La chance sourit à l’univers qui conspire

« La chance ne sourit pas à ceux qui lui font la gueule » – La Rue Kétanou

Nous avions donné cette phrase comme devise pour notre trip et nous nous y tenons. Par exemple ce matin, nous étions sur des routes de bonne qualité (si l’on prend les autres routes du pays en référence) et j’ai cassé l’attache de ma remorque. C’est arrivé une mauvaise journée car nous étions vraiment très motivés pour atteindre au plus vite la prochaine grosse ville afin de profiter du sacro saint Wifi-douche. Cependant nous avons décidé de ne pas grogner. Après avoir pris 40 bonnes minutes pour faire des réparations de fortune nous nous sommes remis en route et par les lois du hasard ces 40 minutes perdues nous ont été précieuses car nous avons fait une super rencontre.

 Sur le bord de la route, alors que nous étions en train de préparer un repas à base de nouilles chinoises, les mains pleines de suie, une voiture s’est arrêtée et trois hommes en sont sortis. Au début, je ne leur ai pas prêté trop d’attention, je voulais rouler, rouler, rouler, mais quand on vous parle avec gentillesse c’est dur d’ignorer les gens, surtout quand ils se mettent à parler anglais. Celui qui semble être le patron nous explique qu’il serait heureux d’en savoir plus sur notre trip et que nous devrions aller à l’hôtel « Dastan » à Aktobé car son bureau est juste à côté. Là il commence à essayer de nous expliquer comment y aller, il demande à ses acolytes, mais ça semble trop compliqué à expliquer. Alors tout naturellement, il nous dit de l’appeler quand nous serons à l’entrée de la ville et il nous enverra son chauffeur. Je crois que c’est à ce moment que l’on a compris que l’on avait à faire à quelqu’un d’important.

On reprend la route et arrivés à Aktobé, on appelle comme prévu et le chauffeur arrive à notre rencontre pour nous guider jusqu’à l’hôtel. Arrivés là bas nous sommes reçus par un inconnu et le front office manager, qui est très agréable avec nous. Certes l’hôtel est cher, mais on sent là un vrai intérêt pour nous, pas comme dans tous ces hôtels de « luxe » Hilton ou Mariott où l’accueil est souvent faussement sympathique. Le chauffeur nous presse un peu car son patron lui a demandé de nous amener chez le soudeur, mais il doit être revenu assez rapidement. Nous vidons nos remorques et nous le suivons un peu allégés. Aktobe  002

Chez le soudeur on est relativement efficace car l’on a maintenant l’habitude de démonter nos remorques pour éviter que les fils électriques ne chauffent trop lors de la soudure. Les gens qui s’occupent de nous sont fort sympathiques. Comme Emilie est une femme ils ne l’interrogent pas sur le côté mécanique, à côté de ça elle a le droit à son jus de fruit frais pendant que je crame. Les réparations se font rapidement et lorsque l’on veut payer le garagiste nous fait signe que c’est cadeau de la maison. 

En chemin vers l’hôtel on apprend que des journalistes nous attendent. Emilie a tout juste le temps de prendre une douche que nous devons y aller. Le front manager joue le rôle de traducteur pendant plus d’une heure entre nous et la journaliste. A la fin de l’interview il nous explique qu’il aime bien voir des voyageurs car ça le change de son quotidien. Comme il est apparu dans l’interview que nous n’avions pas mangé de cuisine traditionnelle kazakhe, il demande auAktobe  008 chef de nous en préparer un après son service vers 22h.

A peine remontés à la chambre l’estomac d’Emilie nous dirige vers le bar-restaurant de l’hôtel afin de manger une pizza en attendant le plat traditionnel. L’inconnu de tout à l’heure nous rejoint et il se révèle que ce n’est pas moins que le patron de l’hôtel. Nous discutons pendant 30 bonnes minutes et c’est là que nous découvrons plusieurs choses intéressantes :

– Le mec qui s’est arrêté un peu plus tôt dans la journée, n’est autre que le député de la région et aussi PDG de la holding à qui appartient l’hôtel.

– Nous sommes les invités du patron et à ce titre nous ne payons ni le bar, ni le restaurant. Nous avons même la chance de partager ce fameux repas traditionnel Emilie, moi et le directeur de l’hôtel, avec un service premium évidemment.

– Le directeur de l’hôtel nous met un chauffeur à disposition pour le lendemain matin afin que nous puissions faire nos différentes courses tranquillement.

– Le check-out n’existe pas pour nous.

– Le directeur de cet hôtel était auparavant à Almaty, dernière ville kazakhe que nous avons prévue de visiter avant repartir en France, et à ce titre il se propose de s’assurer que nous soyons bien reçus dans son précédent hôtel.

– Avant d’aller me coucher, le directeur fait livrer une bouteille de Cognac de sa réserve personnelle dans notre chambre.

La chance elle est bien là et nous lui faisons un grand sourire.

Guillaume

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