Françoise : journal de bord du 2 juillet

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Bonjour à tous

À peine le soleil s’est-il levé, il est très tôt, pas encore 6h du matin, que je saute comme un lapin hors de ma tente pour bien orienter mes panneaux solaires et prendre le maximum de soleil.

Je pars avec 52 volts, cela ne m’était pas arrivé depuis Chamonix.

J’ai dans l’idée de dépasser les 200 km mais une frontière m’arrêtera non tant par les formalités à accomplir que par le changement d’heure et je ne fais que 192 km…

La route nationale 4 s’avère moins difficile que prévu, la circulation est moins importante que je ne le pensais et les camions me respectent beaucoup quant aux voitures ce ne sont pas les chauffeurs de dimanche et ils ne me klaxonnent pas. Et puis les petites roulettes de mon vélo finalement m’offrent une grande stabilité. En revanche qu’est-ce qu’elle est cassée cette route, elle est vraiment en mille morceaux et mon dos soufre, soufre. Le bruit des voitures me fracasse toujours autant la tête.
Champs de blé et de maïs se partagent le paysage.

Je rejoins Debrecen. Petite pause quand même après 70 km sur le parking d’une station-service où je me ravitaille, c’est vraiment très bucolique mon voyage !!!

Mon google maps m’oriente parfaitement. Bientôt je quitte cette nationale 4 pour une route plus petite moins fréquentée mais encore plus cassée. Le concours de route cassée entre l’Italie et la Hongrie est ouvert. Je pense quand même que c’est l’Italie qui va gagner.

Toute la matinée le soleil brille j’appuie comme une malade sur les pédales et j’essaie de tenir plus de 30 km/h.

Hélas à partir de 11h le ciel va se couvrir et je ne vais plus charger. J’ai étudié la météo normalement demain matin le soleil devrait briller j’arrive donc à mon étape avec des batteries quasiment vides et nous voici repartis dans la chasse aux volts.

Ce matin j’ai rencontré le propriétaire du champ et nous nous sommes salués. A la campagne le risque d’agression est quand même très faible.

Et… surprise me voici sur un petit billard roulant, extraordinaire, j’avais oublié depuis la Slovénie que cela pouvait exister et je trace. J’ai chaud, j’ai froid. Je traverse de belles forêts. Dans les villages souvent de superbes églises, les enfants jouent dehors.
Tout de noir vêtus des gens reviennent d’un enterrement.
Vie paisible et tranquille de villages hongrois et d’une Sun Tripeuse un peu fêlée qui les traverse à toute vitesse sans jamais prendre la moindre photo…

Je fais une deuxième et dernière pause parce que je vois le soleil qui sort évidemment ça chauffe trop donc mon régulateur met tout en sécurité et ça ne charge plus. Je débranche le panneau supplémentaire et… le soleil se cache…

Une personne dans une voiture s’arrête et s’intéresse à ce que je fais. Il ouvre son coffre et m’offre un gros paquet de pain. Je crois que assise sur mon trottoir, attendant pour les autres je ne sais quoi et ayant atteint déjà un certain degré de maigreur je dois faire pitié.
Quand même ce cadeau me touche beaucoup. Avant il m’arrivait de refuser des cadeaux pour ne pas me charger inutilement et puis j’ai compris que je faisais beaucoup de peine aux gens, alors j’accepte tous les cadeaux et ceux autant inutiles que lourds je les offre à d’autres personnes et comme cela je fais ma petite chaîne de l’amitié.

Une autre personne s’arrête et s’intéresse lui aussi beaucoup à ce que je fais. Il réussit à me faire comprendre qu’il ne parle ni le français ni l’espagnol ni l’anglais mais qu’il a appris le russe à l’école.

Lasse d’attendre un hypothétique chargement car le soleil s’est de nouveau caché je repars.

J’appuie toujours autant sur les pédales même de plus en plus et puis je réalise qu’il va être trop tard pour franchir la frontière. Certes je vais la franchir à 20 h heure hongroise, ce qui me laisse tout le temps de chercher un bivouac mais il sera 21h heure ukrainienne et je vais avoir un avertissement et ça, ça me rappelle ma jeunesse, je ne supporte plus.

Enfin le soleil sort j’ai fait une croix sur l’objectif de dépasser les 200 km je m’arrête et charge un peu.

Le premier champ un peu dégagé fait l’affaire pour mon bivouac, je m’enfonce un peu pour m’éloigner de la route.
Je communique sur Facebook et l’on me dit que les picots vont crever mon tapis de sol, crever mon matelas et je ne sais quoi encore. Mon frère me dit qu’il y a 70001 ours dans les Carpates, bref comme d’habitude on me prédit 1000 catastrophes mais maintenant ça ne me touche plus. Et si j’écris ces lignes c’est que je suis encore vivante.

Depuis le début je me rends compte que je me suis trompée sur les dates de mon visa russe. En reprenant mes notes lors du weekend de préparation au Sun Trip, j’ai vu que Guillaume Devotnous avez conseillé de compter sur 28 jours entre le départ et l’arrivée en Russie mais les autres Suntrippeurs m’ont tous conseillé de prendre du 1er au 30 juillet. J’ai écouté les autres oubliant que je n’étais pas les autres.
J’ai beaucoup perdu de temps au nord de Milan en avançant en ellipse puisque quand osmand avec son langage particulier me disait au rond-point de prendre tout droit moi je prenais à gauche. J’ai aussi perdu du temps quand j’ai affronté les 3 jours de gros mauvais temps.
Donc je suis juste et j’angoisse. Je compte et recompte les kilomètres bref quand je serai sortie de Russie je pousserai un gros ouf de soulagement et m’offrirai un maousse restaurant.

J’apprends que deux suntripeurs ont dû déclencher la balise d’urgence. Raph le leader a eu un accident de la circulation mais il a pu reprendre la route car pas de dommage corporel ou de la machine, l’autre Mickael le Tchèque s’est fait voler et agresser dans la nuit. J’ai un peu peur pour lui, je ne sais ce qu’il a fait avant comme voyage mais je le sens très démuni quand à sa recherche de mise en sécurité pour la nuit, de plus il ne parle pas d’autres langues que le Tchèque.

Et voilà une journée de suntrippeuse comme les autres…

Conditions météorologiques
Soleil jusque 11 h puis couvert
Vent contre froid modéré
La nuit la température tombe à 10° et la rosée est très intense.

Production
36,7 Ah
1777 Wh

Consommation
Arrivée à 44, 3 volts
33, 2 Ah
8,2 W/km

Réalisation
192 km
D+ 204 m
7h sur le vélo
Vmoy 27 km/h
Vmax 204 m

Merci de me suivre.
Bisous tout le monde


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2 Commentaires for “Françoise : journal de bord du 2 juillet”

Gérard

dit :

Merci, merci et encore milles merci Françoise pour ton récit qui tous les jours nous fait voyager un peu plus loin !… que ces ondes d’énergies (et pas que celles du soleil) continues à t’accompagner dans ton voyage.
A te suivre !

Christine B.

dit :

L’Ukraine à traverser avant d’entrer en Russie ? le relief a pas l’air trop important… Alors pour le visa russe ça devrait passer !
Merci de nous raconter tant de choses du quotidien sans être uniquement branchée sur la mécanique ou la performance 🙂 et photos toujours très sympas,… Bonne route…

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