The so-called serbian austerity/ La soit-disant austérité Serbe

Day 18 – 13/06/2015 – 153 kms – Lipovac à Belgrade

When I wake up, Svetlana tells me to go get a cup of coffee in her bar for breakfast and refuses that I pay anything at all. It’s a habit here! In her coffee shop, there are only men, once again, including two cops. One man, seeming already quite drunk, starts a long tirade he thinks I don’t understand. Saying women shouldn’t do these kind of things, that all this made no sense ect. Croatian, like Slovenian and Serbian, is very similar to Russian, and I manage to grasp the general meaning of most conversations.

Le matin, Svetlana m’indique que je peux me commander un café dans son bar pour le petit déjeuner et refuse catégoriquement que je lui paie quoi que ce soit pour la chambre. Décidemment, c’est une manie en Croatie ! Dans son café, il n’y a que des hommes, dont deux flics. Un homme, semble-t-il déjà ivre, entame une tirade qu’il pense que je ne comprends pas. Que les femmes n’ont pas à faire ça, que c’était bête etc. Sauf que le Croate, tout comme le Slovène, ressemble beaucoup au Russe, et j’arrive à saisir l’essentiel.

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Leaving the drunk and his listeners behind, I head on to Serbia. Surprisingly, Roger is doing fine, as if yesterday’s adventures had put back in place one of his vertebra. We add the expected 30 kms to our itinerary, speeding through the wheat fields, up to Tovarnic, where the border that is authorized to cyclists awaits.

Laissant le bourré et son auditoire, je repars vers la Serbie. De manière assez surprenante, Roger va super bien, comme si ses mésaventures d’hier lui avaient remis une vertèbre en place. Nous faisons donc ce fameux détour de 30 kms, fonçant à travers les champs de blé, jusqu’à Tovarnic, là où la frontière autorisée aux cyclistes nous attends.

At the Croatian border, the customs officer scratches his head and asks me if I had come this way a few years back. I tell him this must have been someone else and talk about the Sun Trip. The Serbians custom officers can’t believe their eyes either “You know we see a lot of strange things around here, but this!”. To the answer “why alone? », I’ve found the answer: « because no one was crazy enough to come with me », which works quite well. One of them ask me if he can hop along.

A la frontière croate, le douanier se gratte la tête et me demande si je suis passé par là avec mon vélo il y a deux ans. Je lui dis que ça devait être quelqu’un d’autre, et lui explique le concept du Sun Trip. Les douaniers serbes, eux, n’en reviennent pas. « On en voit des choses bizarres, mais là ! ». A la question « Pourquoi seule ? », j’ai trouvé une réponse toute faite : « Parce que je n’ai trouvé personne d’assez débile pour venir avec moi », une réponse qui fonctionne bien. L’un deux me demande du coup si il peut venir.

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As soon as I cross the border, numerous stalls selling juicy-looking fruits line up on each side of the street. I stop to change a few Dinars and buy three nectarines. I’m really happy to see some Cyrillic characters: I don’t need to trouble to understand how to pronounce their “c”s with upside down hats. Cyrillic is pronounced exactly how it is read, which will make things easier from now on. As for the so-called Serbian austerity, I am still looking for it. The oldest houses in the villages seem to have a typical architecture (from the region?). The construction dates are indicated right above the front door, and I understand that, the oldest dating from around 1946, they were rerampartsbuilt after the war.

Aussitôt passé la frontière, des étalages de fruits appétissants en tout genre se succèdent. Je m’arrête prendre des Dinars et trois nectarines. Ce qui est agréable aussi, c’est les caractères cyrilliques : plus de galère à chercher comment se prononce le c avec des chapeaux à l’envers, le cyrilliques ça se prononce comme ça s’écrit, ce qui va me simplifier les choses ! Les maisons les plus vieilles semblent toutes avoir une architecture typique de la région (voir ci-dessous). Leurs dates de construction sont indiquées au-dessus de chaque porte, et je comprends que ce sont des reconstructions d’après la deuxième guerre mondiale, les plus vieilles datant de 1946.

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As for the so-called Serbian austerity, I’m still looking for it. Contrary to eastern Croatia, everyone wants to speak with me, ask me to stop to eat and drink with them, all greet me, and I can see the look in the elders’ eyes transforming to that of a child when they see me passing by, some even applause! I It’s almost a little uncomfortable! On the other hand, you can also see several open dumpsters on the side of the road. There is quite a lot, and I realize that, as I have only passed through little villages, I haven’t come across pollution for some time now.

Pour ce qui est de l’austérité serbe, je la cherche toujours. Contrairement à l’est de la Croatie, les gens m’interpellent, me demandent de m’arrêter manger et boire avec eux, tous me saluent. Je vois les visages des anciens se transformer ceux d’enfants émerveillés à mon passage, certains m’applaudissent même ! Ça en deviendrait presque gênant ! Le côté moins sympa, ce sont les déchetteries à ciel ouvert. Il y en a plein, et je me rends compte, que n’étant quasiment passée que par des petits villages, je n’ai rien vu de pollué depuis plusieurs jours.

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Arriving in Belgrade, I am surprised by how beautiful and modern the city is. I am welcomed by Djorje, a bicycle touristic guide, who, as soon as I set foot in his house, brings me back out to have a walk on the ramparts of the fortress up to the old town centre. There, all bars are packed with young people, girls are not wearing much clothes, and streets are full of people from all ages. I didn’t know Belgrade was so dynamic, there is an impressive amount of energy in this city! You simply want to sit down with a few friends on of these terraces and sing with the street musicians playing at every corner, making the crowds dance. It feels like partying!

Arrivée à Belgrade, je suis surprise par la beauté et la modernité de cette ville. Je suis accueillie par Djorje, guide touristique à vélo, et qui, aussitôt arrivée, me fait faire un tour se baladant sur les remparts den la forteresse jusque dans le vieux centre. Là, tous les bars sont bondés de jeunes, les filles habillées particulièrement court, et ça grouille de partout. Je ne pensais pas que Belgrade était aussi dynamique, il y a une sacrée énergie dans cette ville. On a envie de s’attabler avec quelques potes sur une de ces terrasses et chanter avec les musiciens de rues qui jouent un peu partout dans la ville et qui font danser les foules. Ça sent la fête !

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Djorje tells me he has read my last article. When I ask if he appreciated it, he winces. I should have seen it coming, it’s the article on Croatian hospitality. “You know, we don’t really like each other, Serbians and Croatians”. When I ask him why this is still true today, he answers it might have been religious issues at one time in history, but now this hate was rather passed through from one generation to the next. His father had gone to live with his mother in Croatia but in a Serbian village. Because of the government’s will to populate some areas, they had had to move and they had found themselves in a Croatian village, and it had been quite difficult. He tells me that when they had been to Dubrovnik with his friends, they forced themselves not to speak Serbian to avoid having problems. And European Union? Would you like to join? Djorje answers that he likes the idea off free circulation and the freedom to work anywhere. Unfortunately, this system was created by the powerful founding countries to control the market where they sell most of their goods, and that wasn’t fair to those countries relying more on services.

Djorje me dit qu’il a lu mon dernier article. Quand je lui demande s’il a aimé, il grimace. J’aurais dû m’en douter : c’était celui sur l’hospitalité croate. Il me dit : « Tu sais, on ne s’aime pas beaucoup avec les Croates ». Et quand je lui demande pourquoi c’est encore vrai aujourd’hui, il me répond que ça avait d’abord dû être des histoires de religion mais que maintenant, c’était des plus histoires de familles. Son père était parti vivre avec sa mère dans un village serbe mais en Croatie. Pour des histoires de peuplements de zones, il s’était retrouvé dans un village croate, et ça avait été très difficile. Il m’explique que quand ils étaient allés à Dubrovnik avec des amis, ils s’étaient bien gardés de parler Serbe pour ne pas se faire remarquer. Et l’Union Européenne ? Vous aimeriez en faire partie ? Djorje me répond qu’il aime bien l’idée de pouvoir circuler librement et aussi travailler partout. Mais pour lui le système a été créé par les puissants pays fondateurs pour contrôler le marché où ils font leur plus gros chiffre d’affaire, et ne profite pas aux pays se reposant plus sur le secteur des services.

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We come to the Bohemian block. There are dozens and dozens of small terrace restaurants, and a crazy atmosphere in the air. We stumble upon one of his colleagues, another cyclist, very cheerful, who seemed about to spend one heck of a night. I really need to come back to party here!

On tourne dans le quartier Bohème. Pleins de petits restaurants en terrasse s’amassent, il y a une ambiance de dingue. On croise une de ses collègues, une autre cycliste, très en forme, et qui s’apprêtait semble-t-il à passer une soirée bien agitée. Il faut absolument que je revienne ici faire la fête!

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Day 19 – 14/06/2015 – 151 kms – Belgrade à Dobra

It was difficult going out of Belgrade, it’s not that Serbians drive badly but rather very very fast. But, as soon as you get out of the city by the east, the area is splendid, very wild and hilly. Finally, I catch a glimpse of the Danube! But to get there, it’s non-stopping uphills and downhills!

Une sortie de Belgrade assez cauchemardesque, car les Serbes conduisent pas forcément mal mais très vite. Mais dès qu’on sort de la ville à l’est, on se retrouve dans une magnifique région sauvage et très vallonnée. Enfin, j’aperçois le Danube au loin ! Pour y arriver, ce sont des montagnes Russes incessantes.

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I am resting after a tenacious slope in a brand new restaurant, a lot of people stop to ask me questions. But the most enthusiastic are Milan and Jovan, alerted as they were working in the fields by their cyclist friends that had passed here a few minutes earlier. These two experimented travellers love adventure. They are happy that I am cycling on the Serbian side of the Danube. Usually, people rather chose the opposite side, the Romanian one, because the road is supposed to be much nicer there. I was actually starting to think, after what I’d read off the internet, that I was better off that way too. But Jovan tells me the road has just been redone, it’s new. He is actually currently trying to build a free shelter for cyclists coming near Smederevo, to promote the area because, he knows it, there is so much potential here (and I couldn’t agree more). When I tell him I have been really well treated since I’ve arrived in his country, he cries “At least one positive thing in Serbia”. He talks about Docteur Archibald Reiss, a great man for Serbia during the war, who fought for this country that wasn’t his (he is Swiss), but who wasn’t listened to by the Serbians authorities when he wrote a book, a few years back, pleading the Serbian government to change its state of mind. “Nothing has changed since”. Before even realizing it, they had paid for my drinks. If this goes on, I’m going to get used to it!

Alors que je me remets d’une montée particulièrement coriace dans un resto-bar tout neuf, beaucoup de gens s’arrêtent et m’interrogent. Mais les plus sont enthousiastes sont Milan et Jovan, prévenu par leurs copains cyclistes passés par là quelques minutes plus tôt alors qu’ils labouraient les champs. Ces deux grands voyageurs aiment l’aventure. Ils sont contents que je sois passée par le côté serbe du Danube. En effet, les gens choisissent plus souvent en face, côté Roumain, pour la qualité de la voie. J’étais d’ailleurs en train de doucement me décider à faire de même, après avoir trouvé des infos sur internet ne mettant pas le côté serbe en valeur. Jovan me dit que c’est dommage car la route ce côté vient d’être refaite ! Il essaie d’ailleurs de monter une zone d’accueil gratuite pour les cyclistes autour de Smederevo pour inciter les cyclistes à venir s’y promener car il le sait, il y a du potentiel touristique non exploité ici (et je confirme !). Quand je lui dis que j’ai quand même été super bien reçu jusqu’ici, il s’exclame d’un air dépité « Au moins ça fait un truc positif sur la Serbie ». Il me raconte l’histoire du Docteur Archibald Reiss, un grand homme pour la Serbie pendant la guerre, qui l’a défendu et s’est battu pour ce pays, mais qui n’a pas été écouté par les autorités serbes quand il a écrit un livre il y a 10 ans, appelant à la réforme de la pensée politique in Serbie. « Rien n’a changé depuis ». Avant d’avoir eu le temps de dire ouf, ils m’ont offert les boissons. Si ça continue, je vais prendre l’habitude de ne plus rien payer du tout!

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I ride along the Danube on the Serbian side, and I definitely don’t regret my choice. I can see the other side from where I am, and it doesn’t look as nice, as wild. Furthermore, Jovan had not lied concerning the road, apart from one or two sections in poorer condition, the road is globally impeccable. I pass under arks and ramparts of old fortresses completely abandoned to this vast forest. They are being restored however, as indicated by the big EU panel installed for everyone to see who’s financing. Jovan had mentioned all the projects launched by the EU in Serbia. Along this road, cities, such as Donji Milanovac, are being transformed in mini-beach resorts.

Je longe donc le Danube côté serbe, et je ne regrette pas mon choix. Je vois l’autre côté, la Roumanie, et ça me fait moins rêver, c’est beaucoup moins sauvage. En plus, Jovan n’avait pas menti, à part un ou deux passages où la route présente quelques imperfections, elle est impeccable. Je passe sous les arches et remparts d’anciennes forteresses, complètement abandonnées au milieu de la forêt. Ils sont en reconstruction, comme en témoigne un gros panneau planté bien en évidence de l’Union Européenne qui doit financer le projet. Jovan m’en avait parlé de ces projets de l’union envers la Serbie. Le long de cette route, des villes comme Donji Milanovac, sont en train d’être transformées en mini-stations balnéaires.

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I have planned to sleep in that city, but, thirty kilometres earlier, I come across a nice little B & B house. It has a beautiful garden that reaches all the way to the water, and a unique view on the Danube. I am one day in advance of my schedule, having almost spent nothing since I left, and my visas shouldn’t be in Bucharest before the 19th. So I decided to stop here, its summer time isn’t it? This beautiful day ends as I am bathing in the fresh waters of the Danube, between Serbia and Croatia. Tomorrow, I’ll be on the other side!

Alors que je vise cette fameuse ville de Donji  Milanovac pour dormir, je tombe, une trentaine de kilomètres en amont, sur une maison qui fait chambre d’hôte avec un jardin charmant, les pieds dans l’eau, et avec une vue imprenable sur le Danube. J’ai un jour d’avance sur mon programme, je n’ai quasiment rien dépensé depuis mon départ et en plus mon passeport avec mes visas n’arrivera à priori pas avant le 19 à Bucarest. Allez, je m’arrête là, c’est les vacances quand même ! Je finis cette belle journée en maillot de bain, dans une eau un peu fraiche mais agréable, entre la Serbie et la Roumanie. Demain, je passerais de l’autre côté !

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