Mon Astana, mes Astanas

Les SunTripeurs ayant posé devant la tour Bayterek après 7500km d’efforts en conviendront tous : Astana, c’est synonyme de l’objectif réussi et de délivrance. Je n’ai pas fini mon aventure à Astana, je prévois de la finir en ma belle ville du Puy-en-Velay après une boucle de 5700 kilomètres, échangeant Bayterek avec la statue Notre Dame de France. Alors, objectif atteint ? Délivrance ?
Délivrance ?

Je ne peux parler de délivrance comme mes amis qui ont subi les nids de chameau, la pluie, la boue et le vent des steppes kazakhes. Côté météo je n’ai eu que 2 jours de grisaille et 4 orages. Côté technique, je n’ai souffert que d’une roue voilée, d’une crevaison, de la casse de 2 boulons et d’un câble, et surtout du faible rendement de mes panneaux. Tout fût concentré sur un temps très court, mais ramené à 3 mois et 5000km, ce n’est rien…
…sauf pour les panneaux qui m’ont obligé à trouver des délivrances chaque soir, prenant trop souvent la forme d’un hôtel.

Objectifs

Quand on a un objectif lointain, on se fixe des petits objectifs à court et moyen terme. Par exemple : trouver à manger dans le prochain village, faire une étape de 100km…

À l’échelle de l’aventure Sun Trip et des 8000km prévus, mes objectifs étaient de voir la Bulgarie et la Turquie, et surtout y rencontrer la population, et encore mieux des musiciens. Pour dialoguer avec ces derniers j’emportais accordéon et flûte kaval, mes cordes vocales.

J’ai traversé la Bulgarie où se sont concentrés mes pépins mécaniques. Afin de stopper l’hémorragie j’évitais les petites routes, me privant alors de rando dans la montagne à Vratsa, Koprivshtitsa…et la traversée de petits villages où le café aurait servi de lieu de rencontre.
Ainsi donc j’ai roulé vers l’Est, et n’ai qu’une seule rencontre spontanée ayant débouché sur une levée de coude et un hébergement. C’est trop peu. Musicalement, ma dernière soirée avec mes amis dans un restaurant à Chernomorets, un gajdar (cornemuseux), une chanteuse… un bon moment d’échange.

Privilégiant la Turquie à un raccourci marin qui m’aurait mené en Russie, j’activais le plan B : traversée Nord-Sud pour rejoindre les îles grecques.
Malgré le ryrhme soutenu imposé par un ferry, j’ai eu le temps de rencontrer de nombreux cyclistes (à Kırklareli, Keşan, Muğla et Marmaris), par le biais du réseau WarmShower, des clubs, d’une vélorution (manifestation). Une escapade à Istanbul m’a permi de visiter et écouter des musiciens de rue, c’est ma seule soirée musicale turque.
Mais côté rencontres, j’ai vraiment apprécié la Turquie. Chaque arrêt en station service suscitait la curiosité et le thé m’était offert, parfois plus.

Pour combler le manque de musique, je décidais d’aider un peu le sort en m’inscrivant à un séminaire de chants bulgares à Houdetsi, en Crète. Sans le savoir, je mettais les roues, les pieds et les oreilles dans le village le plus musical de l’île. Ross Daly en directeur artistique du musée, des séminaires, des concerts et du festival.
Au-delà des harmonies vocales et musicales, tous les participants sont en harmonie d’esprit, d’ouverture, de partage. Des lieux comme la taverne de Yiannis y sont propices. Plusieurs nuits nous avons chanté hébreu, turc, grec, bulgare. Irréaliste de faire chanter des israëliens en arabe et des prières soufies ? Irréaliste de chanter et jouer la musique du peuple ottoman qui fût l’envahisseur en Crète ? Non, tout est normal, nous sommes à Houdetsi !
Bref, j’y retournerai !!! Et je commence déjà, j’y suis resté une deuxième semaine, préférant découvrir le chant classique ottoman à rouler dans l’Ouest de l’île !

Autres occasions de sortir l’accordéon : à Albertville avec mon trio « La Malatz’Banda » en guise d’au revoir, remercier notre hôte de Morgex, remercier Maria Grazia et toute l’équipe de la Croix Rouge italienne, une belle rencontre avec Viktor et Slobodan.

Les objectifs au quotidien

La recherche d’un gîte pour la nuit, mon handicap rend l’opération parfois difficile. Y arriver c’est une délivrance, un but atteint, un mini Astana en somme !
Faire une approche grâce aux hôtels référencés dans le GPS, s’arrêter à chaque panneau, sortir les jumelles pour les lire. Les points du GPS ne sont pas toujours exacts, parfois la crise est passée par là et c’est fermé…
Et puis en Turquie, faire confiance uniquement aux gens suite à la perte des jumelles… et quand je pense que le turc est la seule langue de mon voyage où je ne comprends vraiment RIEN ! Le temps passé à chercher et la fatigue accumulée, je saute sur le premier hôtel trouvé, pas toujours bon marché…

L’Astana final

À moins de 1000km et une grosse semaine du retour au bercail, mon Astana est Le Puy-en-Velay. Arriver à Marseille en bateau, retrouver progressivement ma famille, mes collègues, mes amis SunTripeurs, mes routes de Haute-Loire, mes Compains festoyeurs, mon atelier pour améliorer mon destrier, mon travail après cette belle pause estivale.

Astana est en vue !

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