Si si, ils sont fous !

 

«Et s’ils n’étaient pas si fous ?» nous disait avec brio Jean-Louis Caffier, membre du jury du Sun Trip et grand spécialiste des questions énergétiques, au moment du départ de l’aventure en juin dernier. 

Certes, nos aventuriers sont assurément des pionniers, porteurs d’un espoir nouveau. Comme Bertrand Piccard et son avion solaire, comme Raphael Domjan et son bateau solaire, les participants du Sun Trip 2013 pourront garder, gravée au fond de leur esprit,  l’idée d’avoir un jour jouer un rôle, même symbolique, dans la mutation énergétique qui anime notre monde. 

Mais au-delà, je vous l’assure, il faut être fou pour se lancer dans l’aventure à vélo solaire en direction du Kazakhstan ! J’en suis encore plus persuadé maintenant que j’ai accompli, en voiture, l’ensemble des kilomètres au programme. Il faut en franchir des pièges et des lignes droites pour espérer voir poindre la belle Astana. La joie de l’arrivée au milieu des building scintillants de la capitale Kazakh ne relève pas du simple voyage, mais ressort plutôt de l’exploit !

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«Une fois passée la frontière Kazakh, c’est une autre aventure qui commence, la vraie aventure, un autre monde te fait oublier d’un seul coup toute la première partie du parcours. Et pour passer la steppe ton esprit doit pouvoir s’échapper de cette platitude, sinon  tu deviens fou et tu te mets à hurler dans tous les sens» me disaient les deux Stéphane lors d’une journée de tournage passée avec eux dans la steppe. «Tu arrives au Kazakhstan et tu te dis naturellement que la fin est proche car c’est le dernier pays au programme. Et puis finalement c’est comme si tout recommençait» commentaient, eux, Angélique et Guillaume. «Les Kazakhs me disaient tout le temps d’éviter les routes non-asphaltées, comme s’ils en avaient peur, mais ça a été pour moi les meilleurs moments» confiait Adrien Dugoujon à son arrivée. «C’est le vide ici, pas d’eau, pas de voiture, pas de route, rien. Il faut dire aux autres participants d’éviter cet itinéraire» me disait Raf Van Hulle, par sms, lors de son passage en pleines steppes non-asphaltées. «C’est l’enfer, il y a de la boue partout» concluait Marc Charroin par email, après être passé au même endroit quelques jours plus tard. 

Et pourtant les autres participants continuent à vouloir se confronter à la nature, «pour goûter à la vraie aventure» précisaient les Tchèques Honza et Karel, qui cassaient là bas une roue avant de devoir rebrousser chemin et de perdre leur 3ème place dans la mésaventure. Même objectif et même résultat pour les Bretons, «ont l’a voulu, ont l’a eu ! On a cassé un moteur au milieu de nulle part, mais si on devait recommencer on referait le même choix car c’étaient des sensations indescriptibles que se retrouver là !». Idem encore pour Cédric Vinatier, qui malgré ses nombreux pépins techniques (et un handicap dont il ne parle jamais) a lui aussi fait le choix de la difficulté. «Même si j’ai beaucoup de crevaisons, je survole la steppe grâce à mes pneus super large, c’est fantastique, j’en veux encore !». Idem enfin pour les duos Emilie et Guillaume, ou encore Elvira et Christian, qui veulent eux aussi leur part du gâteau.

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Oh oui ils sont fous ces aventuriers !  Ils semblent tous guidés par la même force, mixte de joie de vivre, d’insouciance, de confiance et d’envie d’aller au bout de ses rêves. Comme si la vie exigeait une part de folie et de lâcher prise, pour être vécue à 100 %. Vivant pour être fou, ou fou pour être vivant, je ne sais pas où se situe la vérité. 

Et s’ils sont fous, alors que suis-je ? Car à vrai dire, en choisissant comme ligne d’arrivée Astana,  je n’attendais pas moins que cette douce folie de la part des aventuriers ! 

Malgré les risques,  c’est la grande aventure que je voulais leur proposer avec cette fin marquée par l’empreinte de la steppe. Ils ne font au final que jouer le jeu et donnent par là même vie au concept du Sun Trip. Merci. 

Dernier commentaire, en guise de conclusion, comment ne pas souligner le deuxième degré de folie que certains se sont imposés en se laissant prendre par la frénésie de la course. Une frénésie qui a finalement touché beaucoup plus de participants que ce que j’avais pu imaginer, comme si le rythme infernal des plus rapides avait donné le tempo à l’ensemble du peloton. Excités par l’interactivité de la carte GPS, et par les consignes de navigation envoyées par sms par leurs proches, beaucoup des participants seront allés plus vite que prévu. 

Ainsi des Bretons Stéphane et Stéphane qui arrivent avec plus de 10 jours d’avance sur leur estimation la plus optimiste. Ainsi encore des deux premiers, Raf Van Hulle et Jorge Moïta, qui ne se seront accordé aucun jour de repos sur 7500 km d’aventure !

Le prix de la plus belle anecdote revient certainement à celle relatée par Raf au soir de sa victoire à Astana, lors d’un diner offert par l’ambassade de Belgique. En scrutant avec gourmandise la carte, il me dit «tu sais bien souvent quand j’étais en route et que je m’arrêtais manger dans un restaurant, je recevais des messages de mes proches me disant «attention Jorge reviens sur toi, il faut que tu bouges !», et du coup je filai aussi sec, sans même avoir pu voir la carte des desserts… Ce soir c’est sûr, je vais prendre un Tiramisu !». 

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