villages that look as if they had been left behind. Many tall industrial buildings are abandoned, with all their glass windows smashed, and there is an impressive number of stray dogs. For the moment, I am still racing them out.

Mis à part cet homme enthousiaste, les Roumains que j’ai croisé jusqu’à présent semblent plus sauvages, moins extravertis. C’est peut-être aussi que j’ai plus de mal à communiquer dans la langue. Sur la route dans un état irréprochable qui mène à Bucarest, on croise de nombreux villages un peu laissés pour compte. De nombreux grands bâtiments industriels sont à l’abandon, l’intégralité de leurs vitres brisées, et le nombre de chiens errants est impressionnant. Pour l’instant, je joue à la course avec eux.

DSC_9438

FullSizeRender (3) - Copie

DSC_9440

As I am buying a few goods and changing a few Leus a village shop, lost in the middle of the Romanian countryside, I stumble upon Chris, an Australian from Tasmania. He is 26, as I am, and has saved enough money to travel during a year and a half. He looks very happy to meet another traveller. “Solitude is gaining up on me” he tells me. The great travellers’ solitude, I’d heard about it. Refusing to sleep in my tent out in the wild alone, I realize this is the perfect opportunity to do some camping. We decide to buy a few beers and to set up our tents a little further along the way. Sharing our dinners, the night will be spent talking about our experiences, our encounters, the good but also the bad ones. It’s amazing how easy it can be to say things you would never say to your best friends to a complete stranger!

Alors que je suis en train d’acheter des provisions et de changer des Leus dans un magasin de village, je tombe par hasard, perdu au milieu de la campagne roumaine, Chris, un australien de Tasmanie. Il a 26 ans comme moi et a économisé pour pouvoir voyager pendant 1 an et demi. Il a l’air très content de croiser un autre voyageur. « La solitude commence à me peser » me confie-t-il. La solitude des grands voyageurs, j’en avais entendu parler. M’étant promis de ne dormir en tente que dans le jardin de quelqu’un ou accompagnée par quelqu’un de confiance, nous décidons d’acheter quelques bières et de planter nos tentes ensemble un peu plus loin après le village. Mettant ce qu’on a pour dîner en commun, on passera la soirée à parler de nos expériences au cours de ce voyage, de nos rencontres, des bonnes et des moins bonnes. C’est impressionnant cette facilité qu’on peut avoir à dire des choses à un parfait inconnu, des choses qu’on ne dirait pas à ses meilleurs amis!

DSC_9432

DSC_9435

Day 21 – 16/06/2015 – 168 kms – Streahia à Rosiori de Vede

I have really well slept ! Although I had forgotten what it is not to take a shower after having sweat all day. We quickly leave our camping site, chosen far from all sight , especially from the road’s, and take a big breakfast in a nearby shop. I’m quite impressed by Chris’ speed with his bags and all. He left 6 weeks ago and has an impressive rhythm. I ask him if wants to ride together up to Craiova, where he intends on spending the night at a couchsurfer’s. When we arrive there, we eat a last friendship pizza, rethinking the world together. I wish him good luck on the road before leaving and invite him. He hasn’t been invited by no-one since he left, it’s only fair. And we promise each other to try and meet up in Istanbul on the 24th.Let’s try to make it there in time.

J’ai super bien dormi ! Même si j’avais oublié l’effet que peut faire une absence de douche après avoir transpiré toute la journée. Nous déguerpissons rapidement de notre lieu de bivouac, choisi bien en dehors du champ de vision de la route, et prenons un long petit déjeuner dans une cafet’ un peu plus loin. Je suis impressionnée par la vitesse de Chris avec tous ses sacs. Il est parti depuis 6 semaines et a un rythme d’enfer. Du coup, je lui propose de faire le route ensemble jusqu’à Craiova, où il compte passer la nuit. Là, nous prenons une dernière pizza ensemble, tout en refaisant le monde. En partant, je lui souhaite bonne route et l’invite. Contrairement à moi, personne ne l’a invité depuis qu’il est parti ! Nous nous promettons d’essayer de se retrouver à Istanbul aux alentours du 24 juin. Pari à tenir !

FullSizeRender (1)

FullSizeRender - Copie

A few kilometres after Craiova, after having cycled uphill for some time, an extremely powerful side wind prevents me from moving forward. My potentiometer is set to maximum, and so is the power of legs, but I just can’t move forwards. I finally find a correct position to speed up to 10 km/h, with a slight angle, and I am pleasantly surprised by the fact my panels are not the ones slowing down my progression. I can see a thunderstorm in the distance and I am riding straight to it. From this open plain, you can distinguish the rain flow forming a thick body right I front of me and several lightning regularly illuminate the dark sky. However, from where I am, the sun still pierces from place to place through the heavy clouds. A beautiful sight!

Quelques kilomètres après Craiova, après être monté sur un petit plateau, un vent transversal extrêmement violent m’empêche d’avancer. Mon potentiomètre est réglé quasiment à pleine puissance, mes muscles aussi, mais j’ai vraiment du mal à avancer. Une fois que j’ai trouvé une position à peu près correcte pour avancer (à 10 km/h), légèrement de biais, je suis agréablement surprise par le fait que mes panneaux ne prennent pas du tout le vent, malgré sa puissance. Un orage se dessine au loin et je suis en train de foncer droit dessus. Depuis cette plaine dégagée, je peux voir le flux de pluie former un tronc foncé juste en face de moi et de nombreux éclairs qui illuminent régulièrement ce ciel sombre. Mais là où je suis, le soleil perce encore par endroit à travers des nuages lourds. Un très beau spectacle.

IMG_0947

I move on fearing what awaits me a few kilometres later. But, as I get closer, I understand the storm is being driven away in the opposite direction. Relieved, I rush on the tar, still wet as the storm and rain was here a moment ago. As soon as I catch up with the storm and start feeling drops of rain, I stop a few seconds to allow the wind to push the storm a little further.

J’avance tout en redoutant ce qui m’attend. Mais, au fur et à mesure que je me rapproche, je comprends que l’orage est progressivement dégagé dans la direction opposée à la mienne. Soulagée, je fonce sur le bitume encore trempé de la pluie qui avait dû inonder le sol quelques minutes plus tôt. Dès que je rattrape l’orage et que je sens des gouttes, je m’arrête quelques instants pour laisser le temps au vent de me pousser cet obstacle un peu plus loin.

FullSizeRender - Copie (3)

Finally arriving at Rosiori de Vede, I look for someplace to spend the night but most people avoid looking at me in the eyes. I don’t feel at ease here so end up in a little motel nearby. A very harsh day! Time to sleep!

Arrivée à Rosiori de Vede, je cherche un abri pour passer la nuit mais les gens me fuient du regard. Je ne suis pas en confiance ici et me résigne à payer une chambre dans un petit motel du coin. Une journée particulièrement éprouvante ! L’heure d’aller dormir !

FullSizeRender

J'aime, je partage! *** Sharing is Caring
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on Google+
Google+
Share on LinkedIn
Linkedin
Share on VK
VK
Email this to someone
email