Rainy Bulgaria/ Il pleut en Bulgarie

Total: 3233 kms

Day 25 – 20/06/2015 – 120 kms – Ruse à Chumen

I had probably had one too many beers last night, making the waking up phase of my day particularly difficult. I wonder around the flat trying to get my thoughts straight waiting for the two lovebirds, who will finally show up at around 10:30. Louis, Marie’s boyfriend, went out partying after the restaurant with a friend of his. And, by the look of his staggering gait, it looked like fun! We join our efforts to exit Roger out of the flat, and here we are back on the road again. A young couple, mischievous but very sweet, that I’ll pleasure in seeing some other time; in London, who knows?

Après un réveil rendu difficile par l’abus inconscient de bières hier soir, je comate quelques heures en attendant les deux tourtereaux qui n’arriveront pas avant 10 :30. Louis, le copain de Marie, est sorti finalement hier, après le restaurant. Et ça n’avait pas l’air triste vu son état ! On parvient tant bien que mal à faire sortir l’engin de l’appartement, et c’est reparti. Un jeune couple taquin mais très attachant que j’aurais plaisir à revoir si ils passent à Londres !

IMG_1053But I can feel the day isn’t going to be very easy for me, I am really tired from yesterday’s mini-party. I can feel every muscle of my body begging me to halt for a few minutes. But I need to carry on, I’m already very late! Lesson number I-don’t-remember, a beer never means just a beer, a beer often calls for another one. And although that’s very pleasant when you have the luxury of spending the next day in a couch, it’s not necessarily adapted for a bike rally. Marie had not lied when she had told me roads in Bulgaria are really catastrophic. So, I try to enjoy the beautiful landscapes. Another farmer’s land, with wheat fields as far as the eye can see, strewn with purple patches of lavender flowers.

Bref, la journée s’annonce difficile, je suis absolument crevée de la mini soirée de la veille. Je sens tous les muscles de mon corps me supplier de faire une pause. Mais il faut que j’avance, j’ai déjà pris beaucoup de retard ! Leçon numéro je-ne-sais-plus-combien, une bière n’est jamais qu’une bière, et appelle le plus souvent une autre bière. Et bien que ce soit très sympa quand on peut se permettre de mourir dans un canapé le lendemain, ce n’est pas forcément adapté à un rallye en vélo. En plus, Marie ne m’avait pas menti, les routes en Bulgarie sont vraiment toutes pourries ! Du coup, je me relativise en admirant les beaux paysages. Encore un pays d’agriculteurs, des champs de blé s’étendant à perte de vue, parsemés de quelques patchs violets où l’on a fait pousser de la lavande.

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As I am looking on the internet for a place to sleep in a gas station just before Chumen, a bunch of bikers stop by. It’s quite funny to see these thirty or so big guys in black leather jackets with fringes and skull and cross-bones sign everywhere, all huddled up around Roger. One of the gas station attendant tries vividly to communicate with me, but he only speak Bulgarian and, I don’t if it’s accent, but I really don’t understand anything he is saying! After some time, I understand he is trying to tell me which hotels are good in the next city. Why not. As long as it’s not overpriced, I am so tired, I’ll accept anything. But it looks very complicated, he starts calling his mother and sisters to get info or I don’t really know what. I tell him that it’s ok, I’ll find a hotel by myself. As soon as he understands this, he looks really pissed off, vexed. “If you don’t need me, that’s fine, go and look by yourself” (that’s what I understood). So, I end up telling him that finally, I accept his offer to help him and he smiles again, as if nothing had happened. At 7pm, after the end of his shift, he brings me to a 4-star hotel in the centre of the city. I think he didn’t understand my request… Not expensive! We end up finding a convenient hotel a little further along the road, he helps me pull the bike up the stairs and into the lobby (not an easy task) and leaves saying he would have gladly invited home but, unfortunately, he has no place for Roger. Next time maybe, because now the only thing I can think of is that sweet sweet pillow waiting for me.

Alors que je cherche un endroit pour passer la nuit dans une station-service juste avant Chumen, une bande de motards s’arrêtent. C’est assez drôle de voir cette trentaine de gros bras s’affairer autour de Roger, avec leurs vestes en cuir noires à franges et leurs enseignes de têtes de morts collées un peu partout. Un des pompistes essaie de communiquer avec moi, mais ne parle vraiment que Bulgare et je ne sais pas si c’est son accent mais pour le coup je ne comprends rien du tout à ce qu’il me dit. Au bout d’un moment je déchiffre qu’il cherche à m’indiquer les bons hôtels de la ville. Soit, tant que ce n’est pas hors de prix, je suis tellement crevée de toute façon. Mais ça a l’air très compliqué, il appelle sa mère, sa sœur etc ! Je lui explique que je vais partir en ville et que je trouverais bien mais aussitôt, il se vexe. « Si tu n’as pas besoin de moi, et ben très bien » (ce que je comprends). Du coup, je me reprends et accepte son aide, et le revoilà avec un sourire jusqu’aux oreilles ! Après son boulot, vers 19 heures, il me guide à un hôtel 4 étoiles du centre-ville. Non, je veux un hôtel pas cher ! Finalement, on trouve un hôtel raisonnable il m’aide à monter le vélo dans le mini vestibule et part en me disant qu’il aurait préféré m’inviter dans sa famille mais qu’il n’avait pas la place pour Roger. Ça sera pour une autre fois, parce que là je ne rêve que d’une chose, c’est m’écraser dans un oreiller !

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Day 26 – 120 kms – Chumen à Banevo (Burgas)

After an amazing sleep, I wake up very motivated, ready to eat up those kilometres to make up for yesterday’s loser day. But, the weather puts a damper on my optimism: it’s raining, and it won’t stop all day. For the moment, it isn’t heavy rain, just a thin continuous rain, but there’s no sun, and the sky is very dark. With the very little energy left in my batteries, I still manage to tell myself I can do it, before realizing that the nice and flat wheat fields are slowly transforming into hills, and then, into mountains. The Balkans won’t have spared me. Since Chumen, hopefully, I am following a beautiful road, number 73, leading directly to Burgas. Unfortunately, there is nothing, nothing at all, along this road. No gas station, village or even dogs (particularly surprising). So I have to stop, in the middle of nowhere, under the rain, to try and pick up the few Watts the shy sky brightness yields.

Une bonne nuit plus tard, je me lève motivée comme jamais, prête à bouffer les kilomètres de la journée pour me rattraper de l’échec de la veille ! Mais très vite, je suis refroidie, il pleut, et il ne s’arrêtera pas de pleuvoir de la journée. Pour l’instant, pas de grosses gouttes, heureusement, une pluie fine continue, mais il n’y a pas de soleil, pas du tout, le ciel est très sombre. Avec le peu d’énergie qu’il me reste je me dis quand même que ça peut le faire, avant de me rendre compte que les champs de blés plats se transforment petit à petit en collines, puis en montagnes. Les Balkans m’en auront fait baver. Depuis Chumen, j’ai récupéré une route en super état, la 73, qui mène à Burgas. Malheureusement, il n’y a rien (rien du tout) le long de cette route. Ni station-service, ni village, même pas de chiens. Je m’arrête, faute de jus, au milieu d’un champ, sous la pluie, et tente de capter les quelques Watts que veulent bien me céder les timides éclaircies.

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The road is smooth but long and monotonous. So, I decide to try a 20-kms shortcut through villages to Aytos then Burgas. At this point… does it really matter? After not even a kilometres, I’m regretting my choice. The road isn’t bad, no, it’s much worst, it’s the shittiest track I’ve seen in my life (and no, I’m not exaggerating). Imagine a pothole field, thus impossible to avoid, recovered with a bed of thick gravels, at least 30 centimetres. At least, I build up a new skill: cycling in gravel roads, I just don’t have the choice! I suffer, Roger trembles. Could it be worst ? Actually, it can. A few kilometres before Aytos, the thin rain gives way to a very strong storm, an impressive downpour. I am drained and drenched to the bone in a few minutes, in spite of my poncho. Mes glasses are covered in rain drops, I can’t see anything. Impossible to carry on. And Burgas is still over 25 kms away.

La route est lisse mais longue et monotone. Du coup, je décide de tenter un raccourci de 20 kms qui passe par plusieurs petits villages avant de rejoindre Aytos puis Burgas. Au point où j’en suis ! Je n’ai pas fait 1 kilomètre que je regrette déjà ce choix. La route n’est pas mauvaise, c’est bien pire, c’est la piste le plus pourrie que j’ai vu de ma vie (et non je n’exagère pas). Imaginez un champ de nid de poule, complétement impossibles à éviter, recouvert d’un lit de graviers épais, probablement d’une trentaine de centimètres à minima. Au moins, j’acquiers une nouvelle compétence : rouler dans le gravier, je n’ai plus le choix ! Je souffre, Roger tremble. Ça ne pouvait pas être pire ? Et ben si, quelques kilomètres avant Aytos, c’est l’orage cette fois,  un déluge impressionnant, je suis trempée jusqu’à l’os en 15 minutes, malgré mon poncho. Mes lunettes sont recouvertes de gouttes, je n’y vois plus rien. Impossible d’aller plus loin. Et je suis encore à 25 kilomètres de Burgas, sans batterie.

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As I take a break in a gas station considering the fact that I’m just not going to make it to Burgas, as a blessing from heaven, I receive a text message from Alla, the girl hosting me tonight. Finally, she decided to go to their villa 15 kms west of Burgas that is 15kms closer to my position, to spend the night and are waiting for me there! What were the odds? I can’t believe it! I muster the courage and dive into the storm. But these last 10 kms are a real torture. When I finally arrive in Banevo, I find Alla and her son, Tim. Natasha, her best friend, and Mickey (yes pronounced like Mickey mouse), her husband, have gone out shopping to make a barbecue! So nice! After wringing out my socks and jersey, we sit down in an open wooden shelter around the warm barbecue. A few centimetres away, great sheets of rain continue falling.

Alors que je me repose dans une station-service en me disant que peut-être, voir surement, je n’atteindrais pas Bourgas, comme un cadeau venu du ciel, arrive un message d’Alla, la fille qui doit me recevoir chez elle ce soir. Finalement, elle ne sera pas à Burgas mais à 15 kms à l’ouest, c’est-à-dire dans ma direction, et un plus, dans une villa ! Quelle chance, je n’en reviens pas ! Je prends mon courage à deux mains et part braver la tempête. Mais ces dix derniers kilomètres seront une véritable torture. Quand j’arrive enfin à Banevo, je retrouve Alla et son fils, Tim. Natasha, sa meilleure amie, et Mickey (oui comme Mickey mouse), son mari, sont partis faire des courses pour faire un barbecue ce soir ! Trop sympa ! Après avoir essoré chaussettes et jerseys, on se pose dans le petit abri en bois ouvert sur l’extérieur. On s’installe autour du barbeuc, bien au chaud, alors qu’à quelques centimètres de là, tombent des rideaux de pluie à n’en plus finir.

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Alla came to Bulgaria when she was pregnant, to look for a suitable environment to raise her child. This Russian couple instantly fell in love with Bulgaria’s nature diversity and Bulgarian’s friendliness. “There are 3 types of Russian” says Mickey « Fanatics of Putin, those who end up in prison, and those who try to escape, us”. But Alla is the one who is most revolted by the current regime and seems disgusted when the word “Putin” is pronounced or when a reference to the Ukrainian affair is mentioned. “They are liars. Of course Putin controls everything happening there”. Mickey comes from Moscow, Natasha and Alla from a town close to Ekaterinburg, but they have lived in Moscow for a while. From their point of view, people are unpleasant there. In Bulgaria, it’s so different, people are open-minded. The mentality is somehow very close to Russians and their language is very similar, which makes things easier for integration. Also, life is inexpensive here, one can live very comfortably with Russian salaries, especially Muscovites. Yes, they have found the good deal: work from home, Bulgaria, but for Russians. Before going to sleep, I get to taste Rakia, the local alcohol, home-made by the villa’s owner. The storm will roll all night, but that’s not what’s going to stop me from sleeping!

Alla est venue en Bulgarie quand elle était enceinte à la recherche d’un environnement sain pour élever son fils. Ce couple russe est tout de suite tombé amoureux de la nature Bulgare et de de la gentillesse de ses habitants. « Il y a trois types de russes » me dit Mickey « les fanas de Poutine, ceux qui finissent en prison, et nous, les fugitifs ». Mais c’est surtout Alla qui n’approuve pas le régime en place et qui semble pris de nausées dès qu’on prononce le nom de Poutine ou qu’on fait référence à l’affaire ukrainienne «  C’est des menteurs. Evidemment que Poutine contrôle tout ce qu’il s’y passe ». Mickey vient de Moscou, Natasha et Alla viennent d’une ville proche de Ekaterinbourg, mais elles ont vécues longtemps à Moscou aussi. Selon elles, les gens sont désagréables là-bas. En Bulgarie, c’est différent, les gens s’intéressent à leur prochain et sont ouverts. La mentalité est très proche de celles des Russes et leurs langues se ressemblent, ce qui facilite considérablement l’intégration. En plus, la vie est peu chère, on peut y vivre confortablement avec des salaires russes, et surtout moscovites. Et oui, ils ont trouvés le bon plan : ils travaillent à distance pour la Russie. Avant d’aller me coucher, je n’échappe pas à la dégustation de Rakia, l’alcool local, fait par le propriétaire de la villa. L’orage grondera toute la nuit, mais ça ne va pas m’empêcher de dormir !

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