Vue de l’ intérieur #2 : au coeur de la stratégie.

Hiver glacé à Astana

La scène se passe dans un quartier résidentiel de la nouvelle ville d’Astana, au Kazakhstan. Le mois de février se termine mais l’hiver est encore bien là. Le thermomètre affichait -25° à mon arrivée ! Jamais je n’avais connu pareil froid. Un froid qui brûle. D’un extrême à l’autre, été comme hiver, dans la steppes Kazakhs il faut toujours savoir s’adapter aux éléments. 

La nuit va tomber sur la capitale et mon taxi me pose devant le portail de la résidence de l’Ambassadeur de France au Kazakhstan. Quelques gardes armés à l’entrée de ce cette belle demeure, jouxtant une petite…mosquée. 

Le Ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, est en visite dans le pays et donne ce soir là une réception chez l’Ambassadeur. Moi aussi en visite à Astana (pour la 2ème fois de ma vie), j’ai la chance d’être convié par les services de l’ambassade, des personnes qui depuis plus d’un an déjà m’aident au quotidien dans le montage du projet The Sun Trip.

Une fois n’est pas coutume j’arrive en avance, bien avant l’entrée en scène du Ministre. L’ambiance est celle d’une de ces réceptions diplomatiques que l’on voit souvent à la télévision ou au cinéma. Calme, feutrée mais plutôt décontractée. Les cartes de visites sont de vigueur et le champagne berce gentillement une assemblée constituée des principaux acteurs économiques et culturels français au Kazakhstan. Car si ce pays est encore assez peu connu en métropole, nos grandes entreprises ne s’y sont pas trompées et elles sont déjà très nombreuses à s’y être implantées. Kazakhstan, terre d’avenir, Astana ville de tous les défis, j’en suis moi même convaincu depuis quelques années maintenant. 

Le projet The Sun Trip n’a ici pas de mal à séduire. Je suis même surpris d’apprendre au fil d’une discussion que l’arrivée de l’aventure à Astana, en août prochain, est déjà annoncée dans les brèves de certaines chaînes d’actualités internationales diffusées en Asie Centrale. L’idée fait son chemin, c’est tant mieux ! 

Très rapidement la discussion s’approfondit avec un autre français, travaillant au service d’un grand groupe énergétique, potentiel partenaire pour moi. La cinquantaine passée ce comptable a voyagé un peu partout à travers la planète, au rythme de ses missions professionnelles. Il n’en reste pas moins interloqué par le concept proposé par The Sun Trip. Son regard est précis et concentré, puis plus j’explique ma démarche plus il s’éclaire. En 10 minutes l’homme est conquis et j’aperçois dans ses yeux la même émotion si souvent rencontrée lors de mes voyages à vélo. Une émotion qui toujours m’a troublée. Car en ayant eu la chance (ou bien l’audace) de réaliser très jeune mes rêves vagabonds (à 22 et 26 ans…) combien d’autres rêves aurai-je pu réveiller, notamment en rencontrant des hommes de cette tranche d’âge. Ils sont encore présents par dizaines dans mon esprit, ces hommes qui avaient dans les yeux le souvenir (parfois amer) d’un grand voyage jamais réalisé ! 

Dans ce cadre d’affaires et de mondanités, alors que le Ministre arrive, je suis moi tout simplement heureux de retrouver ce fameux regard. En créant The Sun Trip j’avais parmi mes objectifs d’aller creuser cette question «du rêve enfoui». Depuis le début de l’idée je portais l’ambition de permettre à des gens de se lancer dans l’aventure. En leur donnant cette occasion inédite, je voulais leur tendre la main et les inciter à passer à l’acte. Ainsi de nombreux participants de cette édition initiatique, aux âges plus ou moins avancés ( de 25 à 67 ans), réaliseront leur tout premier grand voyage au travers du Sun Trip. Et dans un effet «boule de neige» j’espère bien qu’ils pourront eux même motiver des centaines, des milliers d’autres rêveurs partout sur la planète. Ca serait le plus beau message d’humanité et de partage que je pourrais espérer. 

L’heure tourne, je dois quitter à la hâte cette sympathique réception. Demain matin je dois être à Almaty, près de 2000 km plus au sud du pays, pour rencontrer des jeunes Kazakhs, passionnés de vélo et participants potentiels du Sun Trip 2013

Je quitte Astana satisfait des contacts pris et des soutiens engrangés, au premier rang desquels les porteurs du grand projet «Astana EXPO 2017». En octobre 2012 j’avais eu l’honneur d’être sollicité par le gouvernement Kazakh pour venir soutenir à Paris leur candidature à l’organisation de l’Exposition Internationale de 2017. Alors en voyage au Canada je m’étais fendu d’un aller retour express par dessus l’Atlantique, pour… 7 minutes de présentation devant les représentants du monde diplomatique, qui devaient désigner une semaine plus tard la ville organisatrice. Astana ayant décidé d’axer son projet sur le thème  des «énergies de demain», je ne pouvais légitimement pas faire défaut à cette sollicitation ! 

Une large victoire (face à Liège en Belgique) et 4 mois plus tard, les contacts engagés lors de cette soirée sur les Champs Elysées commençaient à se concrétiser. Quelle chance pour moi de pouvoir venir adosser l’organisation du Sun Trip à cette dynamique de grande ampleur, portée par le Président Kazakh en personne et par l’ensemble des forces du pays ! Et dire qu’il y a deux ans, en visant Astana comme ville d’arrivée de la première édition du Sun Trip, je n’étais même pas au courant de cette candidature… Une fois de plus, je suis chanceux et fier de l’être !

Kazakh Ministery of foreign Affairs

Reçu en février à Astana par le Directeur de la cellule économique du Ministère des affaires étrangères Kazakhstanais, puis par la directrice de la communication du comité d’organisation «Astana EXPO 2017», je suis ravi de constater que l’idée a fait son chemin dans leur tête et qu’elle a été retenue parmi les objectifs de valorisation de leur projet. Je leur propose moi très logiquement d’entrer dans le Sun Trip comme partenaire n°1 et nous fixant dès à présent une ligne d’horizon 2017. Sur le succès, espéré, de l’édition 2013, d’autres aventures sont ainsi déjà évoquées ! Mon rêve de pérennisation du concept prend forme. Mais il faudra savoir être patient. L’Etat Kazakh ne s’engage pas à légère et toutes les décisions doivent passer au crible d’une procédure longue et méticuleuse. Le calme et la patience font parties de mes armes favorites, cela ne me fait donc pas peur. Depuis longtemps j’ai la certitude que je peux réussir à faire ma place au Kazakhstan, je ne suis alors plus très loin du but. 

De retour en France, dans les premiers jours du mois de mars, je me fixe l’objectif d’aller maintenant à la quête d’un soutien officiel de l’Etat Français. Riche de mes démarches à Astana j’ai des billes à faire valoir. Reste à trouver la bonne porte d’entrée dans un gouvernement déjà très enclin à travailler avec la puissance économique Kazakh.

Mon message est simple : «voilà, je suis Florian Bailly, j’ai réalisé un grand voyage France-Japon en 2010 en vélo solaire, j’ai créé un nouveau concept de rallye en vélos solaires de la France au Kazakhstan pour l’été 2013, les Kazakhs sont séduits, des grands groupes comme EDF me suivent, est-ce que ça vous dit de m’aider  de prendre part à ce projet original ?». Le premier à répondre favorablement sera Nicolas Hulot, le tout nouveau conseiller du Président Hollande pour la protection de la planète. Sa mission semblait suffisamment large dans son intitulé pour que j’arrive à convaincre mon ami Michel Barnier, Commissaire Européen et Savoyard de toujours, à me mettre en relation avec une de mes idoles de jeunesse.

Rencontre avec Nicolas Hulot

Rencontrer Nicolas Hulot pour lui parler de ce projet qui me tient à cœur le Sun trip revêtait alors un caractère presque mystique. Accompagné par le conseiller d’EDF au Kazakhstan, je me présentais à son bureau de l’Elysée, le 6 mars 2013. Tout de suite son accueil conforte l’image humaniste et douce que je me faisais du personnage. Avec une grande simplicité et avec un sens de l’écoute assez exceptionnel, il nous accordera une bonne trentaine de minutes, s’intéressant autant au potentiel offert par le développement des vélos solaires que par le dynamisme écologique affiché par l’Etat Kazakh. J’en profite pour immortaliser le moment avec une photo et je repars du rendez-vous assez confiant sur le débouché. 

 Malheureusement 4 jours plus tard on me dira que l’Elysée lui a indiqué que ce genre d’événement ne pouvait rentrer dans le cadre de sa mission «d’envoyé spécial pour la protection de la planète». Pas de bol, mais je connais assez les mystères de la politique pour ne pas m’étonner plus que cela. 

Quoiqu’il en soit je continue mon effort, en présentant mon dossier dans les ministères de l’Ecologie et du Commerce Extérieur, tous les deux mobilisés sur des opérations de collaborations stratégiques avec le Kazakhstan. Dans un mélange de modestie et détermination j’essaie de présenter The Sun Trip comme un événement pouvant valoriser les intérêts français, notamment au regard des enjeux économiques majeurs qui pointent au Kazakhstan. Je ne peux m’empêcher d’être optimiste sur l’issue de la démarche. Nous verrons. 

Au moment où j’écris ces quelques lignes, à la mi-avril 2013, je suis sur le retour d’un nouveau voyage à Astana. En un mois la rigueur de l’hiver a laissé place aux premières chaleurs du printemps. De -20° à +25°, j’ai tout simplement eu l’impression de ne pas visiter le même pays ! 

Astana en mode printemps

L’objectif de ce 3ème déplacement était simple : formaliser mon accord de partenariat majeur avec «Astana EXPO 2017». Un objectif en passe d’être atteint, The Sun Trip étant bien retenu parmi leurs opérations de communication internationales, dès cet édition 2013 et, espérons le, jusqu’à l’organisation de l’Exposition Internationale de 2017. Cette grande échéance sera donc notre horizon premier. 

 Le Sun Trip devrait donc rouler aux couleurs d’un événement planétaire qui aura pour vocation de rassembler ce qui se fait de mieux en terme d’énergies nouvelles, ceci dans un pays, le Kazakhstan, qui a décidé de se fixer l’objectif de fonctionner pour moitié grâce aux énergies renouvelables d’ici 2050 !  

L’histoire du Sun Trip est en marche. 

Florian Bailly  – Créateur de The Sun Trip. 


 

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