Francis Cottard

Un décès pour une renaissance

62 ans

Beaucoup d’entre vous connaissent le début de cette histoire mais très peu la suite et encore moins en connaissent la fin. Alors, en route :

Voyageur éternel, à pied (Compostelle), en bateau (Transat) ou en vélo et donc ultra fan du Sun Trip depuis l’origine, j’ai suivi l’édition 2013 jour après jour avec une grande admiration pour les participants qui développaient chacun des talents différents : sportivité, humour, résilience. Cette admiration m’a conduit à rencontrer Tom Papay, le concurrent qui me parait avoir le plus de mérite compte tenu de son handicap.

Je me suis donc retrouvé quelques jours au départ de l’édition 2015 à Milan pour soutenir Tom qui replongeait pour la deuxième fois, ainsi que pour découvrir de visu les concurrents et les machines de cette deuxième édition. S’y est développé la folle envie de participer un jour à cette belle aventure.

Ayant noué suffisamment de contacts pour être informé de tout ce qui se passe concernant le Sun Trip, j’apprends un jour que Bernard Cauquil, l’extraordinaire vainqueur de l’édition 2015, est contraint de vendre son non moins extraordinaire engin, la Libellule, pour pouvoir financer ses futurs exploits sur l’IncaDivide 2017.

Après des nuits blanches à cogiter, je n’ai pu laisser passer une si belle occasion et je me suis retrouvé chez Bernard pour prendre livraison de l’engin. Le petit galop d’essai effectué dans sa rue me confirme que, bien qu’entraîné au vélo couché à deux roues, il va me falloir un bon entrainement pour dompter la bête.

Puis, la raison a repris le dessus : au fur et à mesure des entraînements, j’ai compris que jamais moi, cycliste minable, ne serait à la hauteur de l’engin, de son exigence physique et de son équilibre évanescent. Mon admiration pour l’exploit qu’a réalisé Bernard a encore augmenté.

Pire, compte tenu des dénivelés qui nous attendent pour ce Sun Trip 2017, j’étais quasi certain de finir dans un ravin, ridiculisant par la même occasion l’épreuve, son créateur ainsi que la Libellule et son créateur. Vision d’horreur pour un amoureux du SunTrip comme moi !

Alors, malgré un dernier voyage à Lourdes, la mort dans l’âme, j’ai décidé d’interrompre brutalement la carrière de la Libellule pour la figer dans sa gloire éternelle et que personne, surtout pas moi, ne vienne jamais entacher son palmarès de légende.

Des larmes plein les yeux, à genoux comme un pénitent, un à un, j’ai débranché tous les câbles de la Libellule. J’ai vu son Genasun ralentir, j’ai senti son Cyclanalyst défaillir, puis sa batterie se vider. Elle s’est éteinte paisiblement dans mes bras. Rassurez-vous, elle n’a pas souffert.

Elle vit désormais au Panthéon des machines de légende, intacte à jamais dans sa virginité et sa gloire, juste entre Marilyn et James Dean.
Ou entre Gérard Philippe et Patrick Dewaere, pour les plus chauvins.

Sur sa dépouille encore tiède, délicatement, j’ai prélevé un à un tous ses organes : panneau, batterie, moteur, moyeu, Genasun, Cyclanalyst et les ait conservés dans la glace.

En contrebande, je me suis procuré le squelette délicat d’une sylphide à trois pattes affublée du nom peu poétique de Catrike 700. Puis, tel le Docteur Frankenstein aidé du Docteur Pobeda ainsi que des conseils du Professeur Cauquil, j’ai greffé tous les organes de la Libellule sur ce nouveau squelette. Le miracle de la vie s’est accompli !

Ainsi est née la Tribellule, fille de la Libellule et du Catrike 700. Je serais avec elle au départ du SunTrip Tour 2017 pour vivre de l’intérieur l’aventure de la mobilité douce au long cours.



Catrike 700
Vélo / Bike

Ezee 200 48V
Moteur / Engine

Lithium polymère 1056Ah
Batterie / Batteries

Clean Fizz  405W (6*60W & 3*35W)
Solaire / Solar

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