Francoise : Journal de bord du 1er aout

Le 1er août 2018
Bonjour à tous

Cette nuit à l’hôtel m’a fait beaucoup de bien, même si je me suis couché trop tard, même si le soleil me réveille dès qu’il se pointe, même si je me sens encore fatiguée.

Vite j’enfile un vêtement et je descends. Mon vélo est garé derrière la maison voisine, il est dans une cour, il est parfaitement orienté vers le soleil, je n’ai pas besoin de le bouger ce qui est très agréable car tout vélo solaire qu’il est il reste un semi-remorque difficile pour moi à manœuvrer.

Je vaque à mes occupations habituelles agrémentées en plus du séchage des vêtements, il y en a que je vais installer sur mon vélo, il y en a que j’accroche sur le fil d’étendage dans la cour avec mes propres pinces à linge. Ils seront décrochés mouillés, ce sera dur de les récupérer, mes pinces à linge elles, ont été squattées…

À chaque fois que je traverse la cour pour vérifier la charge de mes batteries je me gèle, le vent est très fort et glacial. Je sais qu’il me sera favorable, rien que d’y penser c’est déjà un grand bonheur. Peut-être vais-je enfin réussir un chrono ?

Je pars avec des batteries chargées à 52,5 volts, cela ne m’etait pas arrivé depuis Chamonix, je ne sais pas si mes batteries vont s’en remettre.

Je pars tard mais tant pis, il faut que je relâche un peu la pression sinon la cocotte minute va exploser. Je me dirige vers le centre-ville, on m’a dit que j’y trouverai tout ce dont j’ai besoin. Ce centre-ville est mal individualisé. Aral me fait un peu penser à Sajama, petit ville au pied du sommet de la Bolivie, petit ville que j’imaginais tel un petit Chamonix, petite ville où je pensais trouver de l’argent, un bon restaurant faire laver mon linge, Sajama n’était qu’un hameau, portes closes, personne dans les rues, un vent de sable terrible.
La seule différence entre ces deux villes est qu’à Sajama il faisait – 10, ici il fait 17, à Sajala les volcans fumaient, ici la mer s’est évaporée, à Sajama il n’y avait pas une seule voiture ici il y en a peu mais elles arrivent à faire des embouteillages, à klaxonner, à s’énerver…

Pour rassembler ce dont j’ai besoin, c’est-à-dire recharger mon téléphone en unité internet, acheter du Nescafé, du pain, de l’eau, des choses qui se mangent, peut-être trouver une pile pour mon compteur, il me faudra faire quatre magasins. Quant à la pile il ne faut pas rêver.

Me voici enfin sur la route de tous les records, elle est belle, un vrai petit billet roulant, le vent est très fort et favorable. Il est glacial, mais l’ayant dans le dos je ne le sens pas. En revanche c’est un vrai bonheur pour mes panneaux solaires, je je vois grimper la charge jusqu’à 200 watts en roulant, jamais je n’ai vu ça.

Je suis heureuse et j’avance facilement craquant les watts quand j’en ai besoin. Si la roue de mon pédalier avait quelques dents supplémentaires je pourrais aller plus vite, là je suis limitée à 34 km/ heure, au-delà je ne peux plus pédaler, je suis vraiment dans la choucroute.

Je traverse une zone merveilleuse, c’est un désert, il est quelque peu vallonné, le sable est presque ocre, quelques touffes d’une herbe que je ne connais pas agrémente le paysage et les chameaux sont en troupeaux, divaguant parfois sur la route…

J’ai faim. Je suis partie sans manger et ce n’est pas une erreur, depuis la fracture explosion de ma vertèbre j’ai fait énormément de recherches sur la nutrition et faire du sport l’estomac vide, contrairement aux idées reçues est excellent pour la santé, cela permet au sang de se concentrer sur les organes nécessaires au sport, de se sentir plus léger et de brûler les mauvaises graisses. Reste que j’ai faim, mais quand je me fixe un objectif j’essaie de le tenir.

Ma pause se fera dans un abri bus hélas très venté. Le vent est toujours aussi glacial, donc au soleil on cuit, à l’ombre on se gèle…

Hélas la route tourne, le vent lui ne change pas de direction et reste toujours aussi violent. Je l’ai maintenant en plein sur le côté gauche et cela devient très dangereux. Les camions qui arrivent en face à une vitesse folle me chahutent beaucoup. Je me cramponne.

J’écourte ma pause de fin de journée car un nuage s’est interposé entre le soleil et mes panneaux.

Je reprends mon pédalage du soir mais le vent ne se calme pas.

Je me serais bien installé cette nuit à côté d’un bâtiment qui ressemble soit à un bâtiment mortuaire soit à un lieu de culte, mais ne connaissant pas les usages de ce pays je préfère m’abstenir.
J’emprunte donc le chemin suivant sablonneux. J’ai beaucoup de mal à franchir le rebord et je bataille ferme pour installer ma tente. J’apprécie le fait d’avoir installé un double système d’haubannage et je mets des piquets partout.

Il fait nuit, j’ai presque fini mon installation, 3 voitures passent. L’une s’arrête et m’offre un énorme melon jaune qui pèse peut-être 5 kg.

Voilà ce fut une excellente journée, un vent favorable, un soleil généreux, une belle route, que demander de plus ?

Conditions météorologiques
Soleil, rares nuages
Vent du nord violent glacial favorable puis de côté

Production, sous réserve, hier quand je l’ai noté il faisait nuit, j’étais épuisée
54 Ah
2630 Wh

Consommation
24,17 Ah
1244 wh
7 Wkm

Réalisation
171 km

Merci de me suivre.
Bisous tout le monde

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3 Commentaires for “Francoise : Journal de bord du 1er aout”

Christine B.

dit :

Merci pour tout ce descriptif… pour un peu, on s’y croirait !
Merci aussi pour les photos, notamment celle de la « ville fantôme » (?) qui a pourtant belle allure avec tous ces petits clochetons… (?) « coupoles » seraient plus juste…
On voit bien qu’ici les habitants doivent composer depuis longtemps avec un climat particulièrement rude et la chance que nous avons d’avoir (encore) des arbres et de l’eau.
Je radote, peut-être un peu à ce sujet ?… 🙂 mais je ne voudrais pas voir notre Lac du Bourget s’évaporer … 🙁 …
Bonne continuation ! et Bravo ! … ça roule …

benoit

dit :

bravo Francoise pour tes récits trés jolis, avec une petite pointe d’humour mais comment tu n’as pas relevé ta production exacte mais cela ne va pas du tout du tout…. lol bonne route et bientôt la Chine

Christine B.

dit :

Eh ? l’organisation … 1er Juillet ? y’aurait pas une erreur dans la date en titre ? 🙂 … à lire après le récit du 31 juillet évidemment …

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