Françoise : journal de bord le long du Danube

Le 1er juillet 2018

Pendant 3 jours chez moi j’ai étudié l’itinéraire pour réussir à contourner Budapest. Nous n’avons le droit de prendre le ferry que pour certains lacs bien précis et pour les rivières. J’interroge donc l’organisation pour savoir si les fleuves peuvent aussi se traverser en ferry. J’ai leur accord, alors voilà mon itinéraire est tout tracé. Je vérifie qu’à Lorev, tout petit village il y a bien un ferry, il y en a. En revanche malgré mes recherches sur internet je ne trouve pas les horaires.

De très bonne heure le matin je suis devant le Danube un bateau de croisière passe cela me rappelle mon voyage d’il y a 2 ans où j’ai remonté le Danube depuis presque sa source jusqu’à son embouchure.

Un couple arrive, ils mettent leur bateau à l’eau. Je les interroge « y a t-il un ferry » « oui, oui il y en a un » « dans combien de temps » une heure » une heure devient 10 minutes, c’est facile de faire changer les gens d’avis, il suffit de prendre un air navré et pour vous faire plaisir les gens vous disent ce que vous avez envie d’entendre. Je leur demande si ils ne peuvent pas me faire traverser dans leur petit bateau, non ce n’est vraiment pas possible…

Quelle langue je parle ? Ils ne parlent pas français, il ne parlent pas espagnol il ne parlent pas anglais, je ne parle pas hongrois. En fait je parle le langage universel, allez donc savoir, partout où je suis passé j’ai réussi à me faire comprendre et comprendre ce que les gens me disaient. Des gestes, des regards, des mots glanés ici ou là, des mots qui parfois se ressemblent…

J’installe donc mes panneaux solaires pour continuer à recharger mes batteries, au passage j’oublie de relier le panneau fixe au régulateur, donc ça ne sert à rien…

Fait à souligner, ce matin je suis partie avec 50 volts et bien ça ne m’était pas arrivé depuis Chamonix.
Pour les néophytes mes batteries sont de 48 volts chacune ce qui veut dire que à 42 volts elles sont vides et à 54 volts elles sont pleines. Alors vous expliquer pourquoi ceci est un grand mystère… Pourquoi ne pas avoir dit que les batteries était de 54 volts puisque à 54 volts elles sont pleines et qu’à 48 volts elles sont à moitié vides…

Le jour où je pourrais partir batteries pleines je vais bomber. Pour l’instant je continue à appuyer beaucoup sur les pédales et à gérer au mieux ma consommation solaro-électrique.

D’autres personnes arrivent. Je leur fais confirmer qu’il y a bien un ferry, il va arriver dans une demi-heure, puis après ça devient 10 minutes, et puis je vois arriver des voitures et des cyclistes et je suis rassurée, c’est sûr il y a un ferry et dans pas trop longtemps.

Je le vois partir de l’autre rive, vite je me prépare. Le ferry est, comme beaucoup de petits ferries sur le Danube, fait d’une embarcation avec un moteur qui traîne une barge, c’est un petit peu folklore.
Heureusement que dans le restaurant où j’ai payé en euro on m’a rendu en monnaie locale. J’ai donc un billet, je me renseigne pour savoir si ça va suffire, oui ça va suffire.

En ce moment dans les stations-service où je me ravitaille en eau et en nourriture ils n’acceptent pas mes euros, alors je paye en carte bancaire et quand je vois ce que je paye, soit 3 €, je me dis que je risque d’avoir plus de frais de carte bancaire que ce que je paie en nourriture.

Le ferry est là on fait d’abord descendre les voitures puis on fait monter les voitures et enfin les vélos. Je ne suis pas trop rassurée parce que ça bouge beaucoup et j’ai peur que mon vélo ne me tombe dessus. Les autres cyclistes sont très intéressés par mon engin, nous parlons, séance photo et nous voici déjà sur l’autre rive.

Il fait beau le vent n’est pas encore trop fort le moral est au zénith.

Je me suis donné un défi aujourd’hui : dépasser les 200 km, je ne l’atteindrai pas, je fais seulement 200 km et pas un kilomètres de plus…

Si j’avais suivi Google Maps en mode auto sans autoroute il m’aurait fait passer par Budapest, d’où l’intérêt quand même de préparer son itinéraire avec des cartes et d’emmener les cartes parce que si je n’avais pas emmené les cartes (en fait je n’ai que des bouts de cartes, j’ai fait des photocopies sur du papier ultrafin pour m’alléger le plus possible), si je n’avais pas emmené les cartes j’aurais été très ennuyée.

Il fait beau le soleil brille, je suis sur de petites routes souvent très cassées jusque Szilnok. Tout va très bien.

Le paysage est campagnard parsemé de petites villes.

Puis je suis la nationale 4 c’est juste une horreur et encore nous sommes dimanche il n’y a pas les camions, parce que cette nuit c’est une file ininterrompue de camions qui empruntent cette nationale 4.

Elle est bien sûr interdite aux vélos, aux tracteurs et aux charrettes, mais la police encore rencontrée ne me dit rien.
En revanche certains automobilistes me klaxonnent méchamment.

J’aurais pu prendre de petites routes mais cela me faisait remonter beaucoup plus au nord, emprunter encore un ferry et de toute façon rejoindre une autre nationale pour arriver à Debrecen, et vous l’avez compris je joue la vitesse.

Je serre les fesses et j’avance. En plus d’être une nationale au trafic très intense et ici ils roulent à une allure folle, elle est toute cassée et mon dos encaisse, encaisse, encaisse.

J’applique ma nouvelle technique de pause tous les 50 km avec recharge batteries et femme. À ma deuxième pause le vent se calme un petit peu (car il est redevenu fort, contre et froid) et donc ne refroidit pas les panneaux et j’ai à nouveau le même problème de régulateur qui coupe tout quand ça arrive à 268 watt et que les panneaux solaires sont chauds. En clair mon régulateur n’accepte pas les surchauffes du panneau solaire que je déploie à l’arrêt.

L’eau que je récupère au cimetière est quelque peu jaunâtre, je rajoute une pastille. Dorénavant je crois que je vais acheter de l’eau.

Lors de ma troisième pause à la station-service j’achète entre autres deux sandwichs pour en manger un tout de suite et un pour ce soir. J’avale les deux coup sur coup, plus une gaufrette au Nutella…

Il me reste 60 km à faire et c’est très dur. Un homme dans un petit camion me double et me redouble, visiblement il veut m’interviewer, mais c’est au-dessus de mes forces, il est 19h et j’ai appuyé comme une malade sur les pédales pour arriver à faire mes 200 km sans tomber en panne de batterie. Je lui lance un : « sorry I can’t, I make a competition »

À 200 km pile je me mets à chercher un bivouac. Je le trouve tout de suite : un immense champ dans lequel demain je vais pouvoir recharger mes batteries. 4 ou 5 lapins courent partout…

Je suis fatiguée et m’endors comme un bébé.

Conditions météorologiques:
Beau temps, couvert de 11 heures à 15 heures
Vent contre froid

Production
35,6 Ah
1736 Wh

Consommation
32,6 Ah
1607 Wh
7,7 Wkm

Réalisation
200 km
D+ 222 m
6h50′ sur le vélo
Vmoy 28 km/h
Vmax 40 kl/h

Merci de me suivre.
Bisous tout le monde


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