2014, OU COMMENT PASSE UNE ANNÉE DE PRÉPARATION AU SUN TRIP 2015

2014, OU COMMENT PASSE UNE ANNÉE DE PRÉPARATION AU SUN TRIP 2015

 

Quand au mois de mai 2014, Florian m’annonça que l’organisation me sélectionnait pour participer au Sun Trip, je fus bien sur plus qu’heureux, mais ce n’était pour moi qu’une étape dans une préparation qui a commencé un peu après le Sun Trip 2013 et qui finira au moment du départ.

Un projet comme le Sun Trip j’en avais déjà réalisé un, quand je suis rentré du Vietnam en Moto biélorusse. Il me tardait de recommencer tant le voyage prend son sens aussi dans sa préparation.

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Je fais réellement le rapprochement avec mon métier d’architecte. Construire un bâtiment, de la phase de chantier qu’on voit tous quand les volumes sortent de terre jusqu’à le voir habiter, n’est que l’aboutissement de plusieurs mois, voir plusieurs années d’études, de recherches, de consultations, de budgétisation, de rencontres qui nous ferons faire d’une idée, une réalité.

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C’est donc une année 2014 qui se termine et qui fut riche. Il a fallu se donner les moyens de convaincre tout le monde, en commençant par les membres de l’organisation du Sun Trip. Depuis déjà 2013, je constituais un dossier de présentation pour ma candidature. Déjà avant la sélection j’avais ouvert une page Facebook, j’avais commencé envoyé mon dossier à la presse locale qui donna lieu à plusieurs reportages et articles. Il me fallait avancer dans la préparation dès le début pour ne pas perdre de temps. Un tel projet en demande. Ainsi, armé de ces quelques bases de communication, de cette motivation affichée, avec déjà quelques partenaires partant pour l’aventure, tel que Canopée et Poil aux Dents, Florian et les membres de l’organisation m’annoncèrent que je serais de l’aventure.

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Très rapidement, les choses étant concrètes, il me fallait trouver des partenaires, ceux qui, n’étant pas un spécialiste du vélo électrique solaire, me le concevraient et le construiraient. Olivier Lourdel, directeur général de Altermove, répondit très vite à ma proposition de partenariat. Il est vrai qu’Altermove se retrouvait dans les valeurs du Sun Trip. N’étant pas constructeur, l’idée était qu’ils aillent chercher un partenaire associé parmi leurs fournisseurs et fabricants de VAE. La surprise fut de taille quand Olivier m’annonça que Solex, la plus que très célèbre marque de vélo moteur reconvertie depuis les années 2000 dans le vélo électrique, était de l’aventure. La deuxième surprise était qu’une filière de Solex avait déjà conçu notamment pour les entreprises et les collectivités locales des modules de recharge pour VAE par panneaux solaires. Quand je raccrochais le téléphone, je comprenais, heureux et rassuré, que j’avais théoriquement un vélo solaire pour partir vers Astana. C’était en tout cas le début d’une collaboration qui devait aboutir à cela.

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Pendant ce temps, après une rencontre à Bourget-du-Lac entre les premiers participants au Sun Trip 2015, une famille commençait à se construire. Cette aventure, cette préparation a commencé à nous faire sentir dans le même bateau. Les réseaux sociaux nous permettent ainsi de suivre notre avancement, un forum mis à notre disposition nous permet de partager nos informations sur la technique, le voyage, les itinéraire, le matériel, etc., (le forum est en partie seulement accessible à tous). Les différents échanges de mail avec l’organisation et les participants font avancer le projet et nous sommes jour après jour de plus en plus concernés par le départ qui approche. De mon coté, je rencontre Eric Morel de temps en temps; il se trouve qu’il vie et travaille à deux pas de chez ma mère que je vais voir régulièrement dans l’Oise. Encore une fois, c’est à travers la préparation du Sun Trip que nous nous sentons appartenir à une famille qui bientôt vivra une aventure exceptionnelle.

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La préparation c’est bien sur aussi l’entrainement physique. Il se trouve que je m’embarque dans une discipline sportive que je ne connais pas… Pas le choix, il m’a fallu rouler en vélo. Je remercie particulièrement mon ami Matthieu qui partant vivre en Guadeloupe et n’y emmenant pas son vélo, me le prête aujourd’hui pour mon entrainement, puisque je n’avais pas réellement pratiqué le depuis le collège… il y a 20 ans. J’exagère surement un peu, mais on n’est pas loin de la vérité. Depuis j’ai parcouru quelques kilomètres formateurs, même si je ne ferai jamais la distance de Béatrice et Yannick, un charmant couple participant à l’aventure, qui cet été a roulé 5000 kilomètres. Je sens que de toute façon, moteur électrique ou pas, soleil ou pas, il me faudra voir partir certains de mes camarades devant, que je ne retrouverai qu’à Astana, voir à une éventuelle future rencontre d’ancien combattant de la steppe, à notre retour en France. En attendant je suis équipé pour affronter l’hiver du NOOORD, mais il faut avouer que tout ceci est facilité par le paysage de notre plat pays. Je crains d’ailleurs la traversée des Alpes pendant le prologue de Chambéry à Milan…

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Je me suis aussi fixé au départ d’apprendre des rudiments de Russe. Il faut dire que plus de la moitié du trajet se passe en territoire un minimum russophone. En effet j’ai décidé depuis longtemps de passer par le nord, c’est à dire par l’Ukraine et non par la Turquie qui est une deuxième option d’itinéraire. Peut être j’expliquerai dans un autre article ce choix personnel. Concrètement j’ai une méthode assimile. Cette méthode est simple: faire des exercices tous les jours. Autant vous dire que je n’y suis pas. Peut être n’en ai je pas fais une priorité. Aujourd’hui, il est vrai qu’entre mon métier, ma famille et la préparation indispensable au Sun Trip, j’ai mis cet apprentissage de coté. Ce que je sais d’expérience, c’est que même sans parler une langue, on peut toujours réussir à traverser un pays en ayant des échanges inoubliables. Peut être perd on quelque chose ?

Itinéraire Sun Trip Thomas Pollet

Nous voici en 2015. Le projet avance bien. Depuis quelques mois je suis en correspondance constante avec un responsable de Solex et Altermove pour voir sortir de leurs ateliers un vélo que je pourrai tester d’ici fin février. Mon budget global n’est pas encore bouclé et très rapidement je repartirai à la recherche de sponsors. Quand ils verront le vélo, comment pourront-ils ne pas être séduits pas tant de valeurs exprimés dans ce projet qu’est le Sun Trip. C’est pourquoi je remercie tous ceux qui ce sont engagés dans cette aventure depuis le départ, quelque soit la hauteur de leur contribution. Je me dois pour eux, c’est pour cela aussi que j’ai choisi d’avoir des partenaires, d’arriver au bout. Ils seront autant d’éléments moteurs sur le chemin d’Astana.

2014 était une année riche d’expériences et de rencontres, 2015 sera je l’espère une année incroyable grâce au Sun Trip.

Bonne année 2015 à tous, que vos projets se réalisent, qu’ils vous amènent sur le chemin de vos rêves.

 Site Thomas Pollet /ALTERMOVE SOLEX Ride

PREMIER SUNTRIP ET HANDICAP

 

 

Le Suntrip a permis de mettre en valeur les performances de sportifs valides.

Quelle est la place du handicap dans tout ça?!.

Certains pourraient penser qu’il n’ a pas sa place ou même veulent l’ignorer.

Sans obligation systématique et récurrente de communiquer sur l’entraide et la solidarité.

Le quotidien d’une personne en situation de handicap est déjà bien assez compliqué en restant chez soi , alors partir en vélo solaire… Il est bien compréhensible que chacun s’interroge. 

Cependant , les résultats parlent d’eux mêmes:

–  Cédric Vinatier (bras non valide)  en route pour Astana  et de réussir son SUNTRIP après d’énormes efforts .

Juste imaginer que lorsqu’il change un pneu il le fait avec un bras , avec toute l’ingéniosité qu’il faut déployer ! .

Essayez donc?…

Dragon bike
Dragon bike

–  Sylvain Machefert (Malvoyant et plus) qui après bien des déboires et des péripéties s’est retrouvé seul face a la route et a du s’adapter sublimement et a fait le choix courageux de repartir en direction de la France en visitant certains pays comme la Turquie, la Gréce, la Crête…

Essayez donc aussi avec des lunettes ne laissant qu’un minuscule trou pour voir…

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–  Moi même jusqu’en Ukraine aux portes d’Odessa en handbike, près de 3000 kms. Après de multiples péripéties d’accompagnements, aux terribles efforts d’adaptations physiques après de nombreux « transferts sauvages », d’adaptations psychiques et morales a tous.

Essayez donc mon handbike simplement dans le col du Petit Sant Bernard après 100 kms… 

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comment faire pour descendre = mal de dos pour Guillaume Buezelin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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comment faire pour ne pas tomber
comment faire pour ne pas tomber

 

Compliqué de faire la route seul , même si l’envie et la force est là,tellement l’engagement et les distances sont importants.

Même certains valides l’on éviter , alors pensez vous nous….

Quel niveau de contraintes répétitives un valide peut-il accepter, supporter en faisant la route avec une personne handicapé au détriment de sa propre aventure.

Si tel est le cas il y a bien un prix a payer!. lequel? Celui de l’autonomie de chacun?.

Ce premier SUNTRIP aura été un bon premier coup d’essai. 

a bientôt pour un prochain SUNTRIP.

A bientôt pour de nouvelles aventure
A bientôt pour de nouvelles aventure

 

Serie noire à l’Italienne

Requiem pour un pneu

La descente vers l’Italie amorcera un cycle infernal de problemes techniques. Mal adaptés les pneus et surtout les chambres à air de notre sponsor vont me plomber.

Dans des moments critiques comme la descente des alpes, sur une nationale entre 2 tunnels, au démarrage d’une journée dédiée aux kilomètres, ils seront un poids mort qui use mon moral et ralentissent ma progression.

En 2 jours , j aurais une explosion de pneu + chambre et 3 crevaisons. Comptez une heure à chaque fois pour démonter, réparer, rerégler et c est près d’une demi journée de pédalage de perdue, pour moi et mes amis Suntripeurs qui ne me lâcheront pas dans ces moments difficiles, Jean, Céline et puis surtout Sylvain et Marc qui m’aideront à ne pas désespérer.

Un problème à la fois , mais en rangs serrés

les pneux seront changés au prix d une matinée à fureter à Ivréa. Une des batteriesIMG_0225 verouillées, mais une seule, sera débloquée par un garagiste à Morgex. Pour avancer, Sylvain, retrouvé dans un camping ma fera un cablage spécifique pour réussir à l’utilser.

Reste les manœuvres de changement de batteries, lourdes complexes, pénibles. Tout ces détails qui rende l aventure difficile.
Un wattmetre qui donne des infos erronées les 5 premieres minutes de branchements…
Les batteries avec la clé percée sont moins fiables sur leur socles : parfois elles ne seront pas chargée, et le système de verrouillage arrive encore à de bloquer parfois. De longues minutes de combat pour réussir a les démonter.
L’attelle de mon bras qui prend un jeu inquiétant…

 Se liberer de ce qui pèse

Marc l’homme d’expérience vient me voir :  accueille ce que tu ressens Cédric, laisse le venir.

Me submerge alors la colère de mes mauvais choix, de ceux trop légers que d’autres me font porter désormais, Et puis au fond, tout au fond le constat simple et terrible : j’ai refusé de prendre mon handicap en compte dans la conception de ce voyage , dans le SunTrip. comme dans ce velo.

Remonté à la va-vite, capteurs et batteries ne sont pas optimisés. Toutes les manipulations laborieuses, douloureuses, me balancent ma condition à la face. Mon vélo et moi sommes un peu abimés. Soit.

Alors je vais faire la liste des faiblesses de l’un et de l’autre. J’ai 3000 kms pour les apprivoiser, les dépasser. Car au bout de l’Europe, il y a les Steppes. Et oui elles me font peur. Pour passer il va falloir se libérer de toutes les failles. Atteindre une légèreté d’ascète, l’élégance de l’Homme debout.

Les couches d’oignons

Un voyageur c’est comme un oignon. Il y a plein de peaux les unes sur les autres. Ce qu’on a laisser, ce qu’on aurait mieux fait d’emporter, les idées préconçues, la perception de soi, des autres, pleins de couches qu on enlève petit à petit.  The SunTrip ajoute au voyage des couches technologiques multiples avec la motorisation, la solarisation, des couches de communications, vos attentes de nouvelles fraiches.

Une pression énorme s’abat sur moi. Ok , gérons là calmement

  • Le solaire donne et c est tant mieux.
  • Mon moteur est une horloge econome, et douce à mes genoux , génial on continue !
  • L’autonomie de mes batteries laissent à désirer, soit. Je vais construire les muscles nécessaires pour compenser.
  • je met trop de temps pour avancer vis à vis du visa Russe ? j eviterai Roumanie et Moldavie pour tracer au plus plat 
  • j’ai pris trop de retard : j ai la forme physique pour rouler une dizaine d’heures, avec mon rythme solaire qui se peaufine, je peux atteindre les 200kms/jours.

Je suis confiant …

Le bouquet final

La route de l’Italie touche à sa fin, j ai déployer mon rythme de charge solaire et d’assistance electrique. J ai  perdu beaucoup de temps mais pas trop. Je branche une batterie chargée toute la matinée sous un soleil de plomb. Rien.

La batterie est HS, à moins de 1000kms après le départ. Une après midi à la jambe à ruminer, et des idées noires toutes la nuit. Au petit matin un sachet de thé va tout changer.

« As long as there is a doubt , You cannot find the way »

 

 

 Un nouveau cablage improvisé, une grande dose d’efforts et de courage, je file vers la Slovénie. Je contacte mon partenaire autrichien Mpf. Il prend la mesure de ce que nous sommes en train de réaliser, avec sa technologie et ma determination.

Et que la premiere devra assurer a là hauteur de la seconde, jusqu’au bout du monde.