The director/ Monsieur le directeur

Day 35 – 30/06/2015 – 162 kms – Tosya à Merzifon
Total : 4242 kms

As the sun slowly rises, I leave my two new friends. Unfortunately, riding a solar bike has a different rhythm than riding a normal bike. This morning, there is still no sun, but at least it’s not raining anymore. As I go deeper into the mountains, the landscape slowly changes. At the bottom of the valleys, farmers plowing their fields make way to numerous rice pickers that spread through the paddy fields. The flanks of the mountains are not as green, thick and steep as they were yesterday. Here and there, old women are looking after one or two cows, sometimes a small herd of sheep. Storks have invaded the region, they can be seen everywhere: Perched on top of electric poles where they have decided to install their nest, flying over the paddy fields or just waiting by the side of the road. But what I prefer is the chant of the muezzin echoing in the mountains. With today’s fog, this adds a touch of mysticism to this already strange atmosphere.

Au petit matin, je laisse mes deux nouveaux amis. C’est malheureux mais voyager en vélo solaire impose un rythme différent que de voyager en vélo simple. Ce matin, il n’y a toujours pas de soleil mais il ne pleut plus. Alors que je m’enfonce dans la montagne, le paysage se transforme petit à petit. Dans le fond des vallées, les agriculteurs labourant leurs champs laissent place à une multitude de cueilleurs qui viennent parsemer des rizières. Les flancs des monts deviennent moins verts, moins touffus, et moins escarpés. Çà et là, de vieilles femmes gardent une à deux vaches et parfois un petit troupeau de mouton. Les cigognes ont envahi cette région, on en voit partout : perchées en haut de poteaux électriques où elles ont décidés d’installer leurs nids, survolant les rizières ou posées sur le bord de la route. Mais ce que je préfère, c’est le chant du muezzin qui résonne dans la montagne. Avec la brume d’aujourd’hui, ça rajoute un côté un peu mystique à ce décor déjà très inhabituel.

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I stop to have lunch close by Osmacik, a charming small town, lost in the middle of nowhere. It seems the speciality are clay pots, tachiniks and silvered dishes. In the afternoon, I will have to go through a narrow path with cliffs rising to a few hundred meters high on both sides. This bottleneck generates a strong counter wind stopping me from moving forwards. Sun continues to flee me, I can see it a few hundreds of meters ahead but clouds are following me, and I just can’t catch up. It’s really frustrating! When I finally manage to exit the funnel, a plateau that could be mistaken for a plain, stretches out in front of me. I leave mountains behind me and head out towards Merzifon.

Je m’arrête déjeuner à Osmacik, une petite ville très mignonne, paumée au milieu de rien. Il semble que la spécialité soit les pots de terre, les tchainiks et la vaisselle argentée. L’après-midi je passe par un étroit passage entre des falaises de plusieurs centaines de mètres de haut. Ce goulot d’étranglement génère un vent de face puissant qui me freine énormément. Le soleil continue de me fuir, je le vois quelques centaines de mètres plus loin mais des nuages s’entêtent à suivre mon chemin, et je ne parviendrais jamais à le rattraper. C’est excessivement énervant ! Lorsque je sors enfin de l’entonnoir, un plateau s’apparentant à une plaine s’étend à perte de vue. Je laisse les montagnes derrière moi et m’élance en direction de Merzifon.

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After a last uphill using only my poor legs, I am welcomed right before the city by Aziz, the only English teacher in town. He guides to the “director” who has been waiting for me for some time now, if I understood properly. The English teacher looks stressed out, and seems really not to want to make him wait any longer. But who is this director? Arriving to destination, under the flashes of two excited photographs, I hurry up to shake hands with the man wearing an impeccable suit. The reception committee is composed of around seven smiling persons, each of them greeting me eagerly. After a few official pictures, I hear that the “director” is called “minister” by one of the guys. I really don’t understand anything, but as I’m really in a hurry to take a shower, I’m not bothered to ask right away. I am then escorted to the “House of Professors”, a sort of campus that looks very neat. After having parked Roger in a secure area, a room is attributed to me. I had just started imagining a quiet evening where I would have time to wash my clothes and go to bed early when I learn I actually need to be ready in fifteen minutes to go dine Iftar at the Belediye of Merzifon. I hurry up to finish my most important chores quickly, but as I rush back down, surprise, everyone is gone. After clarification, it seems that this director, seeing how exhausted I looked, didn’t want to force me into any social obligations, and had a dinner ready for me to eat alone at the House of Professors. I still don’t have a clue on who this director is, but, in any case, if he ever reads these few lines, I would really like to thank him for everything. I would also be very interested to know his name and function. Now, let’s benefit from this unique opportunity, and go to bed early!

Après une dernière montée à la jambe, je suis accueillie à l’entrée de la ville par Aziz, le seul professeur d’anglais de la ville. Il me guide un peu plus loin pour rencontrer «  le directeur » qui m’attend depuis déjà longtemps d’après ce que j’ai compris. Le professeur d’anglais a l’air très stressé à l’idée de le faire attendre davantage. Mais qui est ce directeur ? Arrivée à destination, sous les flashs de deux photographes de journaux locaux, je m’empresse donc de serrer la main de cet homme au costard si soigné. Le comité d’accueil est composé d’environ sept personnes enthousiastes qui me tendent la main, sourire aux lèvres. Après quelques photos officielles, j’entends le « directeur » se faire appeler « ministre ». Je n’y comprends rien mais j’ai quand même bien envie de prendre une douche donc je n’insiste pas. Je suis ensuite guidée jusqu’à la « Maison des Professeurs », une sorte de campus qui me semble très propre. Après avoir rangé Roger au chaud, une chambre m’y est attribuée. A peine ai-je eu le temps de m’imaginer une soirée pépère où je pourrais laver tranquillement mes habits et me coucher dans la foulée, qu’on m’annonce que j’ai rendez-vous dans quinze minutes pour aller diner l’Iftar au Belediye de Merzifon. Je m’empresse donc de tout faire version express mais quand je descends à l’heure prévu, surprise, il n’y a personne. Après clarification, il semble que le fameux directeur, voyant que j’étais fatiguée, n’a pas voulu m’obliger à participer à quelconque évènement social et m’offre un repas dans la maison des professeurs, en tête à tête avec moi-même. Je ne sais toujours pas qui est ce directeur mais en tout cas, si il parvient à lire ces quelques lignes, je tiens à le remercier pour tout ce qu’il a fait pour moi, chose que je n’ai pas eu l’occasion de faire à ce moment-là. Au passage, je serais également intéressée de savoir son identité et sa fonction. Maintenant, vite, on en profite, au dodo.

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