L’histoire

Au commencement : une épopée solaire de la France au Japon [2010]

La genèse de l’aventure Sun Trip, c’est d’abord l’idée de son fondateur Florian Bailly : réaliser la première traversée de l’Europe et de l’Asie sur un vélo à assistance électrique équipé d’une remorque munie de panneaux solaires.

Réalisé entre juin et octobre 2010 de la France au Japon, le projet « Sur la route du soleil levant » prend le départ à l’Institut National de l’Énergie Solaire (INES) au Bourget-du-Lac en Savoie. Parcourant plus de 10,000 km, il franchit une dizaine de pays et fait escale à l’Exposition Universelle de Shanghai pour arriver enfin à Tokyo.

Ce défi réalisé en solitaire fut l’occasion pour lui de fomenter une idée encore plus audacieuse. À l’instar des grandes courses de voile sillonnant les océans, il imagine une grande aventure à vélo solaire rassemblant plusieurs dizaines de pionniers sur une grande variété de ces engins innovants.

« C’est dans la solitude des déserts d’Asie centrale que j’ai eu l’idée d’une aventure plus collective. »

– Florian Bailly

Le film tiré de son aventure est largement diffusé dans le circuit français des festivals, ce qui lui permet de rallier une masse critique d’enthousiastes du vélo électrique et de la technologie solaire. C’est au sein de ce groupe que seront recrutés les pionniers de l’aventure Sun Trip, lancée moins de deux ans après son retour en France.


La Route des Steppes – Passer du rêve à la réalité [2013]

Le pari est réussi. En juin 2013, vingt-huit vélos solaires s’élancent sur les routes qui mènent de la France au Kazakhstan, sur plus de 8,000 km. Parmi eux, des hommes et des femmes aux profils et âges très variés, mais aussi des personnes en situation de handicap. Trois grands types de profils se distinguent au sein de ce rallye cycliste :

  • les sportifs d’endurance, se logeant rapidement en tête de peloton;
  • les bidouilleurs, géo-trouve-tout et autres technophiles, avec des engins créatifs et audacieux;
  • les baroudeurs aux fortes personnalités qui relatent avec émotion le côté plus humain du voyage.

Si leurs chemins se croisent parfois, chaque équipage trace pourtant sa route en totale liberté, sans aucun véhicule d’assistance. Seul point de contrainte, un passage par Sotchi en Russie, alors future ville Olympique.

Des trente-et-un aventuriers lancés au début de l’été, vingt atteindront Astana, capitale du Kazakhstan, et seulement onze d’entre eux auront relevé le défi de ne recharger les batteries de leur vélo en n’utilisant que l’énergie du soleil, se classant au « Challenge Solaire », le volet « course » du rallye. Le Belge Raf Van Hulle arrive le premier, avalant la distance en seulement 38 jours, roulant tous les jours du lever au coucher du soleil, frôlant les 200 km/jour en moyenne. L’organisateur récompense aussi la communication pendant le rallye. L’équipe composée de Stéphane Scotto di Cesare et de Stéphane Briel remporte le prix du public tandis que la Québécoise Anick-Marie Bouchard remporte le prix du jury.

Dans la joie et la souffrance, du rire aux larmes, les pionniers du Sun Trip ont donné dès la première édition un visage humain à la mobilité solaire, construisant le mythe d’un événement qui ne demande alors qu’à grandir…


La boucle entre l’Italie et la Turquie – d’une Expo Universelle à une autre [2015]

D’abord calqué sur le modèle du premier avec une destination kazakhe, la préparation du second Sun Trip de grande envergure est marquée par la guerre du Donbass opposant l’Ukraine et la Russie. Les contraintes géopolitiques forcent l’équipe d’organisation à inventer un nouvel itinéraire, reliant l’Expo Universelle de Milan, en Italie, au site de l’Expo Horticole d’Antalya 2016.

Précédée d’un prologue officiel rassemblant une douzaine de participants et reliant Chambéry à Milan, la boucle  d’environ 7,500 km s’élance vers le sud de l’Italie où un ferry permet de rejoindre la Grèce ou l’Albanie, un territoire qui fut l’une des belles surprises de cette édition. Puis, les participants doivent se rendre à Antalya et observer une pause de vingt-quatre heures en compagnie de notre organisation partenaire. Dernier passage obligé : la spectaculaire région de la Cappadoce et le tour du mont d’Argée (Erciyes), volcan endormi près de Kayseri. Conservant les grands principes de non-assistance et de liberté d’itinéraire qui a fait son succès, le parcours peut être réalisé dans une sens comme dans l’autre, mais seule une équipe choisit de l’amorcer par la route du nord : les Deli Dolu.

Les progrès techniques réalisés en deux ans sont incroyables comme en témoignent les performances spectaculaires de Bernard Cauquil, cavalier le plus rapide. arrivant à Milan en 25 jours seulement, devançant par deux jours Raf Van Hulle, ancien champion revenu défendre son titre. L’originalité de sa machine :  un vélo couché à deux roues sous un long toit solaire et un moteur roue installé en position pédalier (mid-drive).

Avec des moyennes journalières à près de 300 km pour les plus rapides et seize participants finissant l’aventure en 100 % solaire, on constate que le niveau de l’aventure est désormais relevé.

D’un point de vue plus humain et communicationnel, l’équipe Cazaspe remporte le prix du jury. Sous les couleurs de l’Institut Curie car porteuse d’un cancer du sein métastasé, Béatrice aura accompli son périple en se pliant aux exigences de son traitement, son compagnon Yannick se chargeant d’une bonne partie de la conception de leurs vélos. Pour ce qui est du prix du public, les chemins de traverse empruntés par l’équipe multi-générationnelle GO4Ecomoblity composée d’Henri Jonckheere, son fils Antoine et leur ami Laurent Dalou leur ont permis de pondre de nombreuses photos de style HDR très prisées de leurs fans.


Mise en place des Sun Trip Tour à l’échelle régionale [2017/ 2019]

Suite au second Sun Trip, il devient clair qu’une aventure plus courte et plus accessible, à l’image du prologue 2015 entre Chambéry et Milan, répondrait à plusieurs besoins au sein des « Suntrippers » et de leurs fans, notamment ceux de poursuivre l’aventure et de se retrouver un moment ensemble sur la route pour apprendre et partager ses trouvailles techniques.

Le concept du Sun Trip Tour permet de toucher un public plus large composé notamment d’anciens Suntrippers déjà équipés ou de leurs proches, d’aspirants participants venus tester leurs prototypes et d’autres cyclistes héliophiles gravitant autour de la communauté. Il n’y a pas de sélection à l’entrée et le règlement technique est allégé par rapport aux événements internationaux. Il n’y a pas de notion de vitesse ou de course, mais les trajets audacieux et les détours pittoresques sont encouragés pour ceux dont les machines le permettent.

Plus collectif, ce nouveau concept n’est toutefois pas un voyage 100 % organisé. Les équipages de la  « caravane solaire » conservent leur liberté de parcours entre une succession de villes-étapes éloignées de 100 à 250 km où les participants se rassemblent autour d’un repas, d’activités et d’animations en lien avec les populations locales. La moyenne journalière à conserver est d’environ 110 km pour le trajet optimal, sans compter les dénivelés. Enfin, grâce à la collaboration d’un prestataire, une offre de location de remorques clés en main La Sun Travel permet aussi de tester l’apport du solaire sans investir à l’aveugle dans de l’équipement.

C’est dans les montagnes du Massif central que le départ du Sun Trip Tour 2017 Auvergne-Rhône-Alpes sera donné. De portée régionale, le parcours n’en est pas moins audacieux, puisqu’il rassemble 45 participants sur un trajet de 1000 km de Clermont-Ferrand à Lyon franchissant une dizaine de cols alpins tout en faisant un crochet par la Suisse et par l’Italie.

Après une montée sur le plateau de Gergovie, les participants ont eu la possibilité de jouer la facilité par la plaine d’Issoire-Brioude ou au contraire de durcir le parcours en allant visiter les Volcans d’Auvergne ou les Mont Forez. Après une escale au Puy en Velay, le parcours redescendait jusqu’à la Vallée du Rhône pour ensuite accéder aux superbes plateaux du Vercors, notamment vie le col de Rousset ou les spectaculaires gorges de la Bourne. Une étape de trois jours a ensuite permis aux plus audacieux de gravir certains des plus hauts cols de France, tels que la Croix de Fer, le Galibier, le Mont Cenis et surtout le col de l’Iseran, perché à 2770 m d’altitude ! À Val d’Isère, le peloton a fait une halte d’un jour dans le cadre du Salon du véhicule électrique et hybride de Val d’Isère. Repos nécessaire avant le franchissement successive du Petit et du Grand Saint Bernard, où le groupe s’est offert une nuit en refuge de montagne.

< Galerie Photo STT2017 >

Ce fut une brève incursion en Italie, mais aussi en Suisse car un bivouac était prévu à Lausanne, au bord du lac Léman. Une dernière grande étape laissait la possibilité de traverser le Jura ou de suivre le Rhône avant de traverser les Dombes jusqu’aux bords de Saône, dernier lieu de regroupement avant l’arrivée triomphale à Lyon en parade via le tunnel vélo de la Croix-Rousse.

L’événement de 2017 ayant été un succès, l’expérience est renouvelée dès 2019, encore une fois dans la région Auvergne-Rhône-Alpes mais suivant un itinéraire renouvelé, au départ du Puy-en-Velay et à destination de Valence.

Cette deuxième édition fut un grand succès sous un soleil rayonnant, avec un nombre record de participants au départ (plus de 50), deux vélomobiles solaires, une dizaine de collectivités engagées et près d’une dizaine de partenaires. Pendant deux semaines, les participants, âgés de 4 à 72 ans, ont parcouru les montagnes d’Auvergne puis des Alpes, jusqu’à 2,770 mètres d’altitude, faisant partout la promotion des mobilités douces et de l’énergie solaire.

Les trois premiers jours de l’aventure ont célébré la beauté des montagnes du centre de la France, avec dès le 2ème jour l’escalade du Pas-de-Peyrol, plus haut col du massif. Parmi les temps forts de la traversée auvergnate, un bivouac de rêve autour du lac des Cascades (Cheylade), puis un passage par le Parc Vulcania imaginé en partenariat avec la Communauté de communes Riom Limagne et Volcans. La traversée de la plaine de l’Ain mène le peloton jusqu’à Divonne-les-Bains, avec une étape longue de 400 km. L’étape chamionarde marquait ensuite le début des grandes hostilités, avec une traversée des plus belles routes de Savoie Mont Blanc, par le col des Saisies, le Cormet de Roselend et son grand barrage ou encore le col de l’Iseran, pour finir sur les plateaux de Haute-Maurienne-Vanoise. L’étape à Val Cenis fut un moment fort de l’édition, avec des animations et une conférence-film réunissant près de 200 personnes tandis qu’aucun participant ne roulait en ce seul jour de pluie. Les aventuriers ont ensuite pu monter le col du Mont Cenis de façon groupée et festive.  Les routes italiennes autour de l’étape de Pinerolo ont réservé de grandes émotions aux participants, notamment sur les terribles cols delle Finestre et d’Agnel avant la traversée des Hautes-Alpes, d’abord, puis de la Drôme.

< Galerie Photo STT2019 >

Fait inédit dans l’histoire du Sun Trip, le partenaire majeur EDF avait engagé plusieurs équipes dans l’aventure, des équipes composées de collaborateurs de différentes branches et filiales, notamment EDF Renouvelables, du CIH, d’Hydro Alpes et de Photowatt. Au total 15 collaborateurs ont participé à la fête, certains s’amusant à faire des détours pour aller à la rencontre des installations hydrauliques !


La plus grande aventure terrestre du monde sur les Nouvelles Routes de la Soie [2018]

Trois ans après la boucle Italie-Turquie, une troisième édition du grand rallye-raid Sun Trip s’est déroulée à l’été 2018 entre Lyon, France et Guangzhou (Canton) en Chine. Sur près de 12 000 km et à travers 10 pays, les 36 aventuriers de la plus grande aventure terrestre du monde ont arpenté les Nouvelles Routes de la Soie à l’occasion du 30e anniversaire de la coopération entre Lyon et Guangzhou.

Après un départ officiel haut en couleur sur la place des Terreaux avec des musiques, nourritures et performances chinoises, le peloton s’est élancé sur un prologue de trois jours à travers la Savoie, traversant notamment le parc naturel du massif des Bauges. Le départ réel fut donné à Chamonix, sous un soleil tonitruant, le regard bienveillant du Mont Blanc et celui admiratif du parrain de l’événement, le navigateur Roland Jourdain.

Contraint par la topographie alpine, le peloton se scinde immédiatement en deux : la route du nord à travers le plateau Suisse en direction de la Bavière et la route du sud via la Lombardie vers la Slovénie et la Hongrie.

Le passage en Europe de l’Est marque de nouveau un choix d’itinéraire majeur : la route au nord via l’Ukraine, la Russie et le Kazakhstan est prisée des participants jouant le challenge solaire car elle est plus directe et comporte moins de dénivelé. Sept participants vont cependant prendre la direction du grand Sud, se dirigeant vers la Turquie et la mer Caspienne.

Tous écopent d’une météo capricieuse à cette étape de l’aventure, sauf l’aventurier en tête, Raf Van Hulle, parcourant alors 270 km/jour et entrant en Chine après seulement 25 jours. Romain Neauport reste bloqué quelques jours à la frontière russo-kazakhe pour cause de visa expiré, tandis que Eric Morel (Team MND – Douze Cycles) établit un nouveau record de distance en un seul jour : 427 km, avec un vent favorable et un ciel bleu immaculé. Rappelons que sur le Sun Trip, il est interdit de rouler la nuit.

À Almaty, un certain nombre de participants choisissent d’arrêter l’aventure, résignés, suite à un retard ou un bris ayant trop fatigué leur équipement. D’autres font le choix d’amorcer un retour ( en 100 % solaire pour Patrice Plozner) sur les routes turques. Deux autres équipes ont traversé la mer Caspienne sur des bateaux différents aux horaires apparemment aléatoires. Quelques jours plus tard, le vélo de l’un d’entre eux, Alain Viguier, prenait feu à l’extrémité sud du Kazakhstan, le contraignant à l’abandon. Quelques participants se retrouvent en Ouzbékistan, une destination éprouvante pour les machines et les cyclistes, mais ô combien chaleureuse. Enfin, fait inédit, l’équipe de Justin et Anne-So se détache du Sun Trip pour terminer en Iran sur leur tandem vélo-rameur entièrement conçu sur mesure pour l’événement. Il ne faudrait pas qu’ils arrivent en retard à leur propre mariage !

La traversée de la Chine débute par la Province du Xinjiang, où le seul itinéraire possible est une voie rapide ponctuée de nombreux contrôles policiers. Stéphane Bertrand effectue la seule tentative de déroger à cet itinéraire, laquelle se solde par un échec, avec un retour en arrière et une perte de temps considérable.  Puis, ce sont les déserts du Taklamakan et du Gobi et leurs vents violents que doivent traverser les valeureux cyclistes. Les hauts plateaux du centre du pays précèdent quelques uns des paysages les plus emblématiques de la Chine pour finir dans le climat subtropical humide chaud du Guangdong.

< Galerie Photo ST2018 >

En un tout petit moins de 45 jours, Raf van Hulle – Team Hyundai Elevator et UniKuu est le premier a rejoindre Guangzhou (Canton), avec quelques 12 000 km au compteur. Il sera suivi par Mickaël Joguet (50 jours) et Eric Morel – Team MND – Douze Cycles (52 jours).

Les arrivées se succèdent pendant tout le mois d’août. Le 1er septembre a lieu la cérémonie officielle d’accueil du Sun Trip, soulignant les 30 ans de la coopération entre Lyon et Guangzhou, en présence de notables et des représentants de nos partenaires majeurs, Lingnan et WAE group.


The Sun Trip 2021

Après l’immense crise mondiale de 2020, le Sun Trip retrouvera son itinéraire Lyon-Canton (Guangzhou) en 2021, avec l’objectif affiché de pérenniser ce parcours avec les deux villes partenaires, proposant  une traversée intégrale de l’Eurasie, sur les nouvelles routes de la soie.

Cette édition, après la crise du Covid19, sera plus que jamais l’occasion de reconnecter les peuples du monde.

 

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