The long road to heaven/ Il faut le mériter, son petit coin de paradis!

Day 32 – 27/06/2015 – 162 kms – Izmit à Bolu
Total : 3869 kms

The best breakfast of my whole life this morning. There’s a little bit of everything: sweet and salted food, Turkish specialities, full meals, a stall with a chef cooking your customized eggs in front of you, there’s even a piece of hive from which you can directly serve yourself honey! And even a bowl next to it with honey in small plastic pots if you can’t be bothered to get it from the hive. Everything is delicious, fresh, and you’ve got the view on the Izmit bay from the restaurant. I prepare myself little sandwiches for midday and take several fruits along with me as well. I am sated but Roger hasn’t been able to charge properly due to mediocre sun, and today, we head back to the mountains. There is even an uphill of 900 meters height difference. Before this challenge, in Sakarya, friends of Murat are waiting for me. There’s Ilhan, the president of Sakarya’s cycling association, and two young lads with him. One’s name is Mert and speaks perfect English. We head on towards Duzce. It’s quite nice because they let me set the pace and simply follow, I don’t even need to wait for them. They’re incredibly fast on their light bikes. Mert explains to me that, although it’s Saturday, he was supposed to work today but he begged his boss to get a day off just to accompany me. I am truly touched by this, I don’t even know what to answer “Teshekur?” (Thank you in Turkish). The craziest thing is that, at the end of our trip together, they thank me for letting them escort me and consider it an honour. I’m dumb struck.

C’est le meilleur petit déjeuner que j’ai pris de toute ma vie (et je n’exagère toujours pas) ! Il y a tout : du salé, du sucré, des spécialités turques en tout genre, des plats complets, un stand avec un commis qui vous fait les œufs à la demande avec les ingrédients que vous voulez, il y a même un morceau de ruche duquel on peut directement chercher le miel ! Et même un panier à côté avec du miel dans des petites boîtes en plastiques si vous avez la flemme d’aller le récupérer de vous-même ! Tout est délicieux avec une vue sur la baie d’Izmit en prime. J’en profite pour me faire mes sandwichs de midi et des provisions de fruits pour la journée. Je suis repue mais Roger, lui, n’a pas pu faire le plein car le soleil est timide aujourd’hui, et c’est justement le jour où la montagne recommence, avec notamment une grimpette de 900 m de dénivelé. A Sakarya, des amis de Murat m’attendent pour faire un bout de chemin. C’est Ilhan, le président de l’association de Sakarya, et deux jeunes compères, dont l’un d’eux s’appelle Mert et parle très bien anglais. On file tout droit direction Duzce. C’est agréable car ils me laissent imposer le rythme, ce que je préfère, et ne me ralentissent pas. C’est qu’ils sont rapides les gaillards ! Mert m’explique qu’il devait bosser ce samedi mais qu’il a supplié son patron de le libérer exceptionnellement pour m’accompagner pendant ces quelques kilomètres. Je suis vraiment touchée par ce geste, je ne sais même pas quoi lui répondre « Teshekur ? » (Merci en turque). Le plus déroutant, c’est qu’à la fin, ils me remercient d’avoir accepté leur escorte, m’expliquant qu’il a été un honneur pour eux (oui c’est le mot employé) de rouler avec moi. J’en reste bouche bée.





After a light lunch by the side of the road, composed of different elements of this morning banquet, I meet again with two new road buddies at the entrance of Duzce. They look very enthusiastic to see me. So much that one of them keeps on taking pictures all the time, which ends up annoying me a little. The other one will leave us at the city’s exit, but the tireless photographer will continue on with me up to Bolu. A few kilometres after the city, the 900 meters uphill start, and, as if that wasn’t enough, it starts raining. The fog sits on top of the mountains, making it look even more wild and threatening. Montvernier’s laces are nothing compared to what comes next. Ismail, the man hosting me for the night, comes to greet us by car. I instantly like this nice, calm and peaceful man, he appeases me. He is retired but still races in competitions in his category. Here, in the mountains, is his playground, his training field (and you just need to see the slopes to understand some people are really crazy!). I painfully manage to reach Bolu and follow him to his house. It looks like the sun will be hiding at least until tomorrow.

Après un déjeuner rapide de bord de route, composé de différents éléments du petit déjeuner de ce matin, je retrouve encore deux nouveaux compagnons de route près de Duzce. Eux aussi ont l’air très enthousiastes. L’un deux l’est tellement qu’il prend frénétiquement des photos toutes les 2 minutes, ce qui a tendance à m’agacer un peu. L’autre nous laisse à la sortie de la ville mais le photographe en herbe me suivra jusqu’à Bolu. Après quelques kilomètres, les 900 mètres de montée à pic débutent, et il commence à pleuvioter. La brume enveloppe la montagne, qui parait encore plus sauvage et menaçante. A côté de ce qui va suivre, les lacets de Montverniers n’ont qu’à aller se rhabiller. Ismail, l’homme chez qui je dormirais ce soir, vient à notre rencontre en voiture. Tout de suite, j’aime cet homme calme et serein, d’une bonté qui se flaire de loin, il m’apaise. Il est à la retraite mais fait encore des championnats de cyclisme dans sa catégorie. Ici, au cœur des montagnes, c’est son terrain de jeu, sa piste d’entrainement (il n’y a qu’à voir les pentes pour comprendre qu’il y en a qui aime se faire du mal !). Il me guidera jusqu’à chez lui et c’est péniblement que je me hisse jusqu’à Bolu. Le soleil, ça ne sera pas pour aujourd’hui.




As soon as the door opens, I understand by Aishegul’s and Betgul’s smile that leaving tomorrow will be difficult. They look delighted to see me. The whole family does Ramazan but Aishegul, the wife, instantly ask me if I want to eat something before dinner. After showering, we all gather around the table to have Iftar. We patiently wait for nine o’clock call for prayer, resounding in the mountains, and as soon as the red firecracker signalling the end of the fasting lights up the sky, dinner is served. It’s good and hearty. There are dates on the table, Iftar’s symbolic fruit, and glasses are filled with a fresh clove and cinnamon juice! Aishegul is an amateur bandmaster, and conducts four concerts each year. She shows me a video of one of them, a Turkish music orchestra accompanied by a sulphurous diva. Betgul wants to become an engineer, but above all, she wants to live abroad, like her big sister, who is studying in Holland at the moment. She’s probably one of the most polite, open-minded and intelligent teenage I’ll have come across this trip.

Dès que la porte s’ouvre, je comprends par le sourire d’Aishegul et de sa fille, Betgul, que je vais avoir du mal à repartir demain. Elles ont l’air enchantées de me recevoir. Ils font Ramazan mais me propose tout de suite si je veux manger un petit apéro avant. Après une bonne douche, on se met à table tous ensemble pour manger l’Iftar. On attend la prière du soir qui résonne dans les montagnes et un pétard éclate dans le ciel au milieu du village, signalant le début officiel du repas, tel le départ d’une course. Le repas est très bon et copieux. Il est agrémenté de dattes, fruit caractéristique de l’Iftar, ainsi qu’une boisson fraiche à la cannelle et aux clous de girofle ! Aishegul est chef d’orchestre amateur, pour 4 concerts par an. Elle me montre une vidéo où elle dirige un orchestre de musique turc avec une chanteuse sulfureuse. Betgul, elle, veut plutôt être ingénieur, mais surtout, elle veut vivre à l’étranger, comme sa grande sœur, actuellement en Hollande. C’est surement l’adolescente la plus polie, la plus intelligente et la plus ouverte d’esprit que j’aurais croisé pendant cette aventure.


At the end of the meal, surprise: Omer and a few friends of his are invited at Ismail’s place. This group has created a small local cycling association for bike amateurs and they really wanted to meet me. No link with Murat this time, or almost: they heard about me through a friend of the crazy photograph’s friend. Apparently, Turkey’s cycling network is quite active! They hand me an adorable little present: chocolates, the city’s speciality, wrapped up in customized paper! I thank them warmly, and they return the hugs, as if they wanted to give me courage for the rest of the trip. A wonderful moment, where, as always, I won’t be able to find the right words to say thank you.

A la fin du repas, surprise : Omer et quelques amis à lui sont invités chez Ismail. Ils ont formé une petite association locale pour amateur de vélo et voulaient absolument me rencontrer. Pas de lien avec Murat cette fois-ci, ou si quand même un peu : ils ont entendu parler de moi à travers un ami d’un ami du photographe qui m’accompagnait. Comme quoi le monde des cyclistes turcs est petit. Ils m’ont préparé un petit cadeau qui va beaucoup me toucher : des chocolats, spécialité de la ville, mais des chocolats personnalisés ! S’ensuit des embrassades sincères, comme si ils cherchaient à me donner du courage pour la suite. Un grand moment d’émotion durant lequel je ne saurais plus où me mettre, une fois de plus.


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