Mickaël Joguel, le 2ème surprise


Mickaël Joguet, c’est la surprise du podium actuel du Sun Trip 2018 ! Il a connu le vélo solaire en participant au Sun Trip Tour 2017 Auvergne-Rhône-Alpes, et sur cette édition 2018 il a progressivement pris confiance pour se hisser presque tout en haut de la hiérarchie. Au moment d’arriver dans le coeur de la ville, il semble être un solide deuxième. 


Au 41ème jour d’aventure, comment vas-tu ? Comment va ton vélo ? 

Tout va bien. Je prends chaque jour comme il vient. Pendant plusieurs jours j’étais sur l’autoroute dans le Xinjiang, il n’y avait pas vraiment d’autre route possible. J’allais très vite, mais au bout d’un moment les aires de repos j’en ai eu marre. A chaque fois les touristes chinois s’agglutinaient autour de mon vélo et me posaient plein de questions auxquelles je répondais toujours « timbedong » (je comprends pas). Maintenant je suis sur la G312 dans le Gansu et c’est beaucoup plus agréable. Les habitants sont très sympa, ils me font signe pour me dire que le vélo est génial et me laissent tranquille. J’en profite pour camper en pleine nature dans des paysages de dingue. Je vais un peu moins vite car c’est très vallonné. Mais c’est le top.

Quelques troubles digestifs, difficile d’y échapper ici. Mais ça va.

Le vélo tient le coup et j’espère qu’il va tenir jusqu’au bout. Il est tombé deux fois le même jour en Ukraine. Une fois à cause du vent. Et une fois où je suis tombé dans un chemin plein de trou. Le toit a été fragilisé mais le montage fait par Déclic-éco est très solide et j’ai pu le réparer. La fixation de la remorque a lâché et Jack m’a aidé a sortir la vis cassée. Heureusement qu’il était là.

C’est aussi grâce à mon père agriculteur que j’ai réussi à me dépanner de ces petits problèmes. Quand j’étais ado il me faisait travailler. Je n’aimais pas trop ça sur le moment, mais maintenant je sais que je lui dois beaucoup quand il s’agit de technique.

Ma remorque Sun Travel motorisée a pour avantage d’être techniquement très simple, et de bien repartir le poids sur les 3 roues : les deux roues du vélo portent surtout mon corps et mes bagages lourds, tandis que la roue de la Sun Travel porte surtout le moteur, la batterie et les bagages légers. Je crois que cette bonne repartition du poids est un avantage pour ce genre de voyage : ca limite les risques de problèmes de jantes auxquels beaucoup de participants ont eu a faire face.

Tu as quel climat actuellement ?

Dans le Gansu la température est agréable parce que je suis entre 1500 m et 3000 m d’altitude depuis plusieurs jours. Ça fait du bien un peu de fraîcheur après le Gobi. C’est souvent nuageux le matin et ensoleillé l’après-midi.

Tu es 2ème pour l’heure, tu arrives à y croire ? Tu avais imaginé ça en partant ?

J’y crois quand je vois la carte, mais je me dis que je ne suis pas encore arrivé. Et non en partant je pensais au top 10, voire au top 5 si tout se passait bien. Je considérais que le podium ce serait Raf, Stéphane et Eric. Ensuite Stéphane et Eric ont eu des problèmes techniques et de trajet. Moi pour l’instant je n’ai pas eu de gros soucis technique, je croise les doigts. Je continue à rouler à mon rythme, mon but depuis le depart c’est de faire moins de 60 jours afin d’avoir un peu de temps pour me reposer avant le mariage de ma soeur le 1er septembre. Et si je fais moins de 60 jours et bien je pourrai visiter Canton et ses alentours, surement avec Stéphane et Eric d’ailleurs parce qu’on s’entend bien.

Tu as vécu l’expérience Sun trip tour 2017 avant ce Sun Trip 2018. Comment compares-tu les deux événements ? 

Le Sun Trip Tour c’était vraiment sympa, mais on ne faisait pas la course et on roulait en petits groupes. C’est clair que pour moi le Sun Trip Tour était un moyen de tester la Sun travel motorisée pour voir ce qu’elle avait dans le ventre, pour connaitre ses avantages et ses inconvénients. C’est grâce a ce Sun Trip Tour 2017 que j’arrive aujourd’hui à un bon niveau, notamment pour savoir bien gérer la batterie.

Pensais-tu un jour pouvoir rouler autant de km tous les jours ?

Clairement non. J’avais un objectif à 200 km par jour de moyenne, en pensant que par beau temps je ferais 250 et par mauvais temps 150. Mais là au Kazakstan c’était de la folie on pouvait rouler a 35-40 km/h presque toute la journée grâce au soleil et au vent dans le dos. Donc j’ai fait plusieurs jours à 350 km et un jour à 370 je crois.

Rappelles-nous si tu as fait une journée de pause et dis nous comment on peut résister à l’idée de ne pas relâcher un peu ?

Non je n’ai pas fait de pause. Mais il y a des jours ou je n’ai pas forcé. Notamment quand j’avais du vent de face, je ne cherchais pas a lutter car je ne voulais pas gaspiller mon énergie dans le vent !  Donc je remplissais ma batterie et ensuite je prenais les watts que le soleil me donnait en plus et ceux là je les envoyais contre le vent de face. C’est ce que j’ai fait dans le Gobi pendant toute une journée.

Une vraie journée de pause, je n’en ai pas fait parce que je veux que le voyage tienne en 60 jours. Et aussi parce qu’à Kiev je me suis rendu compte que je pouvais être dans le top 5, et qu’il fallait donc maintenir le rythme pour y rester.

La partie la plus dure selon toi jusqu’à là ?

Le désert du Gobi : très chaud, très venteux, et très vallonné. C’est quasiment une épreuve de survie pendant 3 jours. C’est le Cap Horn de ce Sun Trip.

Ta partie préférée ?

Le Gansu, c’est magnifique. Je n’avais pas pu m’y rendre en 2009 lors de mon premier voyage en Chine. Alors le traverser à vélo pour moi c’est juste génial.

Tes objectifs pour la suite ?

Récupérer demain la trace que j’avais prévue dans le cas où on ne pourrait pas prendre l’autoroute. Et maintenir le rythme tout en restant en sécurité car la conduite des chinois est un peu spéciale !

Qui admires-tu le plus dans les autres participant ?

Jack, parce qu’il n’a pas beaucoup de panneaux solaires, mais il a des jambes de fou et une perseverance incroyable. Il arrive à suivre il est meme dans le top 5  ou presque je crois, c’est hallucinant. J’espère qu’il a réussi a réparer son vélo suite à sa chute.

Une anecdote décalée pour finir ?

Cet après-midi il y avait beaucoup d’ombre sur la route, donc plus beaucoup de batterie, et un gros col devant moi. Tout à coup je vois un péage juste à 200 m pour remonter sur l’autoroute, qui a pour avantage de ne pas avoir d’ombre et qui souvent monte moins haut. Bien que je sais que la police du Gansu ne veut pas nous voir sur l’autoroute, je me dis qu’il faut quand même tenter de passer juste pour ce col on ne sait jamais (j’avais vu sur la carte que Raf avait réussi a passer). 3 personnes qui travaillent au péage me voient arriver et courent vers mois pour me barrer le petit espace qui permet de contourner la barrière du péage. Ils me font comprendre que je dois faire demi-tour. J’essaie de négocier mais ils se retournent pour éclater de rire. Ils avaient du mal à se retenir, et du coup ça m’a fait trop rire aussi. Je comprends qu’ils ont reçu l’ordre de nous barrer la route. Je préfère en rire avec eux que de finir au poste de police. Je fais demi-tour et je campe dans un champ dans la montée vers ce col.

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3 Commentaires for “Mickaël Joguel, le 2ème surprise”

THIRION Michel

dit :

Apres l’entrainemen t à la voile dans les Iles Britaniques le vent tu connais. Belle préparation et belle démonstration de persévérence. Bravo

benoit

dit :

bravo à toi dommages tu n’as pas réussi à gratter le passage de l’autoroute pour éviter le col . bonne route petit velo mais gros coffre pour un rouleur énorme et tu devrais etre bon pour le train lol

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