Françoise : Journal de bord du 30 juillet

Le 30 juillet 2018
Bonjour à tous

Réveillée dès l’aube je surveille le ciel. Une énorme boule rouge sort de l’horizon, c’est impressionnant, je n’ai jamais vu ça. J’ai vu la boule rouge du soleil qui se couche, j’ai vu la lune rousse, mais une boule comme ça le matin jamais. Elle est magnifique, on dirait presque un coucher de soleil. Mais de soleil il n’y aura pas. Je vais devoir avancer motorless et à la pédale comme disent les jeunes. Heureusement il n’y a pas de vent sinon je resterai clouée sur place.

Sans soleil pour charger je n’ai aucune raison de partir tard, j’écris donc mon petit journal de bord, je me prépare rapidement et j’y vais.

La route est excellente, un vrai petit billard roulant, c’est là que les champions ont du fait leur chrono avec du soleil et un vent favorable. Et moi je me suis excitée l’autre jour sur une route très mauvaise qui me secouait dans tous les sens et qui me fracassait. J’ai encore mal à l’épaule et au poignet gauche tellement je me suis arqueboutée sur le guidon.

À propos de bobo j’en ai un qui m’inquiète un peu à l’entrejambe droite. Je l’ai soigné, il me faudrait de la seconde peau mais d’habitude je n’ai aucun souci à ce niveau-là et je n’en ai donc pas pris. D’habitude je ne fais pas non plus du vélo à un rythme aussi intensif, privilégiant plus le tourisme et les rencontres que les performances physiques.

J’avance donc lentement et difficilement sur ce petit billard roulant m’imagineant tel un Éric Morel ou un Stéphane Bertrand volant avec du soleil et un vent favorable…

Quelques gouttes de pluie ne me gêneront pas. Au bout de 40 km le soleil sort, vite je m’arrête. L’endroit n’est pas très favorable mais ce sera peut-être le seul rayon de soleil de la journée et je ne veux pas le rater. J’effectue avec mon vélo un demi-tour quelque peu périlleux, je mets le panneau supplémentaire pour pouvoir capter le maximum de watts et je fais le contrôleur, c’est-à-dire que j’ai les yeux rivés sur le cyclanalist, quand le soleil sort ça monte et à 230 watts tout est coupé, j’anticipe et cache 2 ou 3 panneaux puis le soleil se recouvre , je découvre les panneaux . Ce petit jeu va durer une heure. Durant ce temps la police passe, s’inquiète de mon sort et me propose de l’eau, il faut dire que la température monte de plus en plus.

Le paysage a changé il est devenu très steppe, c’est-à-dire une petite herbe rase jaune. Les rares villages ont disparu, les fermes isolées aussi. Ce n’est quand même pas le no man’s land de la Patagonie Argentine car ici il y a une route et sur la route des gens et puis quand même on trouve des points de ravitaillement. Dans l’un d’entre eux je j’achète des faux mmm immangeables, des bonbons également immangeables et ce qui s’avérera être des graines de tournesol. Tandis que je vous écris ma petite histoire le vent souffle très fort mais il me sera favorable et… il pleut. Il suffit que j’arrive dans une des régions les plus arides du monde pour qu’il se mette à pleuvoir, et pire il fait froid. Hier la chaleur était insoutenable.

Je traverse une région de collines magnifiques mais pas de photo parce qui dit photo dit arrêt, dit redémarrage et consommation d’énergie, donc tout cela restera dans ma tête…

À la bifurcation avec Izgid une zone de cafés. Je m’arrête mange pâte et espèce de ragoût, à mon avis de chèvre, j’ecarte minutieusement les oignons et bois un café car les accès de somnolence sur la route ont repris et je fais un malaise. Heureusement l’usage ici est de manger un peu comme les romains avec une grande table basse centrale entourée de banquettes où l’on peut s’allonger, ce que je fais. Le malaise ne passe pas, je me sens vraiment mal, il fait très chaud, il n’y a pas de climatisation. Je me renseigne sur la possibilité de dormir. L’établissement fait effectivement hôtel, mais ici pas d’eau courante donc ni toilette ni douche. en revanche à l’entrée de chaque restaurant il y a a un lavabo avec au-dessus une réserve d’eau qu’ils alimentent régulièrement. Je mouille le foulard que je porte sous mon casque et je repars, je n’ai plus de batterie mais le vent m’est favorable et ça va.

Dès que je trouve une zone de bivouac je m’arrête. Je commence à m’installer mais je trouve que je suis trop près de la route, je prends mon courage à deux mains et je m’éloigne dans la steppe.

Malgré mon épuisement je me douche à la gourde. Le sommeil est long à venir.

En ce moment je suis malade, diarrhée, douleurs abdominales. Le vent essaie de coucher la tente, il fait froid, je suis bien dans mon duvet, si il n’y avait pas ce train à prendre j’y passerai la journée, je l’ai déjà fait en Amérique du Sud.

Je vais me reposer encore un peu et tenter de rejoindre Aral à plus d’une centaine de kilomètres , mes batteries sont vides, il n’y a pas de soleil, j’espère que le vent me sera favorable, sinon c’est mission impossible.

Voilà, vous l’avez compris, pour la première fois de ce voyage je suis dans la difficulté.

Conditions météorologiques
Couvert
Deux seuls rayons de soleil
Forte chaleur
Pas de vent sauf en milieu d’après-midi contre et en fin de journée favorable.

Production
16 Ah
736 Wh

Consommation
13,3 Ah
5,4 Wkm

Réalisation
109 km
5h 12′ sur le vélo

Merci de me suivre.
Bisous tout le monde

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5 Commentaires for “Françoise : Journal de bord du 30 juillet”

Gui

dit :

Je suis très régulièrement ton journal de bord Françoise, toujours un plaisir de te lire et un grand respect pour ce que tu fais !
Et après la pluie le beau temps 🙂

THIRION Michel

dit :

Qu’elle humilité..et tant de choses apprises sur tous les plans. Allez les batteries vont se recharger avec la forme que vous avez maintenant. Et le solail ne peux que revenir

Bernard D.

dit :

Chapeau Françoise !
Nous sommes nombreux à te suivre et à partager tes exploits, ton enthousiasme comme tes coups de mou… Courage !
Puisse la synergie dégagée par les commentaires te donner un coup de pouce. Compte sur nous !
Bernard (le mari d’Annick)

benoit

dit :

mes enfants sont admiratives de Francoise qui a le meme prénom et le même age que leur mamie et ils me disent régulièrement qu’ils sont admiratifs

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