Jour 6 : Cerignola > Bari (116kms)

Quel bonheur de dormir sur un vrai matelas et avec un oreiller très moelleux, cela me change du matelas autogonflant et de mon oreiller gonflable. Nous sommes trois dans la chambre avec François et Olivier, qui lui, à préféré dormir par terre que de ne pas pouvoir partager un lit double, dans la chambre d'à côté, qu'Antonio s'est empressé d'occuper dans sa diagonale. Il s'est endormi chaussures aux pieds et encore tout habillé. Même son réveil, genre musique FisherPrice, n'a pas raison de lui et on doit le réveiller vers 8h30. Mary nous a dresser une table magnifique avec gateaux, confiture, biscottes. Elle me fait un café Lavazza et m'explique que je peux le jeter si je ne l'aime pas car sa grande cafetière n'a pas servie depuis longtemps et a peut-être perdue le goût. Il est bon et j'en prend un deuxième. Je souhaitais lui offrir des patisseries et des fleurs, c'est impossible. Nous sommes en banlieu HLM où il n'y a aucun magasin à proximité. Mary me confie, par contre, qu'elle fait la collection des magnets de frigo. Tout le monde lui en ramène de ses voyages et son frigo est un puzzle de souvenirs qu'elle m'explique. Je décide donc de lui en envoyer un plus tard, surement un escargot de bourgogne en étain fabriqué par mon ami Franck.

L'inertie du groupe nous fait partir vers 10h plutôt qu'à 8h00 comme prévu.
Mary nous ouvre le garage de Gino qui arrive à son tour. Séance photos avec eux ainsi que Sophie, 8 ans et Virginia, 10 ans, ses deux petites filles. Après des tonnes de remerciements et les rangements de remorque, Olivier et moi prenons la route pour Bari.
Aujourd'hui nous avons moins de 100kms à parcourir. On part en direction de Trimoli en empruntant une route agricole au milieu des oliviers, des abricotiers, des pêchers et des vignes hautes. Il n'y a peronne, ça roule bien. L'arrivée à Trimoli est digne d'un bon Western, je siffle même l'air d'Il était une fois dans l'ouest d'Enio Morricone. Une rue principale assez déserte, les hommes à la terrasse d'un café. On s'arrête faire le plein d'eau au troquet. La curiosité habituelle des gens nous fait expliquer une dizaine de fois :
– Cos e ?
– E una bicci elettrica con il motor dantro la ruota davanti. Le batterie sono dantro il rimorchio et i pannelli solari ricarchiare le batterie.
– Ah daccordo, e facile con il motore sansa le gambe !
– No e difficile perche e una assistanzia, e necessito de pedalare. Ieri hanno fate due centi e venti kilometri.
– Dove venire ?
– Della Francia, siamo francese e fato un gran giro (là je leur montre la carte imprimée sur la remorque) Vengo de Chambery, a dopo to Milano al Expo, a dopo Bari, a dopo Durres in Albania, dopo la Grecia, a dopo la Turckia a Antalya che e la citta de la prossima Expo, a dopo in Capadoccia e a dopo reviendamo a Milan dal i balchani.
– Grande !
C'est effectivement plein de fautes mais les gens sont bien compréhensifs.
Nous allons chacun notre tour remplir nos gourdes au bar et l'ambiance dehors, autour des vélos est assez étrange, mélange de curiosité et de regards douteux sur l'étranger. Deux jeunes arrivent en voiture, lunettes de soleil Rayban, très sûr d'eux, posent les questions habituelles. Ils sont intrigués mais ils restent en position de domination. Je fais un peu le mariolle et ça passe, l'un d'eux finit même par me montrer les photos d'un VTT qu'il a trafiqué lui même façon tunning avec des leds partout. On rigolle mais ce n'est pas totalement détendu. Avec Olivier on surveille bien les affaires, toujours.
On repart et on décide de reprendre le bord de mer. A Barletta on retrouve plus de touristes et l'ambiance paraît plus rassurante. Pause casse-croute où on assiste à une lutte affrénée entre un Faucon pelerin, je crois, faisant du vol stationnaire au dessus des rochers de la digue, qui plonge d'un coup et attrappe un rongeur. Il le relache et la souris ou le petit rat tombe à l'eau. Il essaie de remonter sur les rochers et à chaque fois, un vague le ramène dans l'eau. Il se bat contre les éléments et finit par se sauver au bout d'une dizaines de tasses d'eau salée. On est épatté de cet instinct de survie.
Un homme avec una Vespa jaune, de 1972, complètement restaurée, s'arrête devant les vélos. On se prend mutuellement en photos et on continue vers Bari.
Notre arrivée à 5kms du port est très compliquée, nous sommes coincés entre la fameuse 4 voies SS16 que nous refusons d'emprunter, les voies ferrés, l'aéroport et une zone militaire. Après plusieurs détours, analyse des cartes GPS, coups de gueule, nous arrivons enfin sur le port de Bari ou les douanniers nous disent qu'on n'est pas au bon terminal et qu'il faut encore faire 2kms On en a marre, on va acheter les billets et manger un plat de pattes et un pizza avant d'embarquer.
Je tchatche les douanniers à l'embarquement, on rigole et on attend notre tour au cul du bateau avec les camions et les voitures. On doit partir à 21h00 pour Durres.
On voit arriver vers 21h10 l'équipe Go4Ecomobility qui viennent de parcourir 220kms avec pour Laurent Dalou ses 15 points de suttures sur le tibia gauche et 5 crevaisons pour son coéquipier. Ils embarquent dans l'autre bateau pour Durres avec la deuxième compagnie maritime. On n'a pas de nouvelles d'Anick Pelchat, qui, on pense, a pu prendre le bateau pour la Grèce. Antonio n'est pas au rendez-vous, il n'est pas arrivé à temps.
On nous fait garer les vélos au fond du parking dans une « special safe place ». Cool, on est avec les voitures de luxe, genre gros 4×4 Mercedes.
Le bateau daigne enfin partir vers 23h30 pendant que je suis au bar avec Ben, un albanais vivant à Bruxelle qui me raconte toute sa vie d'immigré clandestin entre l'Italie, l'Allemagne et la Belgique. Je passe un très bon moment en sa compagnie et il m'apprend les rudiment albanais.
Je vais enfin me coucher, sur le pont arrière du bateau, dans mon sac de couchage avec mes papiers et mon ordinateur, téléphone en guise d'oreiller. Je suis bien. Demain, Albania.

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