Florian Bailly : bilan après 15 jours

Au 15ème jour de route et alors que des premiers participants passent en Asie, 5 questions au Directeur du Sun Trip.


Quel regard portez-vous sur ce début d’aventure ?

Il faut déjà se féliciter que tous les participants qui ont pris part au départ réel soient encore dans le jeu au bout de 15 jours. Nous avons enregistré 5 non-partants (ou exclus) juste avant le départ, c’était beaucoup, mais depuis on est heureux de voir que tout le monde s’accroche.

L’autre fait marquant du début de Sun Trip 2018, c’est la météo. Si le soleil a été présent tous les jours du départ entre Lyon et Chamonix, ça n’a été le cas par la suite. En Autriche, Allemagne, Slovénie, Hongrie, République Tchèque, Slovaquie, Pologne et Ukraine, le temps a été vraiment maussade. Tous les participants ont été touchés par les nuages et par la pluie, ce qui a ralenti considérablement le rythme. Ironie du sort, on peut dire que celui qui a été le plus épargné par la météo, c’est le leader : Raf Van Hulle ! Il n’a pas eu autant de soleil que prévu mais il a certainement eu moins de pluie que tous les autres derrière.


La vitesse des aventuriers correspond t-elle aux prévisions ?

Globalement, tous accusent un peu de retard sur leur plan de route, du fait de la météo qui n’a pas permis de bonne recharge des batteries. Le Sun Trip sans soleil, c’est galère !

Les leaders évoluent pour le moment à une moyenne d’environ 250-260 km/jour là où certains tablaient sur un rythme de 300 km/jour. Raf Van Hulle a parcouru environ 3 900 km en 15 jours, c’est déjà pas mal, mais il est probable que ça s’accélère un peu en Asie centrale, car il fait (normalement) toujours beau et chaud.

Derrière le leader se détache clairement un groupe de 10 équipes, qui arrivent à maintenir une moyenne de 200 km/jour. Ces 10-là vont se tirer la bourre jusqu’à l’arrivée, c’est une certitude.

Le milieu du groupe évolue lui à une moyenne journalière de 150-160 km, là encore en dépit de la pluie. Ils sont dans les temps, c’est-à-dire qu’ils peuvent arriver à Guangzhou dans la limite des 100 jours que nous avons définie.

Enfin, il y a quelques participants en fin de peloton qui ont connu de gros problèmes techniques et qui peinent à avancer. On peut penser que pour eux, les délais vont être difficile à tenir. Leur premier défi sera d’arriver à respecter la date de sortie de leur visa Russe, puisque celui-ci est à dates fixes… De notre côté, on leur rappelle les dates qui servent de repère quant au timing des 100 jours d’aventure : le 20 juillet pour passer la frontière kazakhe et le 20 août pour entrer en Chine.


Les participants rechargent-ils tous au 100% solaire ?

Non, 4 équipages nous ont annoncé avoir fait le choix d’utiliser leur chargeur secteur, placé dans un sac plombé au départ. Ils sont de fait exclus du Challenge de l’Aventurier Solaire (défi de rapidité), mais restent pleinement dans l’aventure et dans le challenge de la communication. La météo et les problèmes techniques expliquent ces choix, ça fait partie des aléas de l’aventure solaire.


Quelles vos principales inquiétudes en tant qu’organisateur ?

Au delà du bonheur de suivre et de raconter l’histoire de chacun des participants, l’équipe d’organisation garde toujours en tête qu’un problème est vite arrivé sur les routes du monde. Evidemment, nous avons l’inquiétude de l’accident routier. Nous en avons souvent parlé avec les participants avant le départ. Ils savent dans quoi ils s’engagent, ils connaissent les risques.

Nous avons eu il y a deux jours une petite alerte avec Raf Van Hulle qui a frôlé le pire en Russie, impliqué de près dans un accident. Il a déclenché sa balise d’urgence pour nous alerter, mais surtout il s’en est sorti sans dommage. Le même jour, un participant a connu une agression à la tombée de la nuit dans l’ouest de l’Ukraine. Ce n’était pas arrivé depuis 2013. L’équipe a essayé d’être la plus réactive possible, à distance, et au final la situation a été maîtrisée. Le participant poursuit courageusement sa route.

Il faut être d’une vigilance de tous les instants. Tout peut arriver.

Pour positiver, on se félicite que la plupart des passages de frontière se passent bien jusqu’ici ! Les vélos solaires étonnent toujours autant, ils sont un deuxième passeport pour nos aventuriers, mais il y a encore bien des frontières à franchir, alors restons prudents.


Selon vous, quelles sont les grandes difficultés à venir sur le parcours ?

Pour ceux qui ne sont pas encore passés, il faut être très vigilant en Ukraine, où l’état des routes provoque toujours d’importants dégâts mécaniques sur les vélos. Au-delà des aspects techniques, l’Ukraine est une aussi une frontière psychologique, une transition entre le monde européen et le monde russe. On n’oublie jamais sa première expérience en Ukraine. En 2013 tout ceux qui avaient passé ce point été allés au bout.

Ensuite, c’est bien sur la partie kazakhe et ses 3 500 km de steppes qui va être un temps fort du parcours. Il va se passer bien des choses ! Dès que les participants mettront les roues au Kazakhstan, ils se confronteront à l’immensité, à la chaleur (plus de 40 degrés Celsius), aux vents, à la difficulté des routes et des pistes dans la steppes. Ils vont perdre tous leurs repères et devront s’en créer de nouveaux, en commençant par une question simple : “Vais-je avoir assez d’eau pour passer la journée ?“.

Pour l’itinéraire sud via la Turquie, les routes seront meilleures mais aussi nettement plus montagneuses. Il faudra ensuite enchaîner la Georgie et l’Azerbaidjan, puis espérer ne pas attendre trop longtemps le ferry à Baku pour finalement arriver tout à l’est du Kazakhstan, à Aktau près de la mer d’Aral, dans un des coins les plus arides et le plus chauds du monde, avant de passer ou Ouzbékistan. L’aventure totale !

Enfin, on reparlera plus tard de la partie chinoise qui reste la grande partie du parcours, mais on n’en est encore pas là…


Quelle est la date prévue de l’arrivée du plus rapide ?

Sur la base de la moyenne actuelle du premier, soit 260 km/jour, cela donnerait une arrivée autour du 5 août. Mais le chemin est encore tellement long et semé d’embûches qu’il est difficile de se prononcer précisément.

Tout peut encore changer et le classement peut évoluer à chaque instant, jusqu’aux derniers moments dans les montagnes de la Chine du sud-est, qui sont à franchir avant Guangzhou (Canton), surtout que les premiers arriveront sur la fin de la mousson !!


Une aventure à suivre en direct sur : race.thesuntrip.com
Et en plein écran sur : ici


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6 Commentaires for “Florian Bailly : bilan après 15 jours”

dit :

Merci Florian pour cette analyse lucide et éclairante !!
PS: c’était une super idée d’organiser la boucle des amis (j’ai eu beaucoup de plaisir à y participer)

Organisation

dit :

Bonjour Jean-Claude. Merci. L’idée de la boucle des amis est née surtout du côté de Christophe Bayard et Vécolo. Il faut qu’on voit comment on peut mieux collaborer avec eux, pour 2019 déjà et pour la suite aussi. C’est dans les projets 😉

THIRION Michel

dit :

Merci Florian pour ce résumé. Certains ont roulés à des moyennes supérieures mais sont moins bien placés par rapport à d’autres, toutes remontées dans le classement est donc encore possible. Bonnes chances à tous . .

BERMEJO Paul

dit :

Bonne analyse Florian. Je pense, comme toi, que la traversée de la steppe du Kazakstan sera déterminante pour la suite des évènements de part des éventuelles casses mécaniques, le mental et la foce psychologique de chacun et la façon d’appréhender ces immenses espaces, sous une chaleur accablante. Ce Suntrip va nous réserver de nombreuses surprises et évennements en espérant qu´ils ne soient pas mauvais…

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