L’univers conspire v2

700 kilomètres ces 4 derniers jours, c’est 500 kilomètres de plus que dans le même laps de temps à notre arrivée en Russie. On a écrasé la pédale d’accélération grâce au vent de dos, au grand soleil, et au fait que je roule désormais avec les deux panneaux exposés ce qui signifie que je n’ai plus besoin de m’arrêter pour charger.

Nous avons donc enfin atteint la frontière kazakhe après cette magnifique traversée de la Kalmoulkie et de sa capitale, Elista. 5000 kilomètres en 48 jours, on est loin du record du tenant du titre mais sans batterie on joue pas dans la même catégorie et puis on avait pas l’intention de rusher le parcours sans rien en voir, donc je suis contente !

L’entrée au Kazakhstan signifie d’abord traverser 300 kilomètres au milieu des champs d’exploitation de pétrole avant d’atteindre la civilisation, à Atyrau.
Hier au matin, après une nuit orageuse, réveil sous la pluie. Un peu démoralisés parce qu’on avait prévu d’atteindre Atyrau le jour même dans l’espoir d’une douche qui se faisait attendre – depuis 5 jours – on ne s’est mis en route que vers 11h quand le soleil a pointé son nez. Un départ si tardif dans la journée avec 160 kilomètres à faire, c’est pas infaisable mais c’est loin d’être joué. Surtout quand à 50 kilomètres de la ville à 16h de l’après-midi, quand l’angle des rayons solaires décline rapidement, on a commencé à s’orienter sud-est avec le vent de biais. A partir de là, notre vitesse est tombée en-dessous de 20 km/h, et c’est au mental et aux jambes que ça se joue. On a pas lâché jusqu’à apercevoir les buildings d’Atyrau à une trentaine de kilomètres de nous. Et c’est précisément le moment le plus dur car on est tout proche mais 30 kilomètres avec le vent de face et un soleil rasant, c’est physiquement éprouvant. C’est aussi à ce moment-là que je me suis souvenue d’un passage de l’Alchimiste. Abandonner et s’arrêter là aurait été « mourir de soif en apercevant l’oasis ». C’est inconcevable 🙂Atyrau J1 002

Alors on a appuyé plus fort sur nos pédales et on a fini par nous faire guider par un 4*4 jusqu’à un hôtel, mettant un terme à notre étape de 175 kilomètres ! Atyrau vit du pétrole, les hôtels sont fréquentés par des businessmen alors les prix sont élevés. Malgré tout, on a estimé mériter notre hôtel et notre copieux dîner, on s’est pas privé ! Pour nous récompenser de nos efforts, la journée du lendemain a été pleine d’heureuses et surprenantes rencontres.

Nous avons décidé d’aller à Aqtobe en traversant la steppe, en ligne droite, sans faire le détour plus sûr mais plus long par Ural. La route y est de très mauvaise qualité donc aujourd’hui, un peu de préparation s’imposait !
On décide donc d’aller acheter des chambres à air. Sur le chemin, un 4*4 blanc nous klaxonne. Je m’arrête, le gars me fait signe qu’il descend. Il me baragouine quelque chose en russe, je crois comprendre qu’il veut prendre une photo puis il me montre son téléphone et alors je le reconnais ! On l’a déjà croisé dans la steppe, il s’était arrêté nous prendre en photo et nous avait offert de l’eau fraîche. Je me marre, un peu étonnée de le retrouver. Il me parle de nouveau en russe, je lui dis que je ne comprends pas très bien et il finit par me lancer un « money? ». Je suis un peu interdite, je bredouille quelque chose et il ouvre son portefeuille pour me fourrer deux billets dans la main. Stupéfaite, je le remercie et le voilà qui saute de nouveau dans son 4*4, me klaxonne et fait au revoir de la main. Je retourne voir Guillaume, lui dit que le gars m’a donné 20 000 tenge. Grand sourire… Ca représente une centaine d’euros.
Pour info, Atyrau est juste à côté de la mer Caspienne où on trouve de nombreuses exploitations de pétrole et où on produit du caviar, il y a donc pas mal d’argent dans le coin. J’en reste abasourdie.Atyrau J2 010

Plus tard, nous cherchons un électricien, en quête de fusibles pour le controller. On est guidé vers des bureaux qui vendent des générateurs électriques. Ils n’ont pas de fusibles mais le boss est de très bonne volonté. Comme il commence à pleuvoir comme vache qui pisse – normande la vache, je précise – Ali, le patron, nous invite à boire un café. Lui et ses deux collègues réfléchissent, passent des coups de fil et finissent par trouver un magasin qui vend ce dont on a besoin. Il pleut à torrent dehors, alors ils appellent un taxi et Guillaume va chercher les fusibles avec le patron pendant que je reste à Atyrau J2 012l’abri dans le bureau. Il revient tout sourire. Ali a offert les fusibles et la course en voiture. Vu le temps et les vingt centimètres d’eau dans la rue, on se dit qu’avec ce que nous a offert notre donateur inconnu, on peut se permettre une nuit d’hôtel en plus.La jolie collègue d’Ali nous trouve ça à côté de la boutique et pour un prix « raisonnable ». On les remercie très chaleureusement et on va se planquer du mauvais temps à l’hôtel.

Un long article pour dire que, vraiment, l’univers conspire.

Emilie

J'aime, je partage ! *** If you like it, share it!
Share on Facebook
Facebook
Share on Google+
Google+
Tweet about this on Twitter
Twitter
Pin on Pinterest
Pinterest
Share on LinkedIn
Linkedin
Share on VK
VK