Françoise : journal de bord – 10 juillet

Bonjour à tous

Ce jour fut une journée d’exception, peut-être la bonne nuit de sommeil y est-elle pour quelque chose, à moins que ce ne soit l’énergie positive envoyée par Amédée que je remercie infiniment.

Je voulais passer la frontière avec la Russie la veille mais je n’étais plus qu’ épave.

D’après mes calculs la frontière est à 60 km, elle l’est.

Une grande ligne droite faite d’une belle route parfaitement asphaltée sans personne, traversant le plus souvent des forêts parfois quelque cultures m’y emmène directement.

Je n’entends aucun des messages d’alerte me disant que je me trompe, mais pour moi je ne me trompe pas c’est l’itinéraire que j’ai tracé sur ma carte, car n’ayant qu’une confiance extrêmement modérée avec tous les engins informatiques, j’ai reporté sur les cartes papiers les chemins que je devais parcourir et donc je le suis les yeux fermés…

Me voici à la frontière je vais y passer 3h.
Il y a des herses partout, des fils de fer barbelés partout, des barrières partout, des chiens méchants partout, c’est vraiment très impressionnant.

Premier contrôle l’homme me demande des euros, il m’explique qu’il en fait collection, je ne le contrarie pas. J’ouvre mon porte-monnaie, il choisit le seul euro que je conservais pour si des fois j’ai besoin de mettre 1 € dans un chariot dans un aéroport international ce qui m’est déjà arrivé deux fois et j’ai dû faire la manche…

Puis il m’oblige à passer dans une chicane avec de grands grillages de chaque côté, je ne peux, il y a une énorme marche. Je retourne le chercher lui demande si je peux passer ailleurs ou sinon de venir m’aider. J’attends quelque temps il vient m’aider mais c’est que ce n’est pas fini. Il y a une chicane que je n’arrive vraiment pas à passer parce qu’en plus d’avoir les fils de fer barbelés il y a un truc en fer qui dépasse en bas et qui accroche la roue de ma remorque, retour à la case départ, redemande d’aide, j’attends, enfin je sors de ce truc.

Deuxième contrôle, malgré le papier qui explique tout ce que je fais dans toutes les langues ça ne va pas. On me met sur le côté et on me dit d’attendre. Je demande pourquoi je dois attendre on me répond parce que you need ok je need et et je wait. Longtemps… Enfin je passe.

Mais ce n’est pas fini je me retrouve derrière des voitures et chaque voiture est fouillée de fond en comble, donc ça prend du temps.
Je suis aussi fouillée.
L’homme me demande d’ouvrir mon coffre. Je vous rappelle qu’une des charnières du couvercle qui sert de panneau solaire est cassé donc quand les opérations ne se font pas correctement ça coince. Je galère à tout décoincer. Il faut vraiment que je fasse arranger cela rapidement.
Ce n’est pas fini il veut voir aussi ce que j’ai dans mes sacoches arrière mais c’est qu’au-dessus de mes sacoches arrière j’ai le sac avec mon duvet, mon oreiller et mon petit drap de soie, le sac avec ma tente qui tiennent avec des tendeurs que j’ai le plus grand mal du monde à mettre en place… Je démonte aussi tout mon petit montage fait pour empêcher l’eau de rentrer dans la sacoche avec la batterie. Enfin c’est fini il suffit que je réinstalle le tout.

J’y vais, passe sur le côté de la barrière. Ah ah mais non ça va pas du tout parce qu’il y avait encore une queue à faire pour montrer le passeport pour la nième fois. L’examen est long, ça va je passe.

Mais ce n’est pas tout 5 mètres plus loin tout recommence, je n’en peux plus, vraiment plus.

Au dernier contrôle l’homme examine mon passeport marmonne un truc émigration remplit un papier je ne cherche même plus à savoir ce que c’est enfin c’est terminé je suis sortie de ce truc infernal.

J’ai dans l’idée à la sortie de la frontière de changer de l’argent mais non il n’y a que des pompes à essence. Pour changer de l’argent c’était de l’autre côté de la frontière ah non mais je vais pas repasser deux fois 3 heures. J’abandonne et je me dis que je me débrouillerai bien sans argent.
J’ai de l’eau et des provisions pour un jour, deux si je me rationne, nous verrons.

Ma route déserte bien asphalteée sauf sur une portion de 10 km en travaux continue et je trace et enfin j’entends les messages d’alerte, trop tard je ne fais pas demi-tour.
En revanche je fais très attention à ne pas rater la bifurcation car je n’ai pas l’intention d’aller jusqu’à Moscou même si je croyais que le match de ce soir était la finale.

Et me voici dans une route enchantée, une route comme je les aime, petite route sans personne, un vrai petit billard roulant. Je m’arrête dans le premier village que je rencontre.
Je me renseigne : y a-t-il une banque où je peux changer de l’argent, il y a-t-il un distributeur automatique ? Regards amusés, on me dit que je peux payer avec ma carte bancaire, effectivement dans l’épicerie je paye par contact avec ma carte bancaire. Cela me change de faire des courses et d’acheter du vrai manger et non plus des trucs chimiques que plus chimiques tu meurs trouvés dans les stations services qui jonchent la M02 que j’ai suivie, je vous le rappelle, pendant des centaines de kilomètres et qui ne présente aucun intérêt si ce n’est de traverser l’Ukraine rapidement…

Je me renseigne sur l’existence d’un garage. On m’y emmène. L’homme laisse en plan ce qu’il était en train de faire, s’attaque à ma remorque, essaie de mettre des rivets, n’y arrive pas, donc retaraude les trous et met des vis et des écrous et tout fonctionne admirablement. Au moment de le payer je lui explique que je n’ai pas d’argent liquide. Nous passons par un traducteur parce que c’est un peu compliqué mais il me dit que je ne lui donne rien. Il a vu dans ma remorque le morceau de pain acheté à l’épicerie, ce pain-là n’est pas bon, il m’offre une grosse miche de pain de sa fabrication et m’indique la route que je dois prendre pour suivre mon itinéraire personnel qui me convient très bien.

Beaucoup de pauvres masures quand même, mais tout est fleuri, c’est magnifique.

J’ai fait 170 km, plus le passage de la frontière plus la panique engendrée par les messages disant que j’étais partie pour le cercle polaire arctique, tout cela fait que je suis fatiguée.

La recherche d’un droit de bivouac est un peu difficile. Ici ils ont la manie de creuser de très très larges fossés mais quand je dis très large ça fait au moins 20 m rendant les champs totalement inaccessibles.
J’explore plusieurs endroits, les uns sont des marais, l’autre ne m’offrira pas le soleil du matin, celui-là sert de WC public, enfin je trouve l’endroit idéal : on ne me voit pas de la route, j’ai du soleil l’après-midi et j’aurai le soleil le matin.

Je dors tellement bien que c’est le soleil qui arrive sur ma tente qui me réveille j’ai donc perdu une demi-heure…

Je m’arrête d’écrire 5 minutes je vais aller faire le régulateur.

Ici en général il fait grand beau le matin et l’après-midi ça se couvre. Les photons il faut les prendre quand ils sont là et d’avancer avec les batteries pleines c’est quand même plus agréable que de partir les batteries vides…

Les nuits sont fraîches voir froides et la rosée est très importante.
Un petit vent frais venu du Nord rafraîchit aussi l’atmosphère.

Un bon repas de charcuterie-fromage-pain viendra clore cette super belle journée, enfin sauf la frontière mais c’est une expérience intéressante.

Je suis arrivée avec la haine de la Russie avec leur histoire de visa et au bout d’une demi-journée j’en suis tombée amoureuse, je ne vais quand même pas y moisir.

Pour la première fois dans ma tente j’ai trop chaud, pour la première fois je peux mettre mon duvet à aérer dehors.
Je me mets à l’ombre sinon je vais refaire un petit malaise.

Quelques chiffres

Pas ceux de la production, dommage car je n’ai pas reseter mon cyclanalyste, mais je suis partie avec 52 volts un exploit.

Consommation
33 Ah
9,3 Wkm (pas d’économie…)

Réalisation
170 km
D+ 700 m
6h 30′ sur le vélo
Vmoy 27 km/h
Vmax 45 km/h

Merci de me suivre.
Bisous tout le monde


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1 Commentaire for “Françoise : journal de bord – 10 juillet”

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