The 5-star surprise/ La surprise 5 étoiles

Day 31 – 26/06/2015 – 92 kms – Istanbul à Izmit Total : 3707 kms

In the morning, Bilgin brings me back to the office. Farewell moments are never my favourites, I really don’t want to go yet. But I’m quite positive this is not the last time we meet. My brakes are still not braking properly, so Murat has asked his good friend (another one), an ex-cycling champion, half-Turkish, half-Iranian, to help me out. This guy has opened two shops, one in Teheran and one in Istanbul. He is very efficient but a little surly. He immediately tells me the disk of my front-wheel brakes must be changed. I was expecting that having seen how blue the metal had become due to overheating. He installs a new one, with a recent design enabling better heat repartition. He also manages to set the pads to perfection. I ask him if he can tinker a larger mirror than the one I currently have, as the ones sold in the commerce are not adapted to the butterfly handlebars. That also is done in no time. Roger’s been upgraded once more! Another one of their friends appears out of the blue, telling me I shouldn’t worry about his behaviour, all bike shop owners are a little crazy in Turkey. After that, they both leave to meet up with Murat to ride (how original) around some islands.

Le matin, Biglin m’emmène aux bureaux pour récupérer Roger. Les adieux sont encore une fois un peu difficiles, je n’ai pas du tout envie de repartir. Mais je sais que ça ne sera pas la dernière fois que je la vois. Comme mes freins font toujours des leurs, Murat m’a pris rendez-vous avec un autre de ses nombreux amis, un ex-champion de cyclisme, moitié turque, moitié iranien. Il a une boutique de réparation de vélo dans Istanbul et une autre à Téhéran. C’est quelqu’un de très opérationnel mais d’un peu brusque. Il m’indique immédiatement qu’il faut le changer le disque de frein. Je m’en doutais vu sa couleur bleuie par les échauffements. Il m’en installe un neuf, avec design modern qui permet de mieux répartir la chaleur. Il me règle également les plaquettes à la perfection. Je lui demande s’il peut me bricoler un rétro plus large que celui que j’ai actuellement et dans lequel je ne vois rien du tout ! En effet, dans le commerce, ils n’en vendent pas des adaptés à un guidon papillon. Aussitôt demandé, aussitôt fait. Nouvelle révision quasi-complète de Roger. Un autre de leur ami arrive et me confie que tous les propriétaires de boutiques de vélos sont un peu tarés en Turquie, qu’il ne faut pas s’inquiéter s’il parait un peu pressé et directif. Après ce petit dépannage, ils partent rejoindre Murat pour le week-end sur des îles faire du vélo.

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I head towards Pendik, the departure dock of my ferry to Yalova, on the other side of the Izmit bay, by taking the pleasant southern route of the Asian side of Istanbul along the “Princess” islands. I take advantage of this perfect seaside road with little traffic to try out the new sensibility of my brakes. Taking this ferry will not allow to reduce the number of kilometres, it would rather have the opposite effect, but it will allow me to avoid the heavy traffic coming out of Istanbul. I love ferry rides, so relaxing! On the boat, Murat sends me a message “Friends are waiting for you on the other side” “Do I need an escort for this portion?” “No they just want to ride with you” incredible but really nice! When I debark from the ferry, Ali and his bike are waiting for me. Ali is an engineer but he really wants to become a professional cyclist, he has already won a few races. Together, we ride along the beaches on a very wide cycling road. We pass in front by a wooden house. Ali tells me this is not just any house. Its construction was ordered by Ataturk (him again) in 1929 next to a plane tree he was fond of. Later, one of the branch of the tree was touching the villa and Ataturk was alerted that the branch should be cut. But he refused and even had the villa placed on tramway rails to be able to move it regularly! Since then, this house is referred to as the “moving house”. Ali bids me farewell as we exit the city and asks me to pay attention to cars, because, from his point of view, drivers have no respect for cyclists in this country.

De mon côté, je longe les îles dites « princesses » au sud d’Istanbul, un chemin très agréable au bord de l’eau où j’apprécie pleinement la sensibilité retrouvée de mes freins, avant de rejoindre Pendik, le lieu de départ du ferry qui amène de l’autre côté de la crique d’Izmit, à Yalova. Prendre ce ferry ne permet pas de gagner des kilomètres, ça aurait plutôt tendance à en rajouter, mais ça permet d’éviter le trafic important en sortie d’Istanbul. Et c’est parti pour une nouvelle traversée ! J’adore ! Murat m’envoie un message « Des amis t’attendent en vélo de l’autre côté » « Il y a besoin d’une escorte pour cette portion ? » « Non mais ils veulent juste rouler avec toi » Hallucinant mais super sympa ! Arrivée de l’autre côté, je suis rejointe par Ali et son vélo. Ali est ingénieur mais veut devenir cycliste pro, il a déjà gagné plusieurs courses. On prend la large piste cyclable le long de la plage et on passe devant une maison de bois. Ali m’explique que ce n’est pas n’importe quelle maison. C’est la maison qu’Ataturk (encore lui !) avait fait construire en 1929 à côté d’un arbre qu’il affectionnait particulièrement. Quelques temps plus tard, une branche de l’arbre venait toucher la villa et on avisa Ataturk qu’on allait la couper. Mais il objecta farouchement et alla jusqu’à faire placer la villa sur des rails de tramway pour pouvoir la déplacer régulièrement ! Depuis, on appelle cette villa « la villa qui bouge ». Ali me laisse en sortie de ville en me demandant de bien faire attention aux voitures qui n’ont aucun respect pour les cyclistes dans ce pays selon lui.






But thinking the escort would stop here is underestimating Murat’s influence in the region. As I approach Izmit, I meet Shenaz, and her two young acolytes. She is the president of the cyclist organisation in Izmit. She’s fun and kind of looks like a wild hippie with her long hair all tangled up, her dark skin, her big gothic-like rings and coloured bracelets. She is a truly beautiful woman. This new team guides me from Karamursel to Izmit, around thirty kilometres total. The young man has a bike from a rental and you can see from the way he is panting that he isn’t used to going so fast. Even if I wait for them quite often, he is clearly suffering. But it’s also nice to have some company.

Mais il ne fallait pas sous-estimer la longueur du bras de Murat. En arrivant à Izmit, je retrouve Sehnaz, et deux jeunes acolytes. Elle est présidente de l’association de cyclisme turque d’Izmit. Elle est marrante, et me fait un peu penser à une hippie. D’une quarantaine d’années, la peau très matte, elle a quelque chose d’un peu sauvage avec ses longs cheveux noirs tout emmêlés et qu’elle se refuse d’attacher. Elle porte de grosses bagues voyantes un peu gothiques et de bracelets colorés. C’est une très belle femme. Cette nouvelle équipe m’escorte depuis Karamursel jusqu’à l’entrée d’Izmit, soit une trentaine de kilomètre. Le jeune garçon qui nous accompagne à un vélo de libre-service et on voit qu’il n’a visiblement pas l’habitude d’aller aussi vite. Même si je les attends régulièrement, clairement, il souffre. Mais bon, c’est aussi très agréable d’avoir de la compagnie.




Levent, my sister’s friend’s friend, is waiting for me at the entrance of the city. He escorts the bike escort with his car up to the hotel that Ulash, my sister’s friend and Levent’s colleague, has reserved for me. I can’t believe my eyes when I actually see the hotel. A palace, 5-star. All is perfect: service, the decoration, the room and (o yeah) the bed! Crazy they are, these Turks! When I ask “But why? But how?” The same sentence falls back in my ears ‘you are our host” (by the way, it’s funny how they always say “host” instead of “guest”). It seems this word doesn’t have the same meaning, or should I say, the same importance than in other countries. The “host” (ie. the “guest”, are you following?) has all the powers. He must be fully satisfied, feel at ease, welcomed, he must feel that the hosts are delighted, or even honoured, to have him as a guest. If he is hungry, he must be fed until he cannot get up again. If he is tired, he must be let alone and unbothered. His desires are literally orders. And nothing, o no nothing, is more important than his stay. If you’ve planned something else, cancel it and smile. And, above all, the guest must never have to pay for anything. I think it must be a crime in this country. Can you believe a man I have never met, I have never seen, I have been talking to for only a few days, invites me to a 5-star hotel because I am his “guest”, and not particularly in this city, but his guest in Turkey? And he’s not even in that city at that time! Thank you Ulash and thank you Levent, that was… awesome! And that’s not specific to them of course, it is true for all the Turks I’ve had the chance to bump into throughout my journey, Murat being, of course, on top of that list.

A l’entrée d’Izmit, Levent, un ami d’un ami de ma sœur, nous attend. Il escorte l’escorte de vélos avec sa voiture et son chauffeur jusqu’à un hôtel qu’Ulash, l’ami de ma sœur en question et collègue de Levent, a réservé pour moi. J’hallucine complétement quand je vois l’hôtel. Un palace, 5 étoiles. Tout est parfait : le service, le décor, la chambre et (o oui) le lit ! Ils sont fous ces turques ! Quand je lui demande « Mais pourquoi ? Mais comment ? ». Toujours cette phrase que j’ai déjà beaucoup entendu en Turquie : « Tu es notre invité ». D’ailleurs, le mot « invité » en turc n’a pas la même signification ou dirais-je plutôt importance que dans les autres pays. L’ « invité » a les pleins pouvoirs. Il faut s’assurer qu’il ne lui manque rien, qu’il se sente bien, accueilli, qu’on lui montre qu’on est heureux, voir honoré, de l’avoir chez soi. S’il a faim, il faut le gaver jusqu’à ce qu’il ne puisse plus se relever. S’il est fatigué, il faut le laisser se reposer et ne surtout pas le déranger. Ses désirs sont des ordres, au sens propre du terme. Et rien, non rien, n’est plus important que de bien le recevoir. SI on a prévu autre chose, on annule, et on le fait avec le sourire. Et surtout, ne jamais laisser payer quoi que ce soit à un invité, c’est presque un crime dans ce pays. Un homme, que je ne connais pas, que je n’ai jamais vu, avec qui je suis en contact que depuis quelques jours, m’invite dans un 5-étoiles parce que je suis son « invité », et non pas son invité dans cette ville, mais en Turquie, et ceci, alors qu’il n’est même dans la ville en question. Merci Ulash et merci Levent, c’était… fou ! Mais ce n’est même pas spécifique à eux, comme me l’ont démontré quasiment tous les turques que j’ai rencontré, Murat en tête.


As I am getting ready to go to Levent’s for dinner, a ceremony is taking place in the hotel courtyard. The dimming light of the sunset, the Turkish tunes, the calm waters of the cove and my amazing hotel room… I’m feeling great. At 9 pm, one of Levent’s drivers picks me up. Levent told me “It’s better at home than in the restaurants”. There, I meet with his wife and two kids, but also two sisters, brother and step-father. The whole family is united for Iftar. His sister prepared everything and, I have to admit, that’s probably one of the best chickens I have ever eaten. No-one speaks English but Levent. He explains to me how he went from being captain of a ship to setting up his own small business of shipping services (navigating personnel and paperwork essentially) in his city, Izmit. From Levent’s point of view, Izmit is a nice city, modern, but it also is one of the most polluted cities in Turkey. That’s why he’s looking to move higher in the mountains, where the air is of better quality: to escape from the pollution generated by the accelerated never-stopping industrialisation of his city.

Alors que je me prépare avant d’aller chez Levent pour le diner, une cérémonie se déroule dans la cour de l’hôtel. Le soleil couchant, les chants turcs parvenant jusqu’à ma fenêtre, l’eau calme de la crique et ma super chambre d’hôtel… Je suis au top. A 21 heures, un chauffeur vient me récupérer. Levent m’a dit « C’est meilleur à la maison qu’au resto ». Là je rencontre sa femme et ses deux enfants, mais aussi ses deux sœurs, son frère et son beau-père. La famille au grand complet est réunie pour l’Iftar. C’est sa sœur qui a tout préparé, et, en effet, pour rien au monde je n’aurais mangé au restaurant. Un poulet divin ! Personne ne parle anglais sauf lui, donc il m’explique comment, en tant qu’ancien capitaine, il en est venu à monter sa boite de service pour shipping (personnel navigant et traitement de paperasse) dans sa ville, à Izmit. D’après Levent, Izmit est une ville sympa pour vivre, moderne, mais c’est aussi une des villes les plus polluées de la Turquie. C’est pour ça qu’il cherche à déménager dans les montagnes, où l’air est plus pur : pour échapper à la pollution générée par l’industrialisation accélérée et incessante de cette ville.

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