Françoise : journal de bord du 5 juillet

Bonjour à tous

Je vole

Aujourd’hui ça roule.

Le soleil est de la partie toute la journée, seuls deux ou trois petits nuages le terniront dans l’après-midi.
La route est facile, en bon état, la circulation s’est un peu calmée, enfin pas longtemps, elle a vite son rythme normal c’est-à-dire effréné.

Aujourd’hui je vole, je vole comme le papillon qui s’est posé sur ma main ce matin, je vole parce que le soleil est là et qu’enfin il fait chaud, je vole parce que je sens que je vais échapper au goulag. Je vole.

Le paysage est peu attrayant : cultures, plantes fourragères, et blé déjà moisonné, parfois quelques tournesols l’égayent. Je traverse aussi de nombreuses forêts. Ce paysage et le fait que je trace m’entrainent dans un voyage intérieur…

Je roule, je roule, je roule.

Mes fesses au bout d’un moment sont douloureuses. J’ai remarqué qu’en voyage en vélo je perdais tous mes muscles fessiers et que cela finissait par m’entraîner des douleurs. Peut-être un jour les têtes fémorales vont-elles transpercer le tout… La meilleure solution serait de faire à l’arrêt quelques exercices pour renforcer ce digne postérieur. Mais à l’arrêt je suis fatiguée et j’ai tant de choses à faire…

Tous les 50 km je fais une pause.

Dans une station-service j’espére trouver quelque chose à manger. Il n’y a rien, absolument rien. Peut-être vendent-ils de l’essence et encore ce n’est pas sûr vu que personne ne s’arrête. Une poubelle, j’ouvre le couvercle, dedans des bouteilles qui me semblent être des bouteilles d’alcool. Des caisses en métal gris bien alignées m’intriguent, on dirait des petits cercueils.

Installée à l’ombre d’un arbre mon repas sera frugal. Je profite des toilettes libres pour me livrer à quelques ablutions et faire ma petite lessive.

Il fait chaud et ça me va bien, je roule les papattes à l’air, j’aurais presque pu quitter ma polaire mais par mesure de précaution je la garde.

Toujours j’espère faire 200 km et je ne les ai atteint qu’une seule fois.
Je gère à peu près mes batteries, je n’hésite donc pas à les utiliser dans les montées, régénérant à la descente.

Lors de ma première étape j’ai entièrement vidé mes batteries et depuis je n’arrive plus à les recharger complètement, je cours après les volts…
Mais cette première étape où j’ai fait 155 km, monté 3 cols soit 2700 mètres de dénivelée m’a dotée d’une force morale qui vaut bien quelques volts…

Je vole.

Comme d’habitude les derniers kilomètres sont difficiles. Je mets mon mon réveil à sonner pour m’obliger à chercher un bivouac à partir de 20h15.

Devant moi une grande montée, une zone urbanisée, une petite route sur la droite, je la suis mais je suis dans un espèce de lotissement. Je m’arrête, aborde des passants et le « où puis-je mettre ma tente » se termine par une invitation chez eux. J’ai droit à tout : un bain, un repas préparé par Dimitri et ils me laissent leur lit pour dormir. Dimitri a passé 2 ans en Espagne et nous pouvons bien communiquer. Il a lu les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas, pas moi, j’ai honte…

J »apprends beaucoup sur l’Ukraine. J’entends le même discours qu’en Bulgarie : avec le communisme ils avaient beaucoup d’argent mais ne pouvaient rien acheter, maintenant ils peuvent tout acheter mais ils n’ont pas d’argent.

Dimitri et Tania ont 2 filles. Je serais bien repartie avec la toute petite qui est craquante.

La maison est très pauvre décrépie. Pour survivre ils ont des cochons, des poules et un jardin, évidemment tout est bio.

Dimitri va se mettre en quatre pour me faire à manger : une salade composée avec les légumes de son jardin des rondelles de courgettes trempées dans des œufs et frites. le tout est délicieux.
Une tisane d’herbes magiques et du miel. Il faut d’abord manger le miel pour en apprécier toute la saveur et boire ensuite la tisane.

Je vais manger seule avec Dimitri, Tania et ses filles vous manger dans leur coin ou ne mangeront pas ou ont déjà mangé, je ne sais…

Voilà… l’hospitalité ukrainienne…

Conditions météorologiques
Grand soleil, douce chaleur
Vent favorable le matin, défavorable l’après-midi

Production
36 Ah
1695 Wh

Consommation
31 Ah
7,3 Wkm

Réalisation
194 km
D+ 795 m
6h 52′ sur le vélo
Vmoy 28 km/h
Vmax 49 km/h

Merci de me lire
Bisous tout le monde


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1 Commentaire for “Françoise : journal de bord du 5 juillet”

Christine B.

dit :

Super !!! Merci …
Justement en lisant le commentaire d’hier, je me disais, il faudrait peut-être que Françoise mange un peu plus et mieux !!!… vœu exaucé 🙂

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