Une journée sur les routes du Sun Trip

 

Samedi 6 juillet. 

7H : le chant d’un coq me sort de mes rêves et je me rends très vite compte que ce coq là n’est pas français. Je suis dans un village perdu dans les montagne de Bulgarie, au 2ème Petit déjeunerétage d’une maisonnette spécialement mise à ma disposition par mes hôtes. Hier je suivais Anick-Marie Bouchard dans ses péripéties et la journée c’est terminée chez l’habitant grâce à la rencontre avec un jeune Bulgare parlant français. Une rencontre qui tombait à pic, car Anick-Marie était en panne et moi en manque de contact avec la population locale ! On a passé là une bien belle soirée, un vrai moment de voyage. 


8H
 : petit déjeuner avec des délicieuses crêpes faites maison, arrosées de… sirop d’érable !  En digne Québécoise Anick-Marie se déplace toujours avec une bouteille dans ses saccoches et se tient prête à l’offrir à qui le donnera un coup de main. Le moment était là encore délicieux, les Bulgares résumant le goût du sirop de la façon suivante : « on dirait du miel avec du café ». 

9H30 : départ. Anick-Marie reprend la route, avec un moteur en panne ! Je filme (communication oblige…) mais en même temps le malaise monte en moi. Je sais que je vais devoir la laisser là, livrée à son propre sort. J’ai mal pour elle car je connais trop bien cette galère de la panne en vélo solaire. Je suis tenté de l’aider, mais l’esprit de l’aventure ne plaide pas en ce sens, et puis de toute façon je suis trop mauvais mécanicien pour pouvoir réparer une panne comme ça. Par ailleurs j’ai une grosse Anick-Mariejournée aujourd’hui, il me faut rejoindre la Turquie. Je vais donc la laisser seule. Avant de partir, alors qu’elle a les nerfs à fleur de peau,  je tente une dernière question : « après 20 jours de voyage tu préfères toujours l’autostop (sa grande spécialité) ou tu es devenue une fan du vélo solaire ? ». La réponse est directe : « franchement j’ai hâte de refaire du stop une fois que je serai arrivée à Astana. Mais par contre l’avantage du voyage en vélo solaire c’est que je n’ai pas besoin d’expliquer que je ne suis pas une pute ! Quand les gens me voient, ils voient d’abord la cycliste, ensuite que je suis une femme et le vélo permet de faciliter les choses ». Qu’on se le dise…

10H30 : 60 km et 2 cols plus loin j’arrive à mon bureau… en l’occurrence la terrasse d’un café dans une petite ville près de Burgas. La connexion wifi est bonne (comme souvent), je vais pouvoir envoyer ! Comme chaque jour je n’ai que quelques heures pour mettre en ligne mon montage vidéo (travaillé dans la nuit généralement…) et mes photos,  écrire les actualités du blog, les relayer sur Facebook, traiter mes emails les plus urgents, jeter un oeil sur la carte GPS, manger un morceau, préparer ma route sur google map, etc… etc… Bref jamais une minute à perdre, tout se fait en flux continu. Ce midi je prends par ailleurs quelques nouvelles d’Adrien Dugoujon via Skype. Il est de l’autre côté de la Turquie, il a besoin de parler un peu et en prime il me donne de bonnes infos sur la route et le ferry pour la Russie. 

14H30 : je reprends la route, direction la Turquie. La journée ne fait que commencer et je ne sais pas vraiment jusqu’où je vais aller. Mais à minima je pars pour 6 à 8 heures de voiture. Malheureusement je ne roule pas en voiture électrique, car j’aurai fait moins de kilomètre par jour que la moitié des participants ! Je ne roule pas non plus en voiture hybride, aucun des principaux fabricants n’ayant voulu me donner un petit coup de pouce, en me disant ne pas vouloir communiquer sur l’image du solaire. La seule voiture suiveuse de l’aventure est donc une voiture classique. L’important c’est qu’elle tienne le coup. J’ai déjà parcouru plus de 7000 km en 20 jours ! 

15H : je reconnais la route ! Et pour cause je suis passé par là il y a 7 ans lors de mon premier grand voyage à vélo. Burgas, Varna… autant de villes qui sont entourées sur ma vieille carte. J’ai dormi ici et là, mais je peine à m’en souvenir vraiment. J’ai bien fait de prendre cette vieille carte, elle me fait voyager dans le temps. Surtout je suis content de n’avoir pas pris un GPS, ce triste engin qui vous met au pas et sur qui on tape à la moindre erreur d’itinéraire. Réfléchir, puis assumer ces propres choix c’est toujours mieux !

16H30 : je roule depuis un bon bout de temps sur une superbe route traversant une immense forêt, à l’extrême Sud-Est de la Bulgarie. La route a certainement été financé par l’Union Européenne (comme beaucoup d’autres dans le coin), je suis donc encore plus content d’en profiter, surtout que je suis absolument seul dessus ! Par contre je me rends compte que l’endroit est trés vallonné et sachant qu’Anick-Marie doit passer par là dans quelques jours (après son problème de moteur réglé), je me remets à me faire du soucis pour elle. C’est plus fort que moi. Puis je me dis que si elle me voyait elle m’engueulerait à nouveau… alors je pense à autre chose. 

17H : à 9 kilomètres de la frontière Turque, la belle route laisse place au chaos ! Phénomène classique quand un pays n’aime pas beaucoup son voisin, il laisse souvent les derniers de route en trés mauvais état. Peut être pour bien montrer que pour lui cette direction n’a pas d’intérêt. J’avais déjà vu la même chose entre la Croatie et la Serbie, ou pire encore entre le Monténégro et le Kosovo… Quoiqu’il en soit, je suis moi tout content d’arriver à ce charmant poste frontière, situé au sommet d’un petit col, dans une ambiance de montagne bien sympathique. Pour dire la vérité, c’est le 15 passage de OLYMPUS DIGITAL CAMERAdouane que je fais, en 20 jours d’aventure ! Là encore tout se passera sans aucun soucis. A peine une petite inspection de mon coffre. Côté Turque, on est plutôt du genre à soigner les routes menant aux frontières européennes et c’est dont une fabuleuse 2 fois 2 voies (déserte bien sur), qui me mène jusqu’à la plaine. 

18H : je suis donc de nouveau en Turquie et je profite de la première ville pour aller grignoter un bon Kebab ! En prime j’aperçois ici quelques images du Tour de France à la télévision. Bizarrement cet été… ça me manque pas plus que cela. L’ambiance dans cette ville est d’emblée très différente de ce que j’ai vu en Bulgarie. Le poids de la religion Musulmane est trés présent, la vie est
plus bouillante, la température monte. C’est si bon de pouvoir passer de pays en pays, librement. 


OLYMPUS DIGITAL CAMERA
18H30
: je suis sur l’autoroute d’Istanbul, une 2 fois 3 voies (encore et toujours déserte…). J’étais déjà passé par là il y a une semaine quand j’étais venu voir Adrien Dugoujon. Après avoir profité quelques minutes des radios musicales Turques, l’ennui prend le dessus. Les transferts en voiture sont toujours un peu longs quand on voyage seul… Alors me vient l’idée d’écrire un article sur le fil de cette journée. Je prends un bout de papier et écris quelques notes. 

18H45 : je manque d’écraser deux chiens qui traversent l’autoroute au ralenti ! Maudits chiens errants, on devrait en faire des lasagnes aussi ! 

19H15 : 80 km d’Istanbul, la circulation augmente d’un seul coup. Il faut maintenant être concentré à 100%. Un peu plus loin j’aperçois sur la droite la mer Marmara. Ce matin j’avais brièvement aperçu la mer Noire en Bulgarie. Pas le temps de me baigner… peut être plus tard en Turquie. 

20H : ça y est je passe Istanbul. Quelle folie cette ville ! L’autoroute n’offre que peu de visibilité mais je suis impressionné par la démesure. Dommage qu’aucun aventurier du Sun Trip ne soit par là en ce moment, ça aurait certainement fait un beau film. Au lieu de ça, le passage sur ces routes me fait me rappeler d’une nuit d’avril 2012 passée ici avec mes deux frères. Au retour d’une soirée beaucoup trop arrosée, eux à l’arrière d’un taxi  bien malchanceux, moi à l’avant (stoïque), l’un vomissant comme jamais, l’autre répétant en boucle « t’inquiète pas, on dira rien aux parents !« . Ils se reconnaîtront 😉 

20H15 : je passe en Asie ! Un moment particulier qui mérite bien un petit clin d’oeil vidéo. 

22H : je roule encore… et je me rends compte qu’il est en fait 23H heure locale. La fatigue est bien au rendez-vous. Je décide de m’arrêter dans la ville de Dzuce. Un petit point sur ma carte, mais une bourgade de 130.000 habitants quand même. Il est tard, mais il y a encore beaucoup de vie dans les rues. L’ambiance d’un autre continent ! Je mange quelques spécialités sur le trottoir et je me trouve un petit hôtel. 

Minuit : après avoir répondu à une quinzaine d’emails, et après avoir tapé ce long texte… je me couche. 

Demain ça recommence dès 8H : direction Angélique, Guillaume et Stéphane, qui ne sont plus que 100 km devant moi. Je les retrouverai sur les plateaux Turques. J’ai déjà hâte. 

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