ça y est c’est parti…

 

Bonjour a tous

«  Mes Ailes pour les Steppes «  se transforme donc  en  » Mes Ailes pour les Routes  » avec ce fantastique nouveau parcours. Il sera chargé de pleins de nouvelles rencontres et d’anciennes puisque je repasserai par la Serbie à Belgrade et Lagarak et par la Croatie à Zagreb sur mon retour.

Je suis donc Tom, avec son handbike (vélo à bras).

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Voici une petite vidéo pour vous montrer ce que pourra être le challenge sur 7200 kms.

Mon parcours passera par l’ Italie, Albanie, Grèce, Turquie, Bulgarie, Serbie, Croatie, Slovenie, Italie et retour par le Col du Petit Saint Bernard pour arriver à Moutiers ou une réception sera donné.

Le Handike a été encore améliorer et maintenant prêt à partir, le pilote aussi.

A très vite pour de nouvelles aventures…

à la fin des posts

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Le prochain post je vous expliquerai qui sont tous mes partenaires pour cette aventure , il sont tous inscris sur ma remorque  » extrawheel » ( une roue).

…et histoire d’œil

…et histoire d’œil

Tom et Cédric se sont pliés avec brio à l’exercice, Anick-Marie a déjà évoqué son handicap… je me dois de compléter la série. J’ai d’abord une pensée pour Jean-Marc, quelles séquelles qui pourraient bouleverser sa vie quotidienne ? Je lui en souhaite le moins possible et luiadresse mes vœux de prompt et complet rétablissement.

Plantons le décor : une malformation génétique des yeux, l’œil gauche ne voit rien (plus noir qu’un café turc) et l’œil droit a une acuité inférieure à un dixième. Le champ de vision de l’œil droit est assez large et uniforme, m’autorisant la pratique du vélo, et me permettant d’éviter les poteaux (ils sont rares ceux que j’embrasse). Bon réflexes mais au dernier moment : anticiper, anticiper, AN-TI-CI-PER !

Je vis avec depuis ma naissance, et partage cet handicap avec les deux tiers de ma famille. Je profite de la stabilité de mon handicap, pour combien de temps ? Je vis avec une épée de Damoclès : le décollement de rétine, une cataracte habituellement bénine deviendra délicate sur un œil malformé.

J’ai eu la chance d’apprendre l’autonomie et de suivre une scolarité dans des écoles « normales » moyennant quelques adaptations et implications des enseignants. Les écoles spécialisées ont leur utilité mais quand cela est possible, l’intégration est la meilleure solution.

Mais alors tu vois quoi ? Tu me vois là ?

Difficile à expliquer… le contraste, la luminosité ambiante peuvent tout changer ! Hier, impossible de distinguer le plat de feuilles de vignes farcies du plat de haricots, ils sont verts et le coin de la taverne est sombre. Mais je sais que la cuisine de Yiannis est excellent 🙂 Une fois dans l’assiette (blanche) aucun problème pour les différencier.

Et en vélo, tu fais comment ? Les feux tricolores…? C’est un peu la loterie, non ?

Il y a pleins de situations différentes.
– je vois le feu, tout est ok
– je vois un poteau qui pourrait bien être un feu, je ralentis et observe…
– je ne vois rien, je suis en mode « pilotage » dans un flux d’autos, je me fie aux autres conducteurs. Ralentissement, baisse du régime des moteurs, il y a quelque chose : feu rouge, stop, dos d’âne, rails…
– y’a pas d’auto, je ralzntis et avance à vue, m’arrêtant si piétons ou voitures me croisent.
– je n’y vois pas assez, je m’arrête, le temps d’y voir plus clair ou de retrouver un flux d’autos.
– je suis en Turquie et j’entends un Tut! Je laisse passer.
– je suis en Grèce, je passe sinon le scooter derrière moi trouvera un trou de souris entre mon vélo et le trottoir pour me doubler 🙂

Et les panneaux ?

Les panneaux de signalisation sont bien visibles, et pour la navigation,  le GPS, avec instructions vocales et carte lisible en cas de doute, m’est un outil indispensable sur une route inconnue.

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Je m’aide beaucoup des marquages au sol, prendre la bonne voie, ne pas partir au fossé… Depuis la Turquie, ils me manquent cruellement, sans eux, la traversée d’Izmir a été un enfer !

Je tiens à souligner qu’en vélo couché, la position offre une vision confortable, juste un peu basse parfois, au niveau des glissières quand on veut voir les plages défiler…

La loterie, parfois…

Je perds

J’ai perdu en Italie, quand les conditions suivantes on été réunis :
– soleil de face
– signal de passage ferrovière non alertant (2 cloches à la volée, je cherchais du regard une chapelle…)
– un feu rouge, invisible à cause du soleil
– uns barrière qui se baisse, un peu trop haute dans mon horizon visuel bas (position sur le trike)
– suivre un suntripeur à 10m, qui avance comme si tout était normal. L’absence de celui-ci n’aurait pas changé la situation, mais son alerte vocale ou son comportement (s’arrêter) auraient changé la donne !
Une bande blanche STOP au sol, je freine, il est trop tard et BIM! une barrière qui vole, une structure de panneau qui se trod, la remorque qui encaisse le choc (une plaque fendue, rivets qui sautent)… et aucun train ne passe !

Je perds, quand à Sofia, mes bagages ont été secoués dans le taxi, et qu’au moment de descendre, je ne vois pas la housse noire de ma tablette sur le sol et le siège noirs… 🙁

Je gagne

Je gagne quand, en Turquie, je fais du pilotage dans 11km de descente vertigineuse sur une 2×2 voies à 45km/h.
Contrairement à l’habitude, je ne reste pas sur la bande large à droite, j’occupe toute une voie en bonne cohabitation avec les autos qui doivent négocier les virages. L’enrobé est excellent, le marquage tout neuf. La visibilité est bonne, juste quelques grands arbres…
En bas un policier m’arrête, m’ordonnant de rouler sur la bande de droite.
Comment lui expliquer qu’avec la vitesse c’est techniquement impossible de négocier les courbes sans cramer les freins ? Et comment lui expliquer que j’ai évité moultes piétons qui attendent le bus à l’ombre des arbres, un policier qui attend un cycliste délinquant, lui aussi caché dans l’ombre d’un arbre, et le motocycliste qui remontait cette bande à contre-sens ? À 45 km/h j’aurais fauché tout le monde… Lui expliquer que les autos, je les entends, je sais exactement leur position et anticipe le comportement des conducteurs, qui en plus en Turquie, klaxonnent tout le temps ce qui facilite encore plus le travail !

Le trike électro-solaire : comment ? Pourquoi ?

Le vélo…

J’ai pratiqué le tandem en équipe Handisport pendant quelques années. J’aimais bien, mais à force l’ambiance compétition, les balades, euh pardon, les entraînements… ça gâche le plaisir de rouler. Et puis mon kiné m’a dit qu’à force de faire de la danseuse je me bousillais les genoux. C’est d’ailleurs à cause de ça que je ne danse plus dans les bals folk ou les discothèques (sauf après 3 grammes).

Donc arrêt brutal suite aux conseils du kiné et à simultanément un clash au sein du club.

Et pendant environ 10 ans, je n’ai RIEN fait ! Enfin si, de la musique, et courir après les bus qui roulent forcément plus vite lorsqu’on leur court après qu’une fois qu’on est assis dedans.

En 2006, cela fait 3 ans que j’habite au Puy-en-Velay, je rencontre ENFIN des musiciens qui deviennent vraiment mes potes. Ils n’habitent pas tous la ville et l’idée me trotte dans la tête de trouver un moyen de locomotion pour les rejoindre quand ils organisent une bringue à 20 kilomètres, et puis découvrir la Haute-Loire. Je ne peux passer le permis à cause de ma faible vision.

En 2007, au hasard de mes recherches je trouve le Segway, ça va pas vite, pas loin, et ça coûte les 2 bras ! Par hasard, je tombe sur la page Tricycle couché de l’encyclopédie Ekopedia.

Au hasard de mes recherches gougueulesques, grâce à Ekopedia, je découvre le forum du Vélorizontal. Je fais partie aujourd’hui de l’équipe d’administration de ce forum.

Je suis séduit par les avantages du tricycle couché, notamment :

  • le confort (on est comme dans un fauteuil)
  • capacité de chargement
  • pas d’équilibre à gérer, stress en moins !
  • sensations de glisse/karting
  • les voitures doublent large, ah s’ils le disent…! C’est vrai qu’en tandem quand on se fait doubler par un camion, c’était pétoche++

Un essai chez On Avance, à Montpellier m’a conqui.

Les avantages annoncés ne ce sont pas démentis, c’est vraiment un vélo de voyage, et au quotidien il se défend bien. Depuis l’automne 2011, pour les micro-déplacements et un travail 100% musculaire, je me suis mis à la trottinette de sport Footbike, très pratique en ville.

…électrique

Souhaitant me remettre doucement au sport, et préserver mes genoux et chevilles, je l’ai doté d’une assistance électrique BionX.

À la longue, le BionX s’est avéré faiblard en voyage chargé, et ses défauts de conception, et la rencontre par pur hasard de Guillaume Devot de Déclic-Éco, m’ont fait opter pour une de ses motorisations.

Depuis, l’autonomie et la puissance sont au rendez-vous ! Quelques déboires avec les batteries, mais c’est rentré dans l’ordre. Beau travail de Guillaume et assistance réactive.

Et le solaire dans tout ça ?

Sur le forum du Vélorizontal, Dario de Bike to the Future, a monté un panneau solaire sur son trike. Le pionnier ! Ça m’a donné des idées, et en achetant mon trike, je me suis dit qu’un jour je verrai bien un panneau solaire sur ma remorque. De longues discussions, recherches, compréhension m’ont permis de mieux connaître les moteurs et panneaux, et à vrai dire je sais faire du câblage avec connectiques Powerpole Anderson, mais ne sait pas remplacer un câble de dérailleur !

Puis les recherches ont abouti à un premier panneau Sunset, léger dans la catégorie des panneaux rigides (6,5Kg pour 100W), et tout le matériel nécessaire. Depuis 2009 je roule donc avec un panneau solaire sur la tête, au départ pour les grandes balades, puis finalement au quotidien.

Le bilan des 6 ans

  • Distance parcourue : 14600km
  • changement de motorisation BionX -> Declic Eco
  • 3 crevaisons à l’arrière, 0 à l’avant, 2 sur la remorque
  • 1 gamelle sérieuse, 3-4 sans conséquences
  • J’ai construit une remorque-coffre avec Alex, je viens de l’améliorer grâce à mon ami Philippe. Au passage j’ai appris quelques astuces de bricolage.
  • le cadre du trike s’est rompu à cause de la mauvaise emprise du panneau, le support ayant été fait par un copain artiste mais pas mécanicien. Philippe m’a fait une belle réparation. Dans l’objectif du Sun Trip, j’ai procédé à un remplacement par des pièces neuves, une upgrade et remise à neuf.

Mes « grands » parcours

La plupart de mes kilomètres sont des trajets utilitaires, voici mes quelques grandes balades… qui me paraîtront bien petites dans quelques mois !

  • 700km : Traversée Ardèche, Vallée du Rhône, Martigues, Pont du Gard, Uzès, Villefort, Langogne (mai 2009)
  • Quelques aller/retour jusqu’au mont Ventoux, pour les rassemblements de bentriders (bent = allongé/couché en anglais)
  • 250km : Retour du Solar Event 2010 : Chambéry, Grenoble, Annonay, Le Puy (juin 2010)
  • Fréquents aller-retour vers Saint-Etienne, via la vallée de la Loire (95km)
  • 550km : en Champagne et Ardennes (mai 2012)
  • 650km : pour le week-end pré-départ dans le Morvan