Francoise : Journal de bord du 3 août

Le 3 août 2018
Bonjour à tous

Les jours se suivent et ne ressemblent pas.
Hier ce fût une journée très difficile ce jour est une journée très facile et surtout très gratifiante.

Toutes les conditions étaient réunies pour que je fasse un chrono : mes batteries pratiquement pleines au départ 53,5 V un grand ciel bleu, peu de nuages l’après-midi, peu ou pas de vent, je me suis dit c’est le jour ou jamais je vais battre mon propre record c’est-à-dire faire plus de 200 km et me voilà partie.

La seule chose que je regrette c’est de ne pas avoir plus de dents à mon pédalier car franchement j’aurais pu aller beaucoup plus vite et faire beaucoup plus de kilomètres. Je me cale sur 30, 33 /km heure, j’essaie de ne pas trop consommer car j’ai de la puissance dans les jambes et vraiment je pourrais aller mieux, enfin ce n’est pas tous les jours que je pourrais utiliser des dents de plus.

Je me fixe un objectif de 100 km sans m’arrêter et je le tiens puis je fais une petite pause dans un abri bus, je recharge, je me nourris un peu et je repars.

Le paysage change. La steppe jaune fait place à un paysage beaucoup plus vert d’abord de steppe puis nous passons dans un endroit qui fait penser à la Camargue avec de l’eau, beaucoup d’eau et des chevaux en liberté. J’ai aussi rencontré beaucoup de rivières, les camionneurs m’invitant à rejoindre leurs ébats mais moi… Je trace… Je pense que Michael a dû en profiter pour se baigner car il adore ça. Moi quand j’ai décidé de tracer je trace, je m’arrête quand même pour faire une photo, enfin c’est exceptionnel.

La température pour moi est parfaite je n’ai ni trop chaud ni trop froid.

Les 200 km approchent et voilà un restaurant de routier, j’ai le choix entre continuer et je sais que je peux atteindre 240, 250 km mais demain je vais avoir l’estomac vide et je ne vais plus rien faire, soit m’arrêter et essayer de manger du poulet. Je choisis la deuxième solution.
J’ai beaucoup de mal à faire comprendre ce que je veux mais enfin j’y arrive le poulet en brochette est délicieux mais je l’attends longtemps donc je suis un petit peu limite au niveau du temps d’autant plus que je suis juste à la limite où il y a un changement d’heure parce que le Kazakhstan est sur deux fuseaux horaires.

Mon poulet dégusté je repars je me dis j’atteins mes 200 km et je cherche une aire de bivouac mais c’est que la nuit commence à tomber… A 202 kilomètres je trouve un endroit atteignable, je ne plante pas la tente, il fait beau je bivouaque à la belle étoile. Quelques moustiques vont m’importuner mais mon produit très chimique et très toxique aura raison d’eux.

Pour m’installer je dois encore franchir quelques bosses et vraiment je ne peux pas, autant mon bras et mon épaule gauche me laissent tranquille quand je suis installée sur mon vélo et que je ne bouge pas, autant pousser mon vélo, le retenir, atteindre la béquille, faire les petites gestes de la vie courante sont pour moi un calvaire.

Je pense avoir fait le diagnostic de ma pathologie c’est un syndrome de la coiffe des rotateurs c’est bien embêtant. Ca se traite d’abord par du repos, pas longtemps, il faut vite remobiliser, anti-inflammatoire éventuellement infiltration puis mouvements de rééducation qui sont exactement les mêmes que ceux que j’ai dû faire pour la fracture de l’apophyse coracoide de mon omoplate donc ça je sais faire. Je vais essayer de ménager mon bras et mon épaule au maximum en faisant attention de ne pas arrêter mon vélo dans des endroits ventés. Je pense que je suis sortie de ce vent épouvantable jusque Almaty et pour la Chine je ne sais pas parce qu’il y a le désert de Gobi… Mais je vis ce voyage jour après jour, inutile de stresser d’avance.

Tandis que j’écris avec difficulté car mon téléphone est déchargé et bien que j’ai 3 batteries externes il n’y en a pas une qui marche correctement, donc je galère.

Il est 9h du matin heure locale, ça commence à chauffer sérieusement il va falloir que je sois très vigilante sur l’eau à la fois celle que j’ingère et celle que je mets sur moi.

Je pense que je vais encore faire un chrono parce que je suis sur une autoroute, il n’y a pas trop trop de monde, il n’y a pas beaucoup de vent et le ciel est d’un bleu bleu.

Et voilà tout va bien à part la fesse droite qui me fait mal quand je pédale, irritation en haut de la cuisse droite qui me fait mal quand je pédale, et le bras et l’épaule gauche qui ne me font pas mal quand je pédale mais qui me font mal tout le temps quand je ne pédale pas voilà.

Moral au zénith

Conditions météorologiques
Soleil, rares nuages l’après-midi
Peu ou pas de vent
Températures agréables

Production
1545 Ah
1679 Wh

Consommation
31,5 Ah
7,6 Wkm

Réalisation
202 km
D+ 167 m
6h 26′ sur le vélo
Vmoy 31 km/h
Vmax 40 km/h

Merci de me suivre.
Bisous tout le monde

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5 Commentaires for “Francoise : Journal de bord du 3 août”

Christine B.

dit :

… comme cela on est bien au courant de tout :-)) et même de « la coiffe des rotateurs » ! … ? … faut être initié pour savoir ce que c’est :-).
merci de prendre tout ce temps pour récit et photos sur ce blog
Bravo et Bon courage pour la suite…

benoit

dit :

françoise exceptionnel 202 kilometres dans la journée, grand sourire mais rincée elle trouve encore la force de nous narrer sa journée et fort bien, mais aussi de se faire un petit diagnostic médical bravo à toi et bon courage

Bart Van Laer

dit :

Bravo Françoise, nous sommes des grands supporters de Raf mais ton courage et persévérance (ainsi que de tous les autres encore en chemin) force le respect et admiration.
Merci d’encore trouver le temps de nous laisser des beaux récits.
Bravo
Bart

BONHOMME

dit :

Bien loin de la Chine, je suis passé à Jonchères, mercredi 25 juillet, pour aller rencontrer Pascal Baudin, maire de Bellegarde (très sympa).
Tout ça pour te dire qu’en arpentant tes terres drômoises, je pense beaucoup à toi, avec ton visage buriné par le soleil et les efforts quotidiens.
Que tu arrives à déplacer -seule- ton vélo, m’épates alors que nous étions à trois au gîte de Valence, pour cela. Quand il roule, certains problèmes doivent s’estomper.
Bref, arrivant à Canton ..(bientôt, évidemment !), parmi tes analyses d’exploit, pourquoi ne pas travailler sur un minimum d’allègement ? Mais ne brûlons pas les étapes !
bises, bernard

Marlène Sandor

dit :

Je suis épatée par cet exploit de Françoise et lui transmet toute mon admiration , je vais suivre ces exploits assidûment pour me motiver à faire du sport .
félicitations chaleureuses , marlène

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