Michel : réaction sur son abandon

Je rêvais de républiques en stan et de la Chine et à peine entré en Ukraine, je mets la barre à gauche toute et vire à l’ouest.

Je n’avais évidemment pas prévu de sortir si vite du Suntrip, encore moins pour des problèmes de formalités douanières, mon visa russe est trop court et je n’ai plus la possibilité de traverser la Russie. J’avais prévu une semaine de plus que mes estimations les plus pessimistes, mais les problèmes techniques rencontrés jusqu’ici m’ont coûté bien plus en temps.

C’est d’autant plus difficile à accepter que je me sens en pleine forme. Mais sans la certitude de pouvoir quitter le territoire sans connaître d’autre casse, je ne peux prendre ce risque. Par respect pour les miens, pour l’organisateur et aussi parce que c’est financièrement un risque que je ne pourrais assumer.

Le matin, c’est devant un véritable précipice que je me réveille, un vide immense que je dois affronter. Pendant plus d’un an, je n’ai vécu que pour ces moments où je serais dans les steppes, dans le désert du Taklamakan ou dans une ville grouillante. Je dois, dans un premier temps, trouver la motivation pour continuer à pédaler, il faut bien que je rentre chez moi. Je vais essayer de faire de cette galère une croisière cyclotouristique.

Je suis triste évidemment, mais pas désespéré, car ce morceau de Suntrip m’a déjà tellement donné. J’ai découvert l’Europe de l’Est que je ne connaissais pas. J’ai fait des rencontres et j’ai constaté que la beauté des gens surpasse bien souvent celle des paysages. Durant ces longues journées, ces kilomètres de pédalage dans des lignes droites interminables, je me suis aussi (re)découvert. L’inscription devrait être remboursée par la sécu.

J’ai tendance à dire « Je reviendrai en 2020 ». Pas si simple, je connais maintenant la face sombre de l’épreuve. A côté des belles rencontres, des paysages époustouflants, il y a aussi ces journées sur des routes défoncées, frôlé par des camions et des voitures qui passent à toute allure sous un soleil accablant (et pour d’autres sous des pluies dilluviennes), ces passages douaniers et certaines rencontres qui laissent un goût amer car comme pour les paysages, tout n’est pas toujours beau.

La vie est belle, n’oubliez pas de vivre.


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1 Commentaire for “Michel : réaction sur son abandon”

Christine B.

dit :

Quand les « éléments » se déchainent, il faut parfois savoir renoncer. Ce qui compte c’est le chemin … 🙂 Bravo d’être arrivé en Ukraine ! …
A coté des magnifiques rencontres et des beaux paysages, on peut imaginer combien ces grandes routes passagères sont difficiles et parfois dangereuses pour des vélos.

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