Italie : enfer et paradis

Je ne sais dans quel ordre je devrait placer ces mots. Lequel restera gravé dans ma mémoire ?

L’enfer, ce sont les routes toute droites, chargées de camions, qui sont toutefois assez respectueux du cycliste qu’ils doublent. Bien que j’ai croisé plus de vélos que de vespa, il y a du travail pour la transition énergétique dans les transports.
C’est aussi la signalisation routière très variable, et les immenses rond-points.
L’enfer, c’est aussi passer une nuit en mode clochard..

Le paradis, ce sont Riccardo, Jamila, Maria Grazia et Paolo, Serge, ces anonymes qui m’ont offert à manger, à boire, l’hébergement.
Des coins de paradis, ce sont les coins ombrahés près des fontaines à l’heure où le soleil tape fort.

Dimanche 16. Aprés une belle ascension du col du Petit Saint Bernard, alors que nous cherchons un squat herbeux, Marie-Claire trouve Riccardo, du club de rafting. Il nous offre l’abri, in gratin de pâtes, du vin, et son grand sourire.

Lundi 17, on descend le val d’Aoste. Suite à la chute de Marie-Claire la veille, les plans de Tom changent. Le club de 5 qui devait partir au sud se retroive un duo, trio si Guylaine peut nous rejoindre mais son état est incertain.
Tandis que Dirk, Tom et Greg se plaisent à faire du yoyo loin de la route 26, le reste du groupe reprend la route et nous trouvons un camping à Quincinetto. Les pros du yoyo sont allés plus loin.

Mardi 18, difficile de décoller du camping! Puis crevaison de Cédric, il trouve des bons pneus Big Apple. Déjeuner et looooooongue sieste au bord du lac de Viverone.
premières lignes droites tristes à mourir.
Marc trouve un vieux patelin quasi abandonné pour passer la nuit. On échappe de peu à l’orage.

Mercredi 19, je découvre à mes dépends la signalisation douteuse à l’italienne. Belle ligne droite, des cloches tintent au loin, je cherche du regard une chapelle. 500m plus loin, toujours les cloches et toujours pas de chapelle. Un peu étrange tout de même ! Je reprends ma conduite très attentive, roulant à quelques mètres du précédent. Un stop, je freine et me prends aussitôt une barrière en pleine face. Je n’ai rien mais le support du panneau s’est tordu, est venu taper la remorque dont la face avant s’est fendillée (Salvatore m’avait prévenu! La peinture sur bois, ça craquelle, ça se fendille!)
La barrière vole dans l’herbe, j’attends… j’attends… aucun train n’est passé !!!
Par la suite je me suis méfié des cloches sol et la sonnant à la volée !
Le soir, camping urbain version manouche. Après avoir longuement causé avec Jamila et ses amies, douxhe à la fontaine publique et squat d’un coin d’herbe.

Jeudi 20, on part tôt avec pour objectif de rouler chacun selon notre rythme. Cédric part devant et fini sa journée prés du lac de Garde. Marc rate une bifurcation et on le repère sur une 2×2 voies. À la mi-journée, je retouve Cédric dans un coin paradisiaque, ombre fontaine où l’on peut nager, pompe d’eau fraîche…
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Le soir je cherche un hôtel à Montichiari et fini par trouver un camp de la Croix Rouge à castiglione. Superbe accueil de Maria Grazia, Paolo, et tous les autres volontaires ! Grazie mile !

Vendredi 21, je roule fort, je suis en forme après cette belle nuit. Les batteries sont rechargées, le ciel est limpide, j’avance sur un terrain valloné, ce qui change de la monotonie précédente. Je retrouve des grosses routes à l’approche de Vicenza, puis cherche un spot pour la nuit à Castelfranco.
L’agriturismo est soit-disant complet. J’ai surtout l’inpression de ne pas respecter le standing de cet hébergement « paysan » de luxe.
Contrairement à ce que nous observons en Italie, dans le quartier les portails et clôtures laissent voir le jardin. Les gens me saluent au passage, mais obtenir de l’eau et l’hébergement… impossible ! Les hôtels alentours sont complets. Celui de Resana est même tout fermé, sauf le parking que je décide de squatter. Je me fais vider et vais finir la nuit sur le trottoir, puis devant une gare.
Sale nuit sur le béton, pas d’eau pour la toilette !

Samedi 22. Au matin je cherche le soleil entre des résidences, je dors sur le trike. Je demande de l’eau, le bon samaritin est Serge, de Moldavie. Il m’offre 4 litres et fes croissants!
Le moral remonte après qu’un cycliste m’offee une bière, une automobiliste 4 brugnons. Trévise se traverse sans encombre du temps de midi.
Mieux, le soir je retrouve Cédric sur un vieux terrain de camping.
Le voisin nous offre la douche au tuyau d’arrosage.
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Dimanche 23, ligne droite et vent de face. Objectif : quitter l’Italie. Réussi, ce soir nous dormons en Slovénie, et le wifi est bon pour écrire cet article !
Avant de quitter l’Italie, on s’offre une gla et une bière. Un journaliste de www.goriziatv.it tourne un petit eportage vidéo.

Serie noire à l’Italienne

Requiem pour un pneu

La descente vers l’Italie amorcera un cycle infernal de problemes techniques. Mal adaptés les pneus et surtout les chambres à air de notre sponsor vont me plomber.

Dans des moments critiques comme la descente des alpes, sur une nationale entre 2 tunnels, au démarrage d’une journée dédiée aux kilomètres, ils seront un poids mort qui use mon moral et ralentissent ma progression.

En 2 jours , j aurais une explosion de pneu + chambre et 3 crevaisons. Comptez une heure à chaque fois pour démonter, réparer, rerégler et c est près d’une demi journée de pédalage de perdue, pour moi et mes amis Suntripeurs qui ne me lâcheront pas dans ces moments difficiles, Jean, Céline et puis surtout Sylvain et Marc qui m’aideront à ne pas désespérer.

Un problème à la fois , mais en rangs serrés

les pneux seront changés au prix d une matinée à fureter à Ivréa. Une des batteriesIMG_0225 verouillées, mais une seule, sera débloquée par un garagiste à Morgex. Pour avancer, Sylvain, retrouvé dans un camping ma fera un cablage spécifique pour réussir à l’utilser.

Reste les manœuvres de changement de batteries, lourdes complexes, pénibles. Tout ces détails qui rende l aventure difficile.
Un wattmetre qui donne des infos erronées les 5 premieres minutes de branchements…
Les batteries avec la clé percée sont moins fiables sur leur socles : parfois elles ne seront pas chargée, et le système de verrouillage arrive encore à de bloquer parfois. De longues minutes de combat pour réussir a les démonter.
L’attelle de mon bras qui prend un jeu inquiétant…

 Se liberer de ce qui pèse

Marc l’homme d’expérience vient me voir :  accueille ce que tu ressens Cédric, laisse le venir.

Me submerge alors la colère de mes mauvais choix, de ceux trop légers que d’autres me font porter désormais, Et puis au fond, tout au fond le constat simple et terrible : j’ai refusé de prendre mon handicap en compte dans la conception de ce voyage , dans le SunTrip. comme dans ce velo.

Remonté à la va-vite, capteurs et batteries ne sont pas optimisés. Toutes les manipulations laborieuses, douloureuses, me balancent ma condition à la face. Mon vélo et moi sommes un peu abimés. Soit.

Alors je vais faire la liste des faiblesses de l’un et de l’autre. J’ai 3000 kms pour les apprivoiser, les dépasser. Car au bout de l’Europe, il y a les Steppes. Et oui elles me font peur. Pour passer il va falloir se libérer de toutes les failles. Atteindre une légèreté d’ascète, l’élégance de l’Homme debout.

Les couches d’oignons

Un voyageur c’est comme un oignon. Il y a plein de peaux les unes sur les autres. Ce qu’on a laisser, ce qu’on aurait mieux fait d’emporter, les idées préconçues, la perception de soi, des autres, pleins de couches qu on enlève petit à petit.  The SunTrip ajoute au voyage des couches technologiques multiples avec la motorisation, la solarisation, des couches de communications, vos attentes de nouvelles fraiches.

Une pression énorme s’abat sur moi. Ok , gérons là calmement

  • Le solaire donne et c est tant mieux.
  • Mon moteur est une horloge econome, et douce à mes genoux , génial on continue !
  • L’autonomie de mes batteries laissent à désirer, soit. Je vais construire les muscles nécessaires pour compenser.
  • je met trop de temps pour avancer vis à vis du visa Russe ? j eviterai Roumanie et Moldavie pour tracer au plus plat 
  • j’ai pris trop de retard : j ai la forme physique pour rouler une dizaine d’heures, avec mon rythme solaire qui se peaufine, je peux atteindre les 200kms/jours.

Je suis confiant …

Le bouquet final

La route de l’Italie touche à sa fin, j ai déployer mon rythme de charge solaire et d’assistance electrique. J ai  perdu beaucoup de temps mais pas trop. Je branche une batterie chargée toute la matinée sous un soleil de plomb. Rien.

La batterie est HS, à moins de 1000kms après le départ. Une après midi à la jambe à ruminer, et des idées noires toutes la nuit. Au petit matin un sachet de thé va tout changer.

« As long as there is a doubt , You cannot find the way »

 

 

 Un nouveau cablage improvisé, une grande dose d’efforts et de courage, je file vers la Slovénie. Je contacte mon partenaire autrichien Mpf. Il prend la mesure de ce que nous sommes en train de réaliser, avec sa technologie et ma determination.

Et que la premiere devra assurer a là hauteur de la seconde, jusqu’au bout du monde.